Kerevi veut encore porter le maillot australien
Samu Kerevi n’a pas tiré un trait sur les Wallabies. À 32 ans, le puissant centre assure au Australian qu’il veut toujours retrouver la sélection. Et ce, alors que l’Australie prépare la Coupe du monde 2027 à domicile. Installé au Japon, où il évolue avec Urayasu D-Rocks, l’ancien cadre australien estime même jouer actuellement l’un de ses meilleurs rugby. Son message est limpide : partir à l’étranger ne signifie pas renoncer au maillot national. « Je veux contribuer », insiste-t-il.
La sortie de Kerevi intervient quelques jours après la courte victoire australienne face au Japon, 35-32 à Osaka, pour le premier match de Les Kiss à la tête des Wallabies. Un succès arraché dans la douleur, après une période où les Australiens ont rarement accumulé les victoires. Dans ce contexte, chaque joueur capable d’élever le niveau du groupe devient forcément un sujet.
Le modèle Springbok dans toutes les têtes
Kerevi pointe surtout une différence avec l’Afrique du Sud. Rassie Erasmus n’hésite pas à sélectionner des internationaux installés au Japon et conserve un contact régulier avec eux. Malcolm Marx, Pieter-Steph du Toit ou Cheslin Kolbe ont ainsi continué à peser au plus haut niveau tout en évoluant loin du rugby sud-africain.
C’est presque une différence de logiciel. Là où les Springboks considèrent le championnat japonais comme une extension de leur réservoir, l’Australie reste historiquement attachée au Super Rugby. Kerevi raconte notamment que Jasper Wiese, son coéquipier en club, reçoit régulièrement des consignes précises du staff sud-africain. Le lien ne se coupe jamais. Une méthode qui ressemble davantage à un suivi qu’à une simple liste de joueurs convoqués deux semaines avant un Test.
Une règle qui limite encore Les Kiss
Rugby Australia autorise actuellement la sélection de trois joueurs évoluant à l’étranger, à condition qu’ils comptent au moins 30 sélections ou cinq années dans le rugby australien. Les Kiss a déjà expliqué qu’il ne craignait pas de regarder hors d’Australie. Kerevi entre précisément dans cette réflexion avec ses 50 sélections et une expérience internationale considérable.
Le centre regrette néanmoins le manque de communication des derniers mois. Il affirme n’avoir reçu que peu de retours de l’ancien encadrement après avoir été écarté du groupe pour la tournée des Lions britanniques et irlandais. Izack Rodda, installé à Provence Rugby, décrit une situation comparable. Matt To’omua va encore plus loin : selon l’ancien Wallaby, l’Australie « reste bloquée dans le passé » en se privant d’une partie de son vivier.
À un an du Mondial, l’Australie ne peut fermer aucune porte
Le débat dépasse donc le seul cas Kerevi. Hunter Paisami, Len Ikitau, Isaac Henry et d’autres centres constituent déjà des options, mais l’ancien joueur des Reds possède un profil très particulier. À son meilleur niveau, ses 110 kilos, sa capacité à gagner la ligne d’avantage et son efficacité sur première phase obligent les défenses à construire leur plan autour de lui. To’omua imagine même reformer l’association Kerevi-Ikitau qui avait brillé en 2021.
VIDÉO. Quade Cooper allume une étincelle de génie, l'Australie tient-elle sa solution en vue du Mondial 2027 ?À un an d’une Coupe du monde organisée à la maison, les Wallabies doivent choisir entre protéger leur modèle ou exploiter chaque ressource disponible. Les Springboks ont depuis longtemps choisi la deuxième voie. Kerevi, lui, aimerait simplement qu’on lui laisse l’occasion de prouver qu’il peut encore en faire partie.
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