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'Jacques Ouilisse' a trouvé son pays de rugby, Toulouse a trouvé son Wilkinson des rucks

Quatre Brennus, une Champions Cup et un brassard toulousain : Jack Willis s’est bâti un drôle de royaume en France.

Thibault Perrin 28/06/2026 à 14h45
Il aurait pu rentrer en Angleterre. Il a choisi Toulouse. Et aujourd’hui, Jack Willis empile les titres avec un sourire très français.
Il aurait pu rentrer en Angleterre. Il a choisi Toulouse. Et aujourd’hui, Jack Willis empile les titres avec un sourire très français.

Le plus français des Anglais

Le Stade Toulousain a encore soulevé le Brennus. Vainqueurs de Montpellier 28-20 au Stade de France, les Rouge et Noir ont signé un quatrième titre de champion de France d’affilée, après 2023, 2024 et 2025. Au milieu de cette histoire qui déborde déjà du cadre du TOP 14, Jack Willis avait le brassard. Ou devrait-on désormais l'appeler 'Jacques Ouilisse'. L’Anglais a mené Toulouse dans le combat, puis il a lâché, en français, des mots simples : « C’est un honneur de jouer pour ce club et d’être capitaine. »

VIDEO. Le Stade Toulousain, ce boss de fin de saison qu’on n’arrive jamais à passer

Cette phrase raconte presque tout. Willis n’est plus seulement le troisième ligne anglais arrivé à Toulouse après la chute des Wasps. Il est devenu un visage du Stade. Un joueur adopté par tous. Comme Jonny Wilkinson l’avait été à Mayol, dans un autre club et à une autre époque, Willis a trouvé en France bien plus qu’un contrat. Il a trouvé une maison, un rôle, et une reconnaissance qui dépasse largement Ernest-Wallon.

Jack, pour moi, est le meilleur joueur du championnat. Je ne suis pas le seul à le penser. Il est tout le temps là dans les gros matchs. Il nous sauve des ballons à des moments clés. Aujourd'hui, comme d'autres fois, il a été primordial. Il a été un capitaine extraordinaire cette année. C'est un grand leader qui tire le groupe vers le haut pendant toute la saison. (Paul Graou via le Midi Olympique)

Un capitaine qui gratte tout

Sur le terrain, son influence saute aux yeux. Ce n'est pas une surprise s'il a été élu homme du match avec 17 plaquages et quatre (précieux) ballons grattés face au MHR. Même si lui estime que Mauvaka l'aurait aussi mérité. Ce n’est pas juste une ligne de statistiques. C’est le résumé de son rugby. Il stoppe les temps forts adverses, ralentit les sorties, attaque les rucks au bon moment et remet son équipe dans l’avancée quand le match se tend.

Face à Montpellier, son rôle avait encore plus de poids. Le MHR voulait exister devant, user Toulouse, imposer sa puissance et son alignement. Willis a répondu avec son registre préféré : placement, timing, épaules basses, mains rapides. Un troisième ligne qui gratte quatre ballons dans une finale ne gagne pas le match tout seul. Mais il peut changer la physionomie d’une rencontre. Et parfois, ça suffit à faire basculer un titre.

L’Angleterre en toile de fond

Le paradoxe est là. L’un des meilleurs flankers du championnat de France reste loin du XV de la Rose. Dans le podcast For The Love Of Rugby, Willis l’avait confié sans détour : « Je ne regrette pas ma décision de rester ici. » Il reconnaît qu’une part de lui pense avoir encore plus à donner au niveau international. Mais il assume aussi le choix fait au moment de prolonger à Toulouse.

« Je n’ai pas choisi de quitter l’Angleterre, mais j’ai choisi de rester », explique-t-il. La nuance est importance. Elle raconte la violence du départ des Wasps, puis la puissance du lien créé avec le Stade. Le règlement anglais, qui limite la sélection des joueurs évoluant à l’étranger, reste ce qu’il est. Willis le sait. Il l’a accepté. Mais chaque gros match en rouge et noir remet le débat sur la table.

'Jacques Ouilisse' a trouvé son pays de rugby

Pour Toulouse, Willis est plus qu’un étranger de luxe. C’est un leader de combat, un capitaine crédible, un joueur qui donne le ton sans surjouer. De l'autre côté de la Manche, chacune de ses prestations remarquées et remarquables, c'est de la frustration qui grandit chez les fans. Son parcours montre une fois de plus que le championnat sait transformer des trajectoires. A l'image de celles de Wilkinson et Juan Smith, ressuscités à Toulon.

Champion de France en 2023, 2024, 2025 et 2026, vainqueur de la Champions Cup en 2024, meilleur joueur de la saison dernière lors de la Nuit du Rugby, Willis possède un palmarès de club rarissime pour un joueur anglais contemporain. Et le plus beau, pour Toulouse, c’est qu’il ne donne pas l’impression d’avoir fini. 'Jacques Ouilisse' a trouvé son pays de rugby. Et franchement, il parle déjà très bien la langue du Brennus.

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