Le Leinster revient là où tout s’est arrêté
Le décor est presque trop parfait. Huit ans après son dernier sacre européen, le Leinster retrouve Bilbao pour une nouvelle finale de Champions Cup. Cette fois face à l’UBB, tenante du titre. En 2018, les Irlandais avaient battu le Racing 92 à San Mamés, 15 à 12, pour décrocher leur quatrième étoile. Depuis ? Plus rien. Enfin si, des finales, des demies, des regrets. Et cette fameuse cinquième étoile qui ressemble de plus en plus à une obsession.
Ioane, Doris, Gibson-Park : le Leinster aligne une équipe de patrons pour tenter de briser le rêve bordelais“Le passé, c’est le passé”
À la veille du choc face à Bordeaux, Jamison Gibson-Park a tenté de remettre tout ça à sa place. “Le passé, c'est le passé”, a lâché le demi de mêlée du Leinster. Une phrase simple, mais lourde de sens pour une province qui a perdu contre les Saracens en 2019, La Rochelle en 2022 et 2023, Toulouse en 2024, puis Northampton en demi-finale en 2025. À chaque fois, ou presque, il y a eu un “et si ?”. Un scénario qui gratte encore.
Le vrai adversaire du Leinster ?
Le Leinster ne manque pas de joueurs, ni de structures, ni de vécu. Son problème, ces dernières années, a parfois semblé ailleurs. Dans cette manière de porter le poids de l’événement, de jouer avec le frein à main quand le match bascule. Gibson-Park le dit lui-même : il faut rester dans le présent, ne pas se faire aspirer par l’occasion, ni par tout ce qu’elle raconte.
Rayasi, Bielle-Biarrey, Penaud : l’UBB aligne du très lourd dans sa compo face au LeinsterBordeaux, l’équipe qui oblige à se lâcher
Face à l’UBB, impossible de gagner en regardant dans le rétroviseur. Bordeaux joue vite, fort, avec des extérieurs capables de punir la moindre hésitation. Gibson-Park parle d’“attaquer le match”, et ce n’est pas un détail. Contre Lucu, Jalibert, Penaud ou Bielle-Biarrey, le Leinster ne pourra pas seulement gérer le tempo. Il devra imposer le sien, contester chaque sortie de camp, et surtout ne pas subir émotionnellement les temps forts girondins.
Lucu, le duel dans le duel
Le demi de mêlée irlandais n’a d’ailleurs pas esquivé le sujet Maxime Lucu. Il le décrit comme un joueur “spécial”, très complet, précieux en défense, au pied et dans l’animation offensive. C’est juste. Lucu n’est pas seulement le 9 de l’UBB. Il est son métronome, son premier calme sous pression, celui qui peut transformer une finale en match maîtrisé. Pour Gibson-Park, ce duel sera autant une affaire de vitesse que de lucidité.
Une finale contre l’UBB, mais aussi contre soi-même
Si le Leinster réussit à jouer libéré, l’UBB aura face à elle une équipe beaucoup plus dangereuse qu’un simple favori contrarié par ses cicatrices. Mais si les vieux démons reviennent, Bordeaux aura une carte à jouer : faire durer le doute, rappeler aux Irlandais que les finales perdues ne disparaissent jamais totalement. Voilà pourquoi cette sortie de Gibson-Park compte. Elle dit ce que le Leinster doit régler avant même le coup d’envoi.
6,4 essais par match pour l'UBB : le Leinster peut-il tenir 80 minutes ?Bilbao avait offert au Leinster sa quatrième étoile. Samedi, la ville basque dira si cette génération a enfin réussi à tuer ses fantômes. Face à une UBB championne et sans complexe, Gibson-Park et les siens n’ont pas seulement besoin d’être bons. Ils doivent être libres.
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