La situation, vous la connaissez : gigantesque avec le Stade Toulousain depuis son arrivée en Haute-Garonne il y a 3 ans et demi maintenant, Jack Willis est vanté par les uns et les autres comme l'un - si ce n'est le - des meilleurs flankers de la planète.
21 à 0 en 10 minutes puis le néant : Comment Toulouse a-t-il pu se saborder (à ce point) face à Clermont ?L'Irlande bientôt sur de coup ?
Et pour cause, l'Anglais de 29 ans est avant tout un poison dans le jeu au sol. Avec sa capacité unique à lire les rucks avec efficience et à y intervenir à vite et fort, l'ancien des Wasps pourrit les possessions de toutes les équipes qu'il croise. Ajoutez à cela un état d'esprit de guerrier, une capacité à répéter les efforts, un leadership naturel et ses prises de balles énergiques, et vous obtenez donc le meilleur joueur du Top 14 2024/2025.
Pourtant, "Jacky" ne compte que 14 petites sélections avec l'Angleterre. Jusqu'à preuve du contraire et malgré ses performances ahurissantes, il n'en connaîtra probablement pas d'autres de si tôt, lui qui est sous contrat jusqu'en 2029 pour l'instant et qui n'a pas l'intention de quitter la ville rose, malgré son attrait pour la scène internationale.
"On peut toujours imaginer des tas de choses, mais je trouve qu’on se fatigue à force de penser sans cesse à changer, à déménager, à aller ici et là. Parfois, il faut accepter sa situation, et aujourd’hui, je trouve que la mienne est plutôt bonne et je suis très reconnaissant de faire partie de ce club", expliquait-il pour le podcast For the Love of Rugby et ses anciens coéquipiers Ben Youngs et Dan Cole, venus le rencontrer à Toulouse. "Je ne regrette pas ma décision de rester ici. Vu la façon dont les choses se sont passées chez les Wasps, je n’ai pas choisi de quitter l’Angleterre, mais je choisis de rester (ici)."
Quid de la clause dans son contrat qui lui permettrait de rallier un club anglais pour la saison 2027/2028 et courtiser une une place pour la Coupe du Monde en Australie ? Le cas Zach Mercer a prouvé que ce n'était pas si évident. Et d'une potentielle sélection avec l'Irlande, le pays de son grand-père pour lequel il sera éligible dans 6 mois ? Willis raffute tout ce qui impliquerait un changement de vie aujourd'hui, et ne veut pas entendre parler d'un nouveau déménagement.
2015 vs 2026 : à quoi ressemblait le XV de départ du RCT lors de sa dernière demi-finale de Champions Cup ?D'autant que l'an prochain, il retrouvera son frangin Tom à 2h de chez lui, et qu'il semble avoir pris énormément de hauteur sur sa situation. "Je pense qu’il y aura toujours une partie de moi qui, avec le recul, estimera que j’aurais pu faire davantage sur la scène internationale". (...) Je ne pense pas avoir montré la meilleure version de Jack Willis sous le maillot de l’Angleterre. Je pense avoir mûri en tant que joueur et personne (depuis mon arrivée à Toulouse) et que je pourrais apporter davantage aujourd’hui, à l'équipe d'Angleterre."
Puis de couper court avec le flegme qui lui correspond : "Mais lorsque j’ai signé ce contrat à long terme, je comprenais ce que cela impliquait d’un point de vue international et il faut l’accepter, sinon, pourquoi s’engager à ce moment-là ?" Des remords peut-être, donc, mais aucun regret pour le grand blond qui assume pleinement sa situation et profite de chaque instant à Toulouse. "Un club et un environnement incroyables", dit-il.
Comme Armitage à Toulon
Pour un scénario de carrière qui rappelle donc celui de Steffon Armitage, autrefois brillant sous les couleurs du RCT mais qui fit le choix de laisser son compteur bloqué à 5 sélections pour rester sur la Rade à l'époque du grand Toulon et finalement amasser 3 titres de champion d'Europe et 1 en Top 14. Même si, de l'autre côté de la Manche, toujours plus de voix s'élèvent aujourd'hui contre une décision fédérale prise il y a désormais près de 15 ans...
Aucun commentaire pour le moment...