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Filmées à leur insu dans leur vestiaire en décembre, les joueuses de Salon-de-Provence portent enfin plainte

À Salon-de-Provence, une affaire secoue le rugby amateur national. Les joueuses de l'équipe féminine auraient été filmées sous les douches par un membre masculin du club. Une pétition a été lancée en ligne.

Mayeul Duponcel 01/07/2026 à 11h15
Le club de Salon-de-Provence se retrouve sur le devant de la scène après une affaire interne, secouant le rugby amateur.
Le club de Salon-de-Provence se retrouve sur le devant de la scène après une affaire interne, secouant le rugby amateur.

Une affaire grave agite le rugby amateur, et pas uniquement provençal. Des joueuses du Sporting Club Salonais (Salon-de-Provence) auraient été filmées à leur insu sous les douches par un membre de l'équipe masculine du club. Les images auraient circulé parmi certains joueurs de la section masculine, via Snapchat. Une enquête judiciaire est en cours, mais la médiatisation soudaine de l'affaire ce lundi 29 juin a créé une situation explosive que les joueuses elles-mêmes n'avaient pas souhaitée.

Des faits remontant à décembre, révélés en février

C'est en décembre dernier que les faits se seraient produits. Mais au mois de février, en troisième mi-temps, certains joueurs du club en ont informé les filles.

Dans un entretien accordé avec Actu Rugby, Julie, dirigeante de l'équipe féminine, raconte : « La vidéo n'aurait pas dû être partagée publiquement sur les réseaux sociaux, mais elle aurait circulé parmi certains d'entre eux. »

La révélation a provoqué un choc au sein du groupe : « Certaines filles étaient dans une énorme colère. D'autres avaient peur. Une joueuse nous a dit qu'elle faisait des cauchemars, en pensant que son corps pouvait potentiellement tourner sur les téléphones d'hommes qu'elle ne connaît pas. »

De la tentative de règlement amiable à la plainte pénale

Dans un premier temps, le bureau du directeur du club a tenté de gérer l'affaire en interne, espérant identifier le ou les responsables sans éclat public. Mais aucun joueur ne s'est dénoncé, et la tentative de médiation a rapidement tourné court.

Les joueuses ont alors franchi le pas en portant plainte contre X au commissariat de la ville, avant de s'adresser directement au procureur de la République à Aix-en-Provence.

Ce dernier a ordonné l'ouverture d'une enquête judiciaire. Depuis, une trentaine d'auditions ont été menées et des perquisitions ont été réalisées sur les téléphones de joueurs du club, selon le secrétaire général du SCS, Éric Rolando. La Ligue Sud et le service juridique de la FFR ont également été informés des faits.

Le post Instagram de Rugbyinterview, ayant mis l'affaire en lumière
Le post Instagram de Rugbyinterview, ayant mis l'affaire en lumière

Une pétition virale qui embrase les réseaux

Après l'information lancée sur les réseaux sociaux via le compte Instagram du club, le message a été porté par le compte Rugbyinterview et Gauthier Baudin, journaliste indépendant. Une pétition a été créée sur change.org pour demander des sanctions auprès de la FFR et auprès de la Ligue Sud.

Relayée massivement sur les réseaux sociaux, cette pétition a généré une vague de réactions en chaîne que les joueuses presque inattendue. Les joueuses se disent à la fois touchées par les marques de soutien reçues, mais également déstabilisées par l'ampleur prise par l'affaire.

« On s'était mises d'accord sur le fait que rien ne devait sortir sur les réseaux tant que l'enquête était en cours. On ne sait absolument pas qui a fait cette pétition »

Julie, dirigeante de l'équipe féminine de Salon-de-Provence, auprès d'Actu Rugby

Des joueurs innocents éclaboussés : ils portent plainte

La situation est d'autant plus explosive que la photo illustrant la pétition représente les joueurs de l'équipe réserve du club, laquelle vient tout juste d'être sacrée championne de France le week-end du 27.

Or, la plainte initiale des joueuses vise un joueur de l'équipe première, et non de la réserve. « Parmi ces joueurs figurent des militaires, des banquiers, des gendarmes qui se réservent le droit de porter plainte pour diffamation et ont été obligés d'informer leur hiérarchie », souligne Éric Rolando.

Le SCS a lui-même saisi un avocat afin de déposer plainte contre l'auteur de la pétition, et ceux qui la relaient « sans savoir ce qu'il se passe ».

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