Raphaël Poulain : ''il faut des introvertis au début du bus et des extravertis au fond du bus''
On pourra voir Raphaël sur scène dans pas longtemps !
Il nous avait accordé une entrevue avant le début de la Coupe du monde. Entre ses rêves, ses difficultés et son projet, Raphaël Poulain est un homme comme les autres.

Il se lance dans un projet "énorme" comme il le définit. Raphaël Poulain souhaite monter sur scène pour un One Man Show où il fera part de ses doutes, peurs et envies autour d’un humour que tout le monde lui connaît désormais. Pour partager avec vous son amour de la scène, il a organisé une cagnotte sur Tipee afin de réaliser son rêve, mais surtout pour notre plus grand plaisir. Après une première entrevue intimiste sur sa vision du rugby, ses peurs et ses nouvelles ambitions, on a voulu tester Raphaël sur ce qu’il fait de mieux, les deux H : humour et honnêteté.

Raphaël Poulain : ''Arrêtons de nous branler avec les valeurs du rugby, et incarnons-les !''Raphaël Poulain : ''Arrêtons de nous branler avec les valeurs du rugby, et incarnons-les !''

Commenter des matchs, ça ne te dit plus ?

Je l’ai fait, mais je me suis rendu compte à un moment que lorsque le talonneur lançait la balle, j’étais dans mes fiches à essayer de voir son nom et en levant la tête, y’avait déjà eu essai. Je me suis rendu compte que c’était pas pour moi. Il faut être à fond, connaître chaque mec, être dans le bon tempo, etc. J’ai fait bord terrain aussi, je connais mes faiblesses. C’est pas mon taff, je ne me vois pas plus beau que je ne le suis. Il y en a qui sont très bon, Olivier Magne, Marc Lièvremont, etc. J’aime ce que je fais, j’ai une vraie liberté de ton sur Eurosport, on ne me met pas de frein et je choisis mes sujets. Je peux parler de commotion, je peux parler de dopage, des affaires à la con, dénoncer les comportements de Bernard Laporte, etc. Vu que j'ai été joueur, je sais aussi me mettre à leur place pour atténuer ce que les djeun's appelent le badbuzz. Parce que j’ai pas peur du regard qu’on peut avoir sur moi. Tant que c’est structuré et travaillé, je me laisse la possibilité de dire une connerie, un pronostic, mettre en avant un coup de coeur. C’est ce qui m’intéresse. Plus que les matchs en eux-mêmes.

Pourquoi ne pas te relancer dans un club de Fédérale ? Tu as déjà une piscine ou juste pas besoin de matériel de construction ?

Non non, j’ai rien ! J’ai été ruiné à la fin de ma carrière. Je vais pas faire chialer la ménagère mais j’ai été au RSA et loin de la richesse. J’ai absolument aucun investissement. C’est ce qui est énorme d'ailleurs. C’est que la plupart des gens pensent que c’est parce que je passe sur Eurosport, parce que j’ai une sorte de notoriété, que je suis pété d’oseille. J’apprends à gérer à 38 ans alors que je savais pas du tout gérer toutes ces années. Je roule pas du tout sur l’or. Mais les mecs comme ça, qui s’investissent dans des clubs amateurs, ça me plaît parce que ça sert l’intérêt du rugby. Et bien sûr qu’il faut bouffer derrière, mais c’est pas en baissant le froc. J’ai pas les compétences pour entraîner, il faut de la patience, il faut de l’amour, il faut de la passion. J’aimais mes potes quand j’étais sur le terrain, et je les adore encore aujourdhui. Mais le rugby demande beaucoup plus que de l'amour. Il faut avoir des vraies compétences pour accompagner des enfants à devenir des bons êtres humains. Moi je vais faire ça sur scène face à des adultes. Pour le moment, j’ai déjà besoin de me réapproprier mon histoire, de monter sur scène et on verra dans 5-10 ans. Aujourd’hui reprendre un club, c’est mort. J’aurai pas envie de motiver les mecs comme on m’a fait, faut vraiment faire le deuil du rugbyman que t’as été pour devenir un bon coach. Entrainer des enfants, des jeunes ? Il y a bien plus compétent que moi, je connais mes limites. Par contre sensibiliser, prévenir la nouvelle génération j'y vais avec les deux pieds et les deux mains. Avec humour bien sûr, mais du vrai de l'authentique. Comme les anciens l'ont fait avec moi.

Si la cagnotte n’arrive pas au bout, mais que tu as assez. Entre faire un don à une asso ou partir en vacances, tu choisis Ibiza ou le Brésil ?

(Rires) Je choisis Bordeaux (siège d’Ovale Citoyen, l'association qu'il parraine). Désolé les gars, mais non.

On se pose une question. Il faut absolument que tu nous parles de la publicité Tarzan.

Ouais, qu’est-ce qui m’est arrivé ? J’étais dans une énième séparation avec ma femme, ça a été très dur. Je me suis demandé comment la reconquérir maintenant que je me suis rendu compte que Superman c’était un gros connard ? Et bien je vais jouer Tarzan ! On m’a proposé cette pub et il s’avère qu’au moment où je la retrouve, je suis au cinéma avec elle. Et je sais plus quel film on allait voir, je me retrouve assis à côté d’elle et c’est la première soirée qu’on passait ensemble depuis deux semaines. Et je vois ma gueule passer à l’écran sur cette pub sur l’environnement. Elle était super touchée elle s’est dit "waouh l’environnement, le mec quand même !" Alors que pas du tout, moi personnellement, j’étais pas du tout touché par l’environnement à l’époque. C’était plus pour prendre un cachet pour pouvoir bouffer parce que j’étais au RSA à ce moment-là.

J’étais sensible au super héros alors qu’à ce moment-là j’étais un super connard avec ma femme. Comme j’étais plongé dans la psychologie j’étais devenu quelqu’un de très intelligent mais en apparence. J’étais creux en fait. 

Elle le sait tout ça ou ne doit pas le mettre ?

Ah oui oui ! Elle le sait, elle sait qui est ce connard de Superman. Ça fait 11 ans qu’on est ensemble, on a deux enfants et on a traversé l’enfer. Je lui ai fait subir des choses hallucinantes (et elle aussi m'a bien défoncé car le gâteau était bien partagé en termes de souffrances mutuelles). Au bout d’un moment, elle m’a fait voir les choses en face. Il faut voir sa part de responsabilité. C’est toujours la faute de l’autre, tu le sais bien. C’était la faute de Superman, la faute de Tarzan puis on a chacun vu notre part de responsabilité dans le bordel. Dégueuler sur un système, sur les autres c'est tellement facile et à la mode ! Par contre se regarder dans le miroir... C'est une autre histoire ! 

T’as pas peur de devenir life coach en entreprise en donnant des conseils morning routine à des quarantenaires en costard ?

(Rires) Je me dis aujourd’hui qu’il n’y a rien de pire que de devenir consultant sport en entreprise. Parce que c’est de la branlette philosophique. C’est pour ça que ça marche pour moi, c’est que je ne raconte pas les grands moments sportifs. Je raconte comment j’ai perdu ma couille, comment je me suis retrouvé seul, mon burn-out. Je raconte comment je m’en suis sorti grâce à des outils de coaching et pas avec la théorie, mais avec la mise en pratique de ces outils de coaching. Sinon c’est de la branlette philosophique, de la branlette de sportif qui arrive et qui raconte ses grands moments de gloire. Alors qu’il y a des choses qui ne s’expliquent pas dans le rugby, c’est que même avec la gueule du ballon, tu ne sais pas où il va aller. Arrêtons de nous branler avec ces grandes phrases et essayons de les incarner en parlant aussi du côté sombre de l’histoire, de ce qui forme un homme : son éducation, ses rêves, ses échecs, ses heures de gloires éphémères, ses remises en question. Bref, son humanité ! Ne raconter que la lumière ? Très peu pour moi ! C'est ça qui plaît aux gens, parce que ça rappelle aussi leur côté sombre qu’il faut mettre en lumière. Parler de vulnérabilités, d'amour, d'expériences, j'aime. Le côté life coach c’est non pour moi. Je l’ai fait en 2013 avec des mecs qui arrivaient en entreprise avec des outils de coaching. Puis ma femme en septembre 2013 m’a dit "bon t’es bien beau avec tes outils de coaching et ta philosophie, mais t’es devenu un gros con et c’est fini." Donc là j’ai bien compris qu’il fallait appliquer ce que je disais.

Dans le paraître j’avais le bon discours. Je faisais marrer les gens, je les faisais pleurer en entreprise. Mais j’étais un gros connard quand je rentrais chez moi, le masque tombait. J’incarnais pas du tout ce que je racontais en entreprise. J’ai été life coach, mais surtout un life connard.

C’est pas de moi, mais du cerveau de la rédaction. Et oui, il y a un cerveau. Ça fait quoi d’avoir son nom associé à une marque de chocolat en poudre ?

Ah putain c’est l’histoire de ma vie ça ! Super Poulain ! Je me souviens des commentateurs sur Canal qui disait ça. Max Guazzini disait "Poulain deviendra-t-il étalon ?" Ces jeux de mots je les ai vécu et je plains mes gamins qui vont les subir pendant 25 ans, mais après tu t’en détaches. Moi j’aime le chocolat en plus et y’a rien de meilleur. Aujourd’hui on bouffe du Banania du Nesquik, mais le Poulain c’est le meilleur ! Je te parle du vrai Poulain, celui qui a de la gueule ! Pour l’anecdote, avant de lancer la cagnotte et le projet, j’ai contacté les sponsors. Il s’avère qu’on a contacté la marque Poulain pour qu’elle s’associe à notre projet en parlant de tous les jeux de mots autour. D’ailleurs c’est peut-être pour ça qu’ils n’ont jamais répondu. Elle n'a pas accroché. Mais pour 100€ de dons, tu gagnes deux bouquins dédicacés et une boîte de chocolat Poulain. Être associé à une marque de chocolat c’est super ! J’adore.

Oui, c’est sûr que c’est mieux que moi à un terroriste. Du coup, les céréales avant le lait ?

(Rires) J’adore. C'est vrai qu'Oussama... Sinon les céréales avant le lait mais c’est bouffé rapidement. En 2 minutes, je les plie et j’ai tapé tout le bol. Pas le temps de ramollir sinon c’est dégueulasse ! C'est comme "pain au chocolat". Y'a pas de débat Ça tombe sous le sens !

Quel joueur pourrait relancer le blond patine de ton époque du Stade Français ? Tu peux répondre Sofiane Guitoune s’il te plaît ?

Non, Caminati ! Il lui reste un an pour le faire. C’est des mecs comme ça, avec de la folie, que tu avais dans chaque club il y a 15-20 ans mais que tu vois moins. Pourtant des connards, il y en a partout, dans le bon sens du terme ! Donc je te dirais Nans Ducuing, Caminati, Jonathan Danty aussi. Ça pourrait être pas mal. T’as deux-trois mecs à droite à gauche qui ont un peu ce brin de folie qui est nécessaire en équipe de France aussi. C’est nécessaire aujourd’hui de se marrer dans le rugby.

Tu penses que le rugby devient aseptisé ?

Je sais pas, j'y suis plus depuis quelques années maintenant. Après c’est une image qu’on veut bien se faire du rugby. Je pense que les agents doivent se rendre compte aussi que ça reste un jeu, que ce côté hyper sérieux, hyper carré, hyper structuré et hyper maîtrisé ne marche pas au rugby. En tout cas en France. Le côté hyper marqueté est dégeulasse ! Ça sonne faux. Aujourd’hui il faut un juste-milieu. Dès que ça sort de l’ordinaire ça choque. La responsabilité vient des joueurs également. On peut le faire, sans rentrer forcément dans l’intimité du vestiaire. Le vestiaire appartient aux joueurs. Par contre de faire les cons, ça fait partie du jeu. Regardez l'équipe de Bordeaux qui se file des bières avec leurs supporteurs en tenue ! Et quand le côté cadré devient déjà chiant dans le jeu, c’est important qu’en-dehors ça le soit moins. C’est l’indécision qui est plaisante, où tu ne sais pas ce qui va arriver comme l’a fait le Stade Toulousain l’année dernière. Le public a besoin de ça, il a besoin d'être surpris ! Regardez le Japon ! Quand tu entends des mecs, même à mon époque, en interview de fin de match dire "on a une bonne mêlée on va continuer à travailler pour la semaine prochaine." T’étonnes pas que des mecs éteignent leur écran plasma. On est en train de se faire chier, il faut le dire, c’est devenu un sport un peu chiant à regarder. Surtout que tu en bouffes tous les jours ! On va te parler de rugby le jeudi, le vendredi, le samedi, etc ! Et j’en fais partie, j’en parle le jeudi après-midi. On te balance des matchs à longueur de temps, y’a pas un moment où tu peux respirer et créer l’envie, le rire, la créativité et le manque. À Canal, pas mal de gais lurons ont été mis au placard... (Laguille, Amendonné...) Ça manque ! On voit que même si on aime pas Toulouse, et bien Toulouse c’est beau à voir jouer parce qu’il y a de l’indécision, y’a de la jeunesse et du Guitoune (rires) ! Surtout pour ses coupes de cheveux et ses crochets ! Ça a de la gueule quoi !

Tu ne penses pas qu’on serait mieux avec Caminati et Acebes aux ailes pour le XV de France ?

Ouais... C’est des mecs qui puent l’humain, ça équilibre avec le côté hyper rationnel et hyper cadré du reste de l’équipe quoi. Il te faut des mecs au fond du bus ! Il te faut des bruyants ! Il te faut des connards ! Comme tout groupe, il faut des introvertis au début du bus et des extravertis au fond du bus. Ce qui foutent les mains là où tu foutrais pas les pieds au début du bus et les petits connards qui sont pas les plus compétents mais qui foutent l’ambiance, au fond du bus. Sinon tu te fais chier. C'est un équilibre à trouver entre toutes ces personnalités ! D'où l'importance d'un bon coach qui connaît ses hommes.

Mais pourtant on ne le voit plus.

Ça existe encore, bien sûr ! J’en parlais avec la génération qui était en train de s’arrêter mais oui, ça se marre beaucoup moins qu’avant. Il faut oser se marrer, il faut oser prendre le pouvoir. Moi j’étais spectateur de ça à Paris. T’avais des mecs qui ont pris le pouvoir, qui ont viré les entraîneurs en disant "bah nous on veut être champion de France", et on l’a été. La génération 2007, tu foutais ma grand-mère en entraîneur et les mecs auraient été champions parce que quelque chose se passait dans le groupe. Dans le groupe j’étais spectateur, j’en ai gagné 3 mais je ne jouais pas les finales, j’étais blessé mais je voyais ce qui se passait. T’avais du Nani Corletao à côté de Dominici à coté de Pablo Lemoine avec du Mike James, du Pieter, du Rabadan, du Blin et tout ça, ça prenait. Et quand ça te parlait, ça te parlait dans la bouche et pas par média interposé. C’était il y a 15 ans, tu regardes tout groupe qui a gagné un titre ces 10 dernières années et c’est de l’ordre de l’inexplicable. Tu sens que ça se marre, que y’a de l’ambiance. C’est ce que le Stade Français a perdu, son histoire. On dit qu’il faut en créer une autre, mais il te faut des bases solides pour ça. Il faut respecter le passé pour avancer. Il faut respecter le passé pour avancer. L'année dernière, en virant Julien Dupuis, le doc Sergio et une petite quinzaine de types, ils ont chié sur le passé. L'arrivée de Thomas va faire du bien si, et seulement si, il peut avoir un regard sur le sportif et conseiller le manager sur comment coacher des Français et surtout au Stade Français. Thomas connaît le rugby et connaît son club... Y'a du boulot. Se reconnecter aux supporteurs, créer une histoire et redonner confiance au groupe qui en manque cruellement. Faut pas sortir de Saint-Cyr pour le voir.

Est-ce que le Stade Français n’est pas un club qui court après son passé fantastique ?

Paris a créé son identité sur du caractère. Aujourd’hui, on a mis le caractère de côté et on veut des bons soldats. C’est à l’image de la société : on ferme sa gueule parce que la gamelle est bonne. On joue au rugby, et voilà. Ceux qui se sont levés se sont fait virer. C’est catastrophique en terme d’image et de marketing, on essaye de nous vendre une histoire qui sonne creuse et fausse. De manière caricaturale, le Stade Français représente ce qui se passe dans le rugby sur les 5 dernières années. On nous vend un produit, on nous vend du gladiateur. C’est pas ça le rugby, en tout cas si c’est ça le rugby, moi mon émission je l’arrête l’année prochaine. Je fais une dernière année et après j'arrête. C’est très difficile aujourd’hui de parler de rugby, vous devez le vivre au Rugbynistère. Tu te fais défoncer sur les réseaux et moi parler de statistiques de croisée au 17e temps de jeu, je peux pas...

On a la chance de pouvoir parler de rugby amateur, les belles histoires viennent souvent d’en bas.

Oui, alors qu’elles existent en haut. Il faut aller chercher et donner la parole aux joueurs. En tout cas allez chercher les joueurs et leur proposer des contenus innovants. Moi je rêve de faire des portraits de rugbyman. Parce que montrer les failles du rugbyman et son humanité, il n'y a rien de plus beau mais aujourd’hui, il y a une perte de confiance du joueur envers le journaliste. Les mecs gèrent leur image et il faut respecter ce qu’ils sont. Ils sont humains, mais on les déshumanise à travers ce côté marketing et gladiateur qui empêchent complètement la vulnérabilité et les failles. C’est à nous de jouer en créant cette proximité avec le joueur.

Ton joueur préféré ? Tu peux répondre encore une fois Guitoune s'il te plaît ?

Mon joueur préféré actuel ? (Longue réflexion et…) Nans Ducuing. Parce que je ne vois pas que l’aspect technique et stratégique sur le terrain. C’est l’homme aussi qui m’intéresse, le mec au fond du bus. Je trouve que c’est un très bon joueur et il est arrière. Moi j’étais arrière mais ils m’ont mis à l’aile ! J’adore ce poste, alors je prendrai un arrière et Nans Ducuing. Pour ses cannes, son humour, sa calvitie (rires). Lui il ferait partie de la confrérie des frères Tuck !  Et puis ça fait longtemps qu'on n'a pas eu un grand numéro 15 en équipe de France. Je suis dans ma nostalgie de Jean-Luc (Sadourny). Quelle classe ! Ça fumait des clopes, ça mettait des crochets avec une nonchalance et ça faisait mouche à chaque fois !! Là je fais vieux con, mais merde que c'était beau à voir ! 

Sur une échelle de l’humour qui va de 1 à 10. Avec Mado la Niçoise à 0, le placement de Yoann Huget à 10 et Kev Adams qui tient l’échelle. Toi, tu te places où ?

Y’a 5 ans, je t’aurais dit en dessous de l’échelle. Plus du tout drôle, plus rien. Aujourd’hui je dois être à 8. Même si ma femme doit me voir à 2,5 ou 3. Je reviens de loin, elle m’a connu pas drôle ! Par contre à la belle époque, j’étais en haut de l’échelle. Un bon 27 sur 10. Après c’était le soleil. J’étais le bouffon de la bande. J’ai fait ma carrière sur "direct être au fond du bus". À 19 ans, j’ai été très bien accueilli par les anciens. J’étais plus titulaire en 3e mi-temps que sur les deux premières : le premier qui arrive, le premier qui part.

Quel joueur du XV de France vois-tu un jour fouler les planches ?

Médard ! Je pense que c’est un mec qui a une sensibilité, à mon avis une âme d’artiste, puis ses rouflaquettes : la classe. Je suis arrivé au Stade Français, j’avais les rouflaquettes ! Rien que pour ça je vote Médard.

Et toi, si t’avais pas fait le con, t’aurais aimé jouer quelle Coupe du monde ?

Tu sais que j’étais aux portes de l’équipe de France mais j’ai jamais trouvé les clés, déjà. Donc je dirai 2003 ou 2007 en France, ma génération. Ce qui est énorme c’est que dans un Midol que j’ai retrouvé il n'y a pas longtemps, il y avait un article sur les espoirs du siècle et j’étais cité à côté de Chabal, Michalak, etc. Moi j’étais à gauche, en noir, "Raphaël Poulain espoir du siècle". Tous les types sur la page sont tous allés en équipe de France, sauf moi. Donc j’aurais aimé jouer avec eux en 2003 parce que tous ces mecs-là étaient avec moi en 2000 en Australie. J’ai loupé le train, j’ai gardé les clés, j’ai pas trouvé la serrure. Mais au final, ce serait mentir que de dire que je voulais vraiment jouer une Coupe du monde, l’équipe de France n’était pas un rêve par moi.

Tu sais, je suis amoureux de ce sport, mais j’en suis pas passionné au point de vouloir porter le maillot du XV de France. C’était pas un rêve pour moi. Moi depuis tout petit, c’était de monter sur scène. C’était pas assumé il y a 10 ans, aujourd’hui c’est complètement assumé. Je suis en pleine Coupe du monde, la mienne, en janvier 2020.


Je suis de l'avis de Raphaël. Moi non plus, de toute façon, le XV de France ne m'a jamais attiré... Et ils le savent. Après quelques discussions informelles et des échanges sur la vie. On a repris l'interview avec Raphaël qui a duré plus d'une heure et quart. Interview, mais je devrais dire discussion, car c'est de cette manière que nos échanges se sont structurés. Mais revenons au sujet principal, qui est son rêve de monter sur scène pour se produire et partager.

Sinon, où et quand, on peut venir te voir sur scène ?

Janvier 2020 dans un théâtre parisien. Si j’atteins mon objectif d’avoir assez d’argent, mais quoi qu’il arrive je serai sur scène dans un théâtre. Mais maintenant, où, quand et comment ? Je ne sais pas. Ce sera à Paris en 2020, puis une tournée en France dans les villes rugby ensuite. On va aller à Agen, Pau, etc. On ira partout où on sera bien accueilli. Haut les coeurs et en avant. Il n’y a pas de priorité, on verra où le vent nous portera et en fonction de l’argent qu’on aura. Ça fait deux ans que je porte ce projet, et là, j’arrive au bout.  Même si ça prend deux minutes sur Tipee, je serai heureux que les gens donnent 5 ou 10 euros.

Si tu devais donner une bonne raison pour que les gens participent ?

Je pense qu’ils ne seront pas déçus du résultat. Même pour 5 ou 10€, ils ont la possibilité de réaliser un rêve de gosse qui est déjà plutôt chouette. C’est être à la fois acteur sur scène et dans la vie. Je leur promets en retour d’aller au bout de mon rêve et de raconter une histoire inspirante. Et de les remercier de visu lors de mon passage prêt de chez eux.

Tu te vois où dans 10 ans ?

Dans 10 ans ? Je me vois écrire Quand j’étais Superman 3. Je me vois avec un enfant en plus (j'en ai déjà deux). Dans 10 ans, je souhaite que ma femme ait lancé sa collection, puisqu’elle fait de la haute couture. Je souhaite qu’on réussisse nos vies pas que dans le faire, mais dans l’être aussi. Je suis pas dans la construction d’une maison ou d’une carrière, mais dans la volonté d'ouvrir le champ des possibles à mes gamins. Qu’ils puissent jouer au rugby avec toute la sensibilisation que j’essaye de mettre en place. J’aimerais qu’ils jouent au rugby et qu’ils vivent leurs aventures. C’était énorme et si c’était à refaire, je referai pareil. J’aime l’homme que je deviens mais aussi ce que deviennent les Hommes autour de moi. Mes potes, dans nos évolutions d’hommes. Le rugby ça nous a permis de nous reconstruire dans ce côté fraternel qui peut être étouffant et absolument génial. Donc rendez-vous dans 10 ans, qu’ils puissent jouer avec les petits Fillol, les petits Corleto, les petits Clozier, les Tebani, les Legoux, les Gérard, les Rabadan et les autres.

Si vous souhaitez permettre à Raphaël de monter sur scène, il suffit de participer à la cagnotte sur Tipee ! Juste ICI !

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Aaaah c'est donc pour ça les titres du CO!

mouais, l homme est attachant mais c est pas parcequ il ne se retrouve pas dans le rugby, dont il n est pas specialement fan, qu il a raison. Les acs comme caminati bien sur c est attachant mais c est plus possible d avoir des mecs qui ne viennent pas aux entrainements, qui font la bringue les veilles de match. si tu veux faire partie des grandes nations y a pas de secret il faut bosser.

@Alexde7à9

Personne n'a parlé de ne pas être pro en ne venant pas à des entrainements. Ducuing par exemple est un excellent joueur et en dehors un sacré déconneur.

Tout est question de juste milieu, comme pour les commentaires d'ailleurs.

  • vevere
    47895 points
  • il y a 6 jours

Un HOMME...un vrai!!!

  • breiz93
    44517 points
  • il y a 6 jours

Je lui souhaite de réaliser son projet.
J'ai lu son bouquin, le monde professionnel du rugby n'en sort pas grandi. Attention Poulain ne crache pas dans la soupe, il reste factuel.

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