Trente-cinq guichets fermés consécutifs. À Maurice-David, trouver une place pour voir Provence Rugby est presque devenu un sport à part entière. Une série qui fait écho à celles de Deflandre à La Rochelle - toutes proportions gardées - et qui raconte surtout la transformation du club aixois. Il y a quelques années encore, les tribunes étaient régulièrement parsemées. Désormais, ses 8 727 places ne suffisent plus à absorber une demande qui explose, chez les supporters, les curieux, comme chez les partenaires.
Et le problème ne concerne plus uniquement les grandes affiches, dans une ville étudiante, sportive par essence et doté d'un bassin démographique et économique fort généreux. "Si on fait le plein contre Aurillac, qu'est-ce que ça serait si on recevait le Stade Toulousain ?", nous soufflait-on lundi soir du côté de Maurice-David, juste avant la présentation officielle de l’effectif 2026-2027. Avec 5 600 abonnements commercialisés avant même la reprise, Provence a d'ailleurs volontairement stoppé sa campagne pour conserver des places à la vente.
12 000 places en vue
Le stade est donc devenu l’un des derniers éléments du projet à devoir changer de dimension. Sportivement, Provence reste sur trois demi-finales de Pro D2 consécutives et une finale la saison dernière. Financièrement, ses 20 millions (+/- 10%) d’euros de budget le placent désormais tout en haut de la division, alors que 14 des 16 managers de ProD2 le voient comme le grand favori lors de l'exercice à venir, d'après le traditionnel sondage du Midi Olympique.
Mais son outil de réception reste très modeste pour un club qui ne cesse de croître depuis 10 ans maintenant. Ainsi, la prochaine étape doit passer par la vieille tribune historique. Le projet porté avec les collectivités prévoit sa reconstruction pour faire passer Maurice-David au-delà des 12 000 places, avec des installations plus modernes et davantage d'espaces d'accueil.
Avant de voir plus grand si le projet se pérennisait en Top 14 d'ici l'horizon 2030 ? "Vu la demande actuelle, on signerait de suite. Aujourd'hui, on sait qu'on a déjà la capacité de remplir 25 000 places selon les affiches, en Pro D2", poursuivait un proche du club.
Le Vélodrome, un jour ?
Et puis il reste forcément un fantasme, comme le boss ultime d'un jeu vidéo à seulement 35 kilomètres de la ville d'eaux : le Vélodrome. Voir un jour Provence y délocaliser une très grosse affiche paraît encore lointain, mais la question finira assurément par se poser si la croissance se poursuit.
Pour un Provence/Toulouse ou Provence/RCT devant plus de 50 000 personnes à Marseille ? De quoi aller contester un peu plus encore l'hégémonie historique du voisin toulonnais dans la région, par ailleurs habitué depuis longtemps à transformer certaines rencontres en matchs de gala dans la cité phocéenne...
De la N2 au Top 6 de Nationale 1 ? Orléans (et son budget XXL) assume déjà ses ambitionsMais avant de voir si loin, le directeur sportif Philippe Saint-André jurait, ce lundi soir, en clôture des Oscars Midi Olympique : "Avant de penser à des quelconques phases finales ou des titres, je ne pense qu'au prochain objectif, c'est-à-dire la réception d'Agen, jeudi soir. La seule équipe qui nous a battu deux fois l'an dernier, et il ne faut pas l'oublier. Les points qui nous ont manqué pour être premier ou deuxième l'an dernier, on les a perdu en début de championnat. Il faut donc démarrer fort."
L'ouverture de la ProD2 version 2026/2027 aura donc lieu ce jeudi soir, au pied de la Sainte-Victoire. Dans un stade à guichets fermés, évidemment.
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