L'histoire devait être celle d'un retour aux sources. Revenu à Bayonne à l'été 2024 après sept saisons passées au Racing 92, Baptiste Chouzenoux espérait terminer tranquillement sa carrière dans son club formateur. Selon Sud Ouest, elle s'achèvera finalement bien plus tôt que prévu. À 32 ans, le troisième ligne a choisi de raccrocher les crampons, malgré un contrat qui courait jusqu'en 2027.
La décision n'a rien de sportif. Elle est dictée par la santé. Après plusieurs commotions cérébrales subies au cours de sa carrière, dont une dernière lors de la lourde défaite contre Pau en avril, le Basque a estimé qu'il ne pouvait plus prendre le risque de poursuivre sa carrière professionnelle.
Une carrière stoppée par les alertes répétées
Cette saison, Chouzenoux n'a disputé que sept rencontres sous le maillot bayonnais. Déjà lors de l'exercice précédent, il avait été privé de la demi-finale du Top 14 contre Toulouse après un choc subi en barrage.
Au fil des années, les épisodes se sont accumulés. Le joueur avait lui-même reconnu ressentir une fragilité grandissante après chaque commotion, avec des symptômes de plus en plus longs à disparaître. Maux de tête, migraines, étourdissements... autant de signaux qui ont fini par peser dans sa réflexion.
Pour l'Aviron Bayonnais, le départ de l'enfant du pays représente un coup dur. Pour le rugby français, il s'agit surtout d'un nouveau rappel de la dangerosité des traumatismes crâniens lorsqu'ils se répètent.
Matthias Haddad, le dernier cas inquiétant
Quelques semaines avant l'annonce concernant Chouzenoux, un autre épisode a ravivé les inquiétudes. Lors de la défaite de La Rochelle face au Racing 92, Matthias Haddad a quitté la pelouse sur civière après un violent choc. Immobilisé de longues minutes, le troisième ligne rochelais devra consulter des spécialistes dans les prochains jours.
Plus de 1,25 fois la "limite" autorisée : mais à quoi joue-t-on avec Louis Bielle Biarrey ?L'inquiétude est d'autant plus forte que le joueur possède déjà un lourd historique de commotions. Cette saison, il avait déjà été éloigné des terrains pendant plusieurs semaines après un précédent choc contre Bayonne. Sans présager de son avenir, son cas illustre une réalité de plus en plus fréquente où les médecins, les clubs et les joueurs eux-mêmes sont désormais contraints de s'interroger sur la poursuite d'une carrière lorsque les traumatismes se multiplient.
Une vigilance renforcée dans le rugby professionnel
Face à ces risques, les protocoles médicaux se sont considérablement durcis ces dernières années. Les sorties définitives après suspicion de commotion sont devenues monnaie courante et les retours à la compétition sont désormais soumis à des examens neurologiques stricts. Malgré ces avancées, certains joueurs continuent de subir les conséquences de chocs répétés.
À Bordeaux-Bègles, le Sud-Africain Jean-Luc du Preez est ainsi éloigné des terrains depuis plusieurs mois en raison des suites d'une commotion cérébrale. Un exemple parmi d'autres qui rappelle que les symptômes peuvent parfois s'installer durablement.
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La question dépasse aujourd'hui le seul cadre sportif. Ces dernières années, plusieurs anciens internationaux ont témoigné des séquelles laissées par leur carrière. Sébastien Chabal avait notamment révélé ne plus se souvenir de nombreux moments vécus sur les terrains. Plusieurs anciens joueurs de Clermont, dont Alexandre Lapandry, Jamie Cudmore et Sébastien Vahaamahina, ont également engagé des actions en justice contre leur ancien club, estimant avoir été exposés à des risques insuffisamment pris en compte.
À l'échelle internationale, le dossier prend une ampleur encore plus importante. Une action collective menée par près de 180 anciens joueurs vise World Rugby et les instances dirigeantes du rugby mondial. Parmi eux figurent notamment l'ancien champion du monde anglais Steve Thompson ou encore l'ex-All Black Carl Hayman. Le procès, attendu en 2027, pourrait marquer un tournant majeur dans l'histoire de ce sport.
Je vais être très critique sur les avancées faites par notre sport
Enfin quand je dis critique c'est surtout par rapport au combat
Car au final dans une guerre que l'on lance on se fixe un objectif (enfin normalement parce que ces temps-ci je comprends plus très bien en élargissant la focale)
Alors quel est l'objectif de ces avancées et on mène une guerre contre quoi ?
L'objectif est-il l’intégrité de l’homme ?
Non pas de mon point de vue
Parce qu’on ne s’occupe pas actuellement de l’intégrité de sa vie post rugbystique et des maladies qu’il pourra développer
Parce que ce qui rends la situation complexe c’est que les conséquences se feront sentir à distance de la pratique sportive
Je vais être volontairement polémique
Aujourd’hui tout est fait pour éviter la sur commotion qui elle peut avoir des effets immédiats gravissimes allant jusqu’à la mort avec un lien immédiat avec la pratique professionnelle
Et donc oui on protège le joueur de rugby en ne lui permettant de revenir sur un terrain que lorsqu’il sera revenu à un niveau de risque normal par rapport aux commotions
Et s’il n’est plus capable de retrouver ce niveau, alors on lui supprime sa licence et le rugby s’en lave les mains et l’ex-rugbyman va désormais vivre dans la crainte de développer des dégénérescences cérébrales plus ou moins dramatiques
Alors au final qui protège t’on le plus au final : l’homme ou le rugby sous sa forme actuelle ?
Oui certains joueurs ont la sagesse d’arrêter avant d’être dans des zones plus que dangereuses, même si c’est loin d’être une garantie d’intégrité cérébrale pour le futur
Alors oui la class action lancée outre-manche en décembre 2023 risque de faire bouger les choses car si le lien juridique est fait entre pratiques habituelles du rugby commotions et dégénérescences à distance, alors cette part sombre de notre sport prendra toute la lumière et il faudra bien que l’intégrité de l’homme et pas seulement celle apparente du rugbyman soit au centre des préoccupations de notre sport
Plus de salaire de la peur
World Rugby n'est pas la NFL, mais quand les procès vont prendre de plus en plus de place pour ce qui concerne ces commotions, l'addition risque d'être salée...
Quant aux différentes fédérations européennes, je m'inquièterais à leur place.
C'est là où avoir accepté la mise en place du carton rouge de 20mn est une ineptie vis à vis de la santé des joueurs, j'dis ça...