Ils catalysent un peu tous les fantasmes imaginés autour de l’agent sportif. Et bien que l’univers rugbystique soit différent de celui du football, qui ne se représente pas un homme en costume qui mange dans un restaurant 3 étoiles avec sa Rolex au poignet pour faire signer un nouveau contrat ?
En France, le plus célèbre d’entre-eux s’appelle Thierry Cazedevals. Pour la simple et bonne raison qu’au-delà de sa réputation dans ce milieu très méconnu du public, l’Ariégeois de 55 ans travaille en étroite collaboration avec le Stade Toulousain et demeure le représentant d’Antoine Dupont et Thomas Ramos depuis une dizaine d’années, avec qui il entretient des relations quasi-filiales.
7% à 8% pour les "nouveaux" joueurs
Invité du podcast Rugbyphysio pour un entretien fort enrichissant d’une heure et demie diffusé le mois dernier, l’agent le plus influent du rugby français se livre sur son parcours, bien sûr, mais aussi quotidien, les différents aspects de son job, les manières de procéder et les détails techniques et financiers.
Cazedevals confirme ainsi que les agents sont donc toujours mandatés par les clubs pour identifier puis entrer en négociation avec des profils très précis. Leurs honoraires sont donc payés dans l’immense majorité des cas par ces entités via des factures hors salary cap, même si les présidents de clubs souhaiteraient toujours modifier le règlement à ce sujet. Et ce via une grille tarifaire très claire :
"Le maximum prévu par le code du sport, c’est 10 % du salaire brut annuel du joueur. Ensuite, entre en compte aujourd’hui le "barème FFR", qui applique une dégressivité à la commission que touche les agents", explique Thierry Cazedevals. Avant d’en détailler les modalités : "On perçoit 10% pour le salaire brut compris entre 0 et 50 000 euros, 8% entre 50 000 et 150 000 euros, 6% entre 150 000 et 250 000 euros, 4% au-delà de 250 000 euros."
Quand on sait que les derniers rapports parlent d’un salaire médian qui s’élève à 21 000 euros bruts annuels (soit 252 000 euros par saison) en Top 14, l’agent touche en moyenne une rémunération qui oscille entre "7% et 8%" du salaire du joueur qu’il représente. Et ce pour des signatures dans des nouveaux clubs.
"Quand tu amènes un joueur, tu as une commission plus importante que quand tu fais simplement re-signer un joueur dans le même club. Dans ce cas, ta commission baisse et on va plutôt être autour de 5 à 6% du salaire annuel brut. Là-dessus, on ne sera jamais d’accord avec les présidents de club (rires)." Même s’il convient de noter que la majorité des agents sont aujourd’hui salariés d’agences leur assurant un fixe puis, bien souvent, une variable inhérente aux commissions qu’ils raflent chaque année. Comme un agent immobilier, finalement…
40 à 45 joueurs maximum
Si la première fonction reste donc la négociation du contrat entre un joueur et un club, un bon agent répond à un panel très large concernant ses missions, allant de la facilitation des démarches administratives pour les joueurs, à la négociation avec certaines marques voulant s’offrir leur image. Tout en devant naturellement assurer un soutien psychologique et sportif de premier plan pour les joueurs qu’ils représentent. Une feuille de route qui fait qu’un agent ne peut pas avoir plus 40 à 45 joueurs à sa charge "pour faire du bon boulot", affirme Cazedevals.
Avec la particularité qu’au sein de ce métier répondant essentiellement au réseau et à la réputation, les joueurs n’appartiennent jamais à un agent et sont juridiquement libres de changer de crémerie à n’importe quel moment s’ils le souhaitent. Même si, dans les faits, cela n’arrive que très rarement.
L’herbe n’étant pas toujours pas plus verte ailleurs, pour reprendre une expression chère à Monsieur Macron…
D'après le barème FFR et pour un joueur médian du Top 14 qui percevrait 252 000 € bruts annuels, son agent facturera 19 080 € par saison au club qui le signe.
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