Le MHR n’a pas cherché l’alibi Lebel
On n'a pas fini de revoir cette action. Début de deuxième période, Jordan Uelese file vers l’en-but toulousain. Matthis Lebel revient, le gêne, puis envoie le ballon en touche. Carton jaune pour l’ailier du Stade Toulousain. Pas d’essai de pénalité. Dans une finale perdue 28-20 par Montpellier face à Toulouse, le moment a évidemment fait parler.
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Joan Caudullo n’a pourtant pas chargé l’arbitre sur ce coup-là. Interrogé par La Dépêche, le manager du MHR a été clair. Devait-il y avoir essai de pénalité : “Non, je ne pense pas. Il l’a bien arbitrée sur cette action-là.” Une réaction empreinte de calme qui tranche avec les commentaires de certains supporters qui est tout à son honneur. Surtout après une finale pareille. Chaude, frustrante, et perdue avec le sentiment d’avoir eu les munitions pour faire tomber le champion.
Pourquoi l’essai de pénalité n’est pas automatique
La règle est simple dans l’idée, moins dans l’application. World Rugby prévoit un essai de pénalité si une faute empêche un essai qui aurait probablement été marqué. L’arbitre a donc sanctionné la faute de Lebel qui joue le ballon au sol. Mais n’a pas estimé que l’essai était assez certain compte tenu de la présence d'autres défenseurs. Aucune mention du tirage de maillot du Toulousain. Caudullo, lui-même, ne conteste pas cette lecture. Ce n’est pas là que Montpellier situe son plus gros regret.
Il y a juste la fin de première mi-temps où un plaqueur reste dans notre zone et on n'est pas récompensés. Si on a ces points de plus, je pense que derrière, ce n'est pas le même match.
Toulouse, les soutiens et les zones grises
Caudullo ne dit pas que l’arbitrage a été mauvais. Il estime que Montpellier doit mieux travailler “l’interprétation de la règle”, notamment dans les zones de combat. Selon lui, Toulouse “arrive à nous sortir des soutiens” et le fait “très, très bien”. Traduction : le Stade maîtrise ces petits moments de ruck où le match ne bascule pas sur une grande envolée, mais sur un appui, un nettoyage, une seconde gagnée.
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À quatorze contre quinze, Montpellier avait une cible naturelle : le couloir de Lebel. Caudullo explique avoir demandé d’aller chercher cette zone. Sauf que le MHR a joué trois pénalités à la main, mal négociées selon lui. Un ballon perdu, une séquence gâchée, et la sensation d’avoir laissé filer un moment rare. Contre Toulouse, ce genre de cadeau coûte très cher.
Le vrai problème : les 22 mètres
Le technicien montpelliérain revient surtout sur le réalisme. Le MHR a eu la possession, l’occupation, moins de fautes que Toulouse, mais pas assez de points. “Quand on domine et qu’on ne gagne pas un match, c’est toujours compliqué. Si on maîtrise ça, on doit être champion de France ce soir.” Marquer quand on est en position de le faire. Une condition sine qua non pour remporter n'importe quel match. Mais ça compte double niveau regrets en finale quand on fait le bilan.
Je ne pense pas que Toulouse nous ait été supérieur autant que ce que pensaient les gens.
Une défaite qui restera
Montpellier n’est pas sorti de cette finale avec le sourire du bon perdant. Baptiste Erdocio l’a dit autrement : perdre “les armes à la main”, ça reste nul. Lenni Nouchi a aussi reconnu que l’orage avait plutôt aidé le MHR en cassant le rythme toulousain. Rien n’a suffi. Voilà le plus dur pour Caudullo. Son équipe n’a pas pris une leçon. Elle a regardé Toulouse dans les yeux. Mais elle n’a pas fini le boulot.
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