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"Une finale logique" : Louis Picamoles tranche avant le choc entre Toulouse et Montpellier

Entre l’Hérault et la Haute-Garonne, King Louis a laissé une empreinte indélébile de son passage des deux côtés. Formé à Montpellier avant de rejoindre Toulouse, il connaît parfaitement les deux finalistes du Top 14.

Nathan Heuillet 26/06/2026 à 11h58
L'avis de Louis Picamoles sur la finale entre ces deux anciens clubs Toulouse et Montpellier. CC BY-SA 2.0 Thomas Faivre-Duboz (Wikimédia)
L'avis de Louis Picamoles sur la finale entre ces deux anciens clubs Toulouse et Montpellier. CC BY-SA 2.0 Thomas Faivre-Duboz (Wikimédia)

Jamais trop loin d'un terrain de rugby, Louis Picamoles, l'ancien troisième ligne centre du Stade Toulousain et de Montpellier notamment, s'est confié au Rugbynistère avant la finale du Top 14 opposant ses deux anciens clubs.

Dans l'Hérault, il mène une seconde vie en parallèle de son exploitation agricole, il est également bénévole auprès des jeunes du MHR.

Vainqueur du Top 14 avec Toulouse, il n'en reste pas moins un Ciste convaincu et soutiendra le club qui lui a permis de découvrir l'élite professionnelle au début des années 2000.

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Toulouse et Montpellier en finale une logique respectée

Alors qu'on ne s'attendait pas forcément à cette affiche au coup d'envoi de la saison, force est de reconnaître que Montpellier a su faire taire bon nombre de ses détracteurs.

Un travail de fond, mené dans la discrétion par Joan Caudullo, ancien joueur du club, qui a su remettre l'ADN du MHR au cœur du projet sportif.

Longtemps raillé pour ses recrutements parfois jugés trop exotiques, Montpellier s'est cette fois construit autour d'un savant mélange de jeunes talents, incarnés notamment par Lenni Nouchi, et de cadres expérimentés, à l'image de Billy Vunipola.

Pour avoir croisé le fer à de nombreuses reprises avec lui, "King Louis" ne tarit pas d'éloges à son sujet. Il considère même l'ancien international anglais comme un élément incontournable du collectif héraultais, au moment où sa présence en finale demeure incertaine.

En incarnant l'une des principales forces du MHR, Billy Vunipola confirme son retour au premier plan cette saison. De quoi inquiéter le Stade Toulousain ? Pas si sûr, selon l'ancienne gloire des Rouge et Noir.

Louis Picamoles est également revenu sur les critiques qui ont entouré le club champion de France en titre, notamment en cette fin de saison. Des doutes qui semblent avoir été balayés le week-end dernier, après la nette démonstration des Toulousains face au Racing 92.

Tu as porté les deux maillots, quelle est ton analyse pour cette affiche ?

"C'est une finale logique si on prend l'ensemble de la saison, Toulouse, de par sa régularité, a survolé le championnat. Le Stade Toulousain a tenu son rang et sera une fois de plus présent en finale du Top 14. Je crois que la seule finale depuis 2019 qu'ils n'ont pas faite, c'est en 2022, quand Montpellier avait été champion. Cinq finales en sept ans(période Covid comprise, NDLR), c'est énorme.

Montpellier, c'est pareil, même si peu de gens auraient misé sur eux en début de saison, 23 victoires sur leurs 26 derniers matchs toutes compétitions confondues, ça montre une énorme régularité. C'est tout sauf une surprise quand on voit la seconde partie du championnat et la maîtrise qu'ils ont eue. Pour moi, c'est une finale logique.

Après, ça va être une finale engagée avec deux styles un peu différents. Mais ce sont deux clubs qui, même si ça paraît moins le cas à Toulouse, ont dans leur culture le combat d'avants. Ces deux équipes savent très bien qu'une partie de la victoire va se jouer sur cette capacité à dominer son adversaire devant."

La mêlée montpelliéraine peut-elle faire la différence face à Toulouse ?

"Clairement, la mêlée de Montpellier est ultra-dominante. On l'a encore vu en demi-finale face au Stade Français, qui est pourtant une référence dans ce secteur en France. Montpellier les a broyés.

Je pense que ce sera un secteur qui va compter. Il y a un avantage Montpellier dans ce registre. Ce qu'ils ont montré tout au long de la saison, c'est la plus grosse mêlée du championnat, et de loin, en termes de pénalités concédées, de puissance dégagée et de régularité.

Cela dit, Toulouse sait préparer ce genre de match. C'est une équipe de caractère, qui aura à cœur d'être présente dans ce secteur-là. Mais même si ce sera compliqué pour eux, tellement Montpellier affiche une maîtrise et une puissance dans ce domaine."

Toulouse reste présenté comme le grand favori, mais une finale n’est jamais jouée d’avance…

"Ce qui me fait sourire, c'est qu'avant la demi-finale, tout le monde se posait des questions sur Toulouse. Est-ce qu'ils font encore peur ? Est-ce qu'ils sont vraiment dominateurs ? Est-ce qu'ils sont en forme ? Il y avait tout un tas d'interrogations médiatiques autour de leur valeur au vu de leur fin de saison.Et puis en une demi-finale, Toulouse est redevenu l'ogre imbattable.

Ni la position d'avant, ni la position d'aujourd'hui n'est réelle. Ça reste le Stade Toulousain.

Je pense qu'ils se servent aussi de cette remise en question populaire et médiatique pour se motiver. Mais c'est un club qui a beaucoup d'humilité, ce n'est pas la demi-finale de la semaine dernière qui va leur laisser penser qu'ils sont nettement supérieurs à Montpellier. Ils savent très bien que ce ne sera pas du tout le même match.

Montpellier a montré tout au long de la saison son caractère et sa capacité à relever les défis. Je ne vois pas du tout cette finale comme le grand Stade Toulousain face au petit Montpellier. Je vois une équipe de Montpellier qui avance fort sur ses bases, avec des certitudes, et qui répondra présent samedi.

Je ne sais pas qui sera vainqueur. On peut penser que par l'expérience et la maîtrise de ces événements, Toulouse part avec un léger avantage. Mais Montpellier a des armes, Montpellier a des arguments. Toulouse le sait très bien et se prépare en conséquence."

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"C'est un élément incontournable de cette équipe. C'est un régulateur de combat, d'avancée, d'une extrême maîtrise et d'une grande discipline. Son importance est telle que même s'il n'est pas à 100%, c'est difficile d'imaginer qu'il ne soit pas sur le terrain. Ce sera un atout hyper important et potentiellement déterminant dans cette finale.

Ce qui est beau dans son histoire à Montpellier, c'est qu'il est arrivé un peu revanchard. Tout le monde l'avait annoncé en pré-retraite. Il a montré à tout le monde le grand joueur qu'il était encore. Il a relevé le défi du Top 14, qui n'est pas un championnat facile, mais qui correspond parfaitement à son jeu et à son style.

Il se sent bien ici, il apporte son leadership et son expérience des grands événements à Montpellier. C'est quelqu'un qui a gagné énormément de trophées, il va compter énormément dans cette finale."

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"Parfois, c'est dur de repartir"

Pour avoir connu les deux statuts, vainqueur et perdant, Louis Picamoles mesure parfaitement les enjeux qui entourent une finale de Top 14. Si ce rendez-vous constitue forcément la cerise d'un gâteau minutieusement préparée pendant près de dix mois, il n'en demeure pas moins qu'une finale, qu'elle soit gagnée ou perdue, laisse des traces.

C'est aussi ce qui explique pourquoi le Stade Toulousain semble partir avec un léger avantage. Trois titres consécutifs, sans jamais baisser pavillon : cette régularité force le respect de tous les passionnés de rugby, à commencer par Louis Picamoles.

Battu en finale en 2018 avec Montpellier face à Castres, l'ancien troisième ligne considère encore cette défaite comme l'un des plus grands regrets de sa carrière, comme il l'avait confié à Canal+. Alors largement favoris, les Héraultais n'avaient pas su contenir la furia tarnaise, qui s'était finalement adjugé le Bouclier de Brennus.

Une désillusion qui a marqué un tournant : la saison suivante, Montpellier ne parvient pas à se qualifier pour la demi-finale, avant de flirter, quelques années plus tard, avec la relégation en disputant l'access-match.

Une finale perdue peut-elle laisser des traces sur un groupe ?

"Oui, ça dépend du contexte, en 2018 avec Montpellier, tout le monde nous annonçait archi-favoris face à Castres. On avait essayé de se préparer sans tomber dans le piège de se croire supérieurs, chose qu'on ne pensait pas du tout, et force est de constater que ça n’a pas été le cas. On s’était fait manger sur l’aspect combat, sur des secteurs qui allaient nous mettre à mal.

Cette défaite avait mis en lumière des carences qu'on n'avait peut-être pas vues pendant la saison. La saison suivante, il y a eu des tensions en interne, de mauvais résultats, on s'est un peu enfoncés dans une petite crise. On a mis du temps à s'en relever.

Mais c'est aussi le cas quand tu gagnes le championnat, parfois c'est dur de repartir après. En 2022, Montpellier gagne le titre, et leur saison 2023 a aussi été compliquée. Aller chercher le titre suprême pour un club comme Montpellier, il faut le digérer. Tout le monde n'a pas cette capacité, comme Toulouse, de remettre de l'appétit et de l'ambition chaque année. Défaite ou victoire, l'après-finale n'est jamais évidente à aborder".

Tu aurais une tendance à donner pour le pronostic ?

"Non, pas parce que je n'ai pas envie, mais parce que je sais trop bien qu'une finale, ça se joue parfois à pas grand-chose. Mais effectivement, mon cœur sera du côté de Montpellier sur cette finale. Mais j'espère surtout voir une belle finale et que le meilleur gagne."

Propos recueillis par Nathan Heuillet.

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