134 essais marqués, une première place à l'issue de la saison régulière... Sur le papier, tout va pour le mieux au Stade Toulousain. La réalité, c'est qu'à l'approche des phases finales de Top 14, le champion de France en titre n'est plus aussi dominant que par le passé. Ne semble plus aussi sûr de sa force sur de nombreux aspects du jeu.
Sans être ridicule non plus, son pack n'effraie plus comme autrefois, ses cadres semblent régulièrement en manque de jus et le jeu stadiste concède globalement un manque d'assise qu'on ne lui connaissait pas.
Rechute de l'épaule pour Capuozzo ? Le feu-follet toulousain espéré en demi-finale du Top 14Qu'on se le dise, les Rouge et Noir savent toujours jouer au rugby, à l'image de leur victoire à 51 points à Marseille le mois dernier ou leurs coups d'éclat, ici et là, ces dernières semaines. Mais les ouailles d'Ugo Mola semblaient plus que jamais avoir besoin de ce leur traditionnel stage à l'étranger du mois de juin pour remettre l'église au centre du village et régler les détails.
69% de possession, mais pour quoi faire ?
À l'image de leur dernière prestation sur la pelouse du Racing 92, où ils ne s'étaient plus inclinés depuis 2021. Et qu'on jure qu'ils n'auraient pas perdu les saisons précédentes, compte tenu de la physionomie de la rencontre. Car au rugby comme ailleurs, dominer n'est pas (toujours) gagner.
Et ça, le Stade Toulousain l'a une nouvelle fois appris à ses dépens le week-end dernier, quand il repartait de la salle de spectacle de Nanterre avec 69% de possession, près de 60% d'occupation, mais 31 pions (à 20) dans les valises.
Plus largement, les coéquipiers de Kalvin Gourgues se sont fait 247 passes (4 fois plus que le Racing !), et ont franchi à 8 reprises. Mais au moment de conclure, c'était parfois à se demander si Jean-Claude Dus ne traînait pas quelque part dans les tribunes de la Paris La Défense Arena.
"Sur ce match à Nanterre, j'ai trouvé l'énergie très intéressante. Il y a eu beaucoup d'approximations dans les 22 mètres adverses, mais sur le contenu, je pense que nous avons largement dominé la possession. Le Racing vient trois fois dans notre camp et marque trois fois. Ils ont été extrêmement réalistes, notamment sur des erreurs de notre part alors que nous avions le ballon. Eux jouaient leur qualification. Nous avons essayé de mettre de l'énergie et de produire du rugby. Par moments, ce que j'ai vu m'a plu. En revanche, nous avons clairement manqué de réalisme. » Ugo Mola en conférence de presse, comme relayé par Rugbyrama.
Les fantômes du quart face à l'UBB
À ce titre, on pointera notamment de nombreuses passes de trop, imprécisions ou duels perdus face à la défense francilienne dans les zones de marque. Même si la prérogative du volume de jeu et de tenter des choses fut respectée, samedi dernier.
Certes. Mais l'efficacité, elle, n'avait pas fait le déplacement jusque dans le 92. En espérant qu'elle le fasse le 19 juin à Marseille, soir de la première demi-finale de Top 14. Histoire d'éviter que la leçon de réalisme concédée par l'UBB en quart de finale de Champions Cup au mois d'avril ne se répète à nouveau.
Sous peine de prochainement devoir rendre le bouclier de Brennus. Ce bout de bois de 16 kg d'ordinaire vagabond qui, une fois n'est pas coutume, réside à Toulouse depuis 3 ans déjà...
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