Toulon-Toulouse, c’est un classique du rugby français. Deux écuries historiques du championnat, chacune marquée par des périodes de domination et son lot de stars. Au fil des générations, plusieurs joueurs ont changé de camp et porté les couleurs des deux clubs. Si certains ont laissé une trace plus discrète, d’autres n’ont pas hésité à traverser la ligne de fracture pour s’imposer chez “l’ennemi”. Retour sur cette affiche, entre rivalité et trajectoires croisées.
De la Rade vers la Ville Rose
La première figure à avoir porté les deux maillots n’est autre que Christophe Deylaud. Si son passage sur la Rade reste anecdotique, c’est bien à Toulouse que le demi d’ouverture construit sa réputation. En huit saisons, il remporte cinq Boucliers de Brennus et une Coupe d’Europe. Un palmarès qui illustre son empreinte bien plus marquée au Stade Toulousain dans les années 90. Autre visage de cette décennie, Yann Delaigue. Arrivé à Toulon en 1988 pour se former, il y évolue près de dix ans. Il y remporte un Brennus en 1992 et décroche sa première sélection avec le XV de France. Parti ensuite à Toulouse, il enrichit son palmarès avec deux titres de champion de France (1999, 2001) et une Coupe d’Europe en 2003. Son retour à Toulon en 2006, dans son club formateur, s’avère en revanche plus compliqué.
Des années plus tard, Alexis Palisson emprunte le même chemin. Son passage à Toulon est couronné de succès, avec deux Coupes d’Europe et un Brennus. Mais l’ailier se heurte à une concurrence féroce, notamment face à Drew Mitchell et Bryan Habana. À Toulouse, le constat est similaire avec Maxime Médard, Vincent Clerc et Yoann Huget. Freiné par une grave blessure au genou, son passage en Haute-Garonne ne laissera pas un souvenir marquant.
Enfin, Yoann Maestri incarne un parcours inverse dans sa logique. Né à Hyères et formé à Toulon, ce pur produit varois peine à s’imposer dans un effectif dense et choisit de rejoindre Toulouse. C’est là qu’il explose au plus haut niveau avec neuf saisons au club, deux Boucliers de Brennus et une Coupe d’Europe. Le deuxième ligne s’impose comme un élément majeur du Stade Toulousain durant cette période.
Top 14. Tout perdre ou se relever, Toulon n’a pas le choix contre ToulouseL’appel de Mayol
Toulon a également su attirer plusieurs figures du Stade Toulousain. Le premier nom qui s’impose est celui de Frédéric Michalak. Révélé à Toulouse en 2001, profitant des blessures de Jérôme Fillol et Jérôme Cazalbou, il s’installe rapidement comme titulaire et mène son équipe au titre cette année-là. Sa progression est fulgurante avec ses premières sélections en équipe de France et deux titres européens à la clé. Après une expérience en Afrique du Sud avec les Sharks, son retour à Toulouse en 2008 ne répond pas aux attentes. Il repart donc en Afrique du Sud avant de rejoindre Toulon en 2012. Sur la Rade, malgré la concurrence de Jonny Wilkinson, il se relance. Utilisé notamment à la mêlée, il réalise un bon début de saison, retrouve l’équipe de France et figure même parmi les nommés pour le titre de meilleur joueur du monde, finalement attribué à Dan Carter. Son passage à Toulon reste globalement réussi, avec deux Coupes d’Europe et un Brennus à son palmarès.
Si Michalak retrouve des couleurs à Toulon, d’autres expériences sont plus contrastées. Vincent Clerc, légende du Stade Toulousain avec plus de 300 matchs, rejoint le RCT après des négociations compliquées à Toulouse. Mais miné par les blessures, il ne dispute que 13 rencontres en deux saisons. Il devient néanmoins le meilleur marqueur de l’histoire du Top 14 sous les couleurs toulonnaises. Même constat pour Luke McAlister, arrivé en 2017. Ancienne pièce maîtresse de Toulouse, il ne dispute que quatre matchs avec Toulon avant de repartir, sans laisser d’empreinte notable.
Enfin, Maxime Mermoz fait davantage figure de réussite. Formé à Toulouse à partir de 2005 sans parvenir à s’imposer, il se relance à Perpignan avant de rejoindre Toulon. Sur la Rade, il trouve sa place au sein d’un effectif de stars et participe aux succès du club avec trois Coupes d’Europe et un Brennus.
Entre réussites éclatantes et passages plus discrets, ces trajectoires croisées illustrent une réalité, Toulon-Toulouse dépasse la simple rivalité. C’est une affiche majeure du rugby français, où même les frontières les plus symboliques finissent parfois par s’effacer.
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