Ce samedi 11 avril, le XV de France féminin a ouvert son Tournoi des 6 Nations 2026 au Stade des Alpes de Grenoble face à l'Italie. Score final : 40 à 7. Sur le papier, ça ressemble à une démonstration. Dans les faits, ça a été bien plus compliqué que ça. Avec six novices alignées d'entrée par le sélectionneur François Ratier, les Bleues ont souffert pendant toute une première période avant de lâcher les chevaux après la pause.
Au chapitre des bonnes nouvelles : six essais inscrits au total dont le premier de sa carrière pour Yllana Brosseau. Un bonus offensif glané sans trop tembler et un titre honorifique pour Assia Khalfaoui. Mais un gros point noir : la blessure inquiétante de Joanna Grisez, évacuée sur civière en seconde période.
Beaucoup d'envie, mais un manque de maitrise
Stopper l'analyse au score serait une erreur. Les chiffres de ce match révèlent un tableau beaucoup plus nuancé. En attaque, la France écrase tout : 1043 mètres parcourus contre 542 pour l'Italie, 614 mètres gagnés contre 227, 13 franchissements contre 1 et 29 défenseurs battus contre 15. La domination avec ballon est réelle et massive.
Mais là où ça grince un peu, c'est au niveau de la discipline et de l'efficacité dans les zones de finition. Les Bleues ont concédé 10 pénalités contre 8, et affiché 14 turnovers concédés pour seulement 11 côté italien. Avec 8 erreurs de manipulation contre 9, le niveau de précision reste perfectible. Rien de rédibitoire quand on sait que c'était le premier match international du groupe cette année. Mais c'est le genre de "détails" qu'il faut corriger rapidement pour jouer le titre.
Mettre encore plus de vitesse
Les Bleues ont dominé dans le jeu courant mais ont un peu souffert dans le combat. Concernant les rucks, la France a produit plus de volume avec 116 rucks gagnés pour 93 côté italien, mais seulement 59% de rucks remportés en moins de 3 secondes. Trop souvent, le ballon est sorti lentement, ce qui complique les lignes de passes et retarde les attaques. Face à des adversaires qui imposent leur combat physique au sol, ces lenteurs dans le 'recyclage' pourraient coûter cher.
Prochain rendez-vous au Pays de Galles
Le 18 avril à Cardiff, ce sera un tout autre contexte. Le Pays de Galles, ce n'est pas l'Angleterre. Mais c'est un premier match à l'extérieur qu'il faut bien négocier. Les Bleues vont devoir resserrer plusieurs vis : la précision aux abords des lignes d'en-but, la vitesse de sorties de rucks pour éviter de jouer dans du coton, et la discipline, car 10 pénalités concédées face à une équipe de niveau supérieur peut coûter le match.
La blessure de Grisez est un coup dur pour l'équipe de France. On connait son importance dans la ligne d'attaque avec sa vélocité, sa vitesse et son expérience. Au vu des images, il ne devrait pas rejouer dans ce Tournoi. Ce premier match a dit une chose simple : les fondations sont là, mais le bâtiment n'est pas encore habitable. Les Bleues ont une semaine pour faire monter les murs.
Pas si mal pour une nouvelle mouture face à une équipe qui s'est surtout efforcée de défendre et y a plutôt réussie jusqu'à la fin de la première mi-temps. Arbez a clairement passé un cap, et ça reste à confirmer mais clairement on a un pack convaincant et des charnières fonctionnelles. Sur les ailes et au centre c'était un peu moins liée. Mais comme le dit O'Livey, ce premier match marque enfin une rupture et une évolution bienvenue après quoi, 4 ans de stagnation voire de régression...
Un peu laborieux au début, et un un criant besoin de réglages. Mais c'est tout à fait normal à ce stade, et même plutôt très encourageant. Les (nombreuses) erreurs sont dues à un manque d'automatismes et des erreurs de timing autour du plan de jeu, mais pas une absence de ce dernier. Elles ont montré plus de structure aujourd'hui que sur les 3 ou 4 dernières années, minimum, où le jeu se résumait donner le ballon à Vernier, Fall, Bourdon et co et espérer qu'elles allaient faire quelque chose.
Sur le plan individuel, impressioné par l'activité de Lazarko, sacrée première. Content également de voir Mwayembe et Khalfaoui s'affirmer, elles m'avaient jamais vraiment convaincu, mais aujourd'hui elles ont l'air d'avoir passé un palier après avoir longtemps stagné, un peu comme Brosseau, Feleu ou Boulard l'année dernière. Un prompt rétablissement à Grisez, mais en 13 j'ai trouvé ça peu convaincant, trop coffre à ballon. Rousset m'a pas exactement convaincu non plus, va falloir trouver une 13. Et les ailes, pas enthousiasmé. Grando nous sort une disasterclass sur comment gérer un 3 contre 1 avec de l'espace des deux côtés. Je pense que les Arbey, Llorrens et Boulard sont au dessus.
Hâte de voir cette équipe continuer à progresser.
oui, ce 3 contre 1 était ...
affreux...
Oui, autant le reste du match il y a beaucoup d'erreurs que je peux laisser passer et mettre sur le compte du manque de repère, autant cette action c'est un coup à se retrouver au frigo et ne plus en sortir avant un an. C'est pas une erreur, c'est une réelle faute. Un ailier qui fait pas la passe qui s'impose pour aller marquer l'essai ça arrive souvent et c'est toujours aussi frustrant, mais réussir à se faire pénaliser en fonçant sur le soutien qui coure une ligne de soutien tout à fait bonne, lui faire un croche pied qui la fait tomber, se faire plaquer et gratter le ballon parce que le soutien le plus proche est tombé à cause du croc en jambe que tu viens de lui faire, c'est vraiment une performance. Quand on sait les autres ailiers qu'on a à disposition, je suis pas sûre qu'on la revoie.
A la fin de cette 1 ère journée, c'est nos Bleues qui sont en tête du classement...pas mal pour la première du nouveau staff
Ok, la première mi-temps a été serrée mais ce sont plutôt les itlaiennes qui ont passé un crash test je crois ...