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‘‘Accéder au Top 14’’, les conditions folles exigées pour sauver Nice du désastre sur le long-terme

Alors que son avenir en Pro D2 semble être très sérieusement compromis, Nice voit son projet à long terme s’effriter encore un peu plus.

Erwan Harzic 26/07/2026 à 12h35
Alors que son avenir en Pro D2 semble être très sérieusement compromis, Nice voit son projet à long terme s’effriter encore un peu plus.
Alors que son avenir en Pro D2 semble être très sérieusement compromis, Nice voit son projet à long terme s’effriter encore un peu plus.

Plus d’une centaine de personnes, joueurs et salariés, voient leur avenir professionnel et sportif se jouer dans un bureau, plutôt que sur un terrain. Ces dernières années, le développement de Nissa Rugby laissait à penser qu’une ancienne écurie historique reviendrait chez les professionnels pour alimenter la ferveur du Sud-Est de l’Hexagone. Cependant, tous ces espoirs semblent s’être envolés en l’espace de quelques jours. Actuellement, l’arrivée du club en Pro D2 et son maintien au niveau national sont des plus incertains.

Après des discussions avec l'Autorité de Régulation du Rugby (A2R), la direction démissionnaire de Nissa Rugby a dévoilé un communiqué, ce 24 juillet. Dans ce dernier, elle annonce que le club pourrait se retrouver en Régionale 3, la saison prochaine, si aucune solution n’est trouvée. L’écurie des Alpes-Maritimes a fait appel et a désormais deux semaines pour essayer de sauver ce projet né en 2012, après une seconde liquidation judiciaire au XXIᵉ siècle.

Nice n’évoluera (pour l’instant) pas en Pro D2 la saison prochaine, rétrogradé par l’Autorité de régulation du rugby

Nice veut assurer son avenir

Dans le communiqué publié, le club annonce que “cet appel a pour seul objectif de donner une chance au rugby niçois de survivre et de permettre à l'ensemble des parties prenantes de construire, dans les prochains jours, les conditions d'une solution durable.Toutefois, des garanties financières à hauteur de 4,6 millions d'euros sont notamment attendues devant l’A2R. L’actionnaire majoritaire de Nissa Rugby est prêt à combler une partie de ces dernières, mais pas la totalité. Tout du moins, pour le moment.

Les promesses faites par l’ancien maire Christian Estrosi n’ont pas forcément vocation à être perpétuées par son successeur, Éric Ciotti. Selon des informations révélées par L’Équipe, l’élu refuserait d’investir environ huit millions d’euros, hors taxes, dans une tribune provisoire au stade Marcel-Volot. Actuellement, l’enceinte compte seulement 3 000 places. De son côté, la municipalité propose “la réalisation, dès septembre 2027, d'une tribune permanente contenant 1 400 places d'hospitalités”. Un projet qui obligerait le club à trouver de quoi survivre entre-temps.

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Le nouveau stade en mirage ?

De plus, Nissa Rugby misait énormément sur son projet de nouvelles tribunes à Marcel-Volot. Comme l’évoquait le club dans son communiqué, seule “une solution durable” est envisagée. De fait, les rafistolages ne seront pas forcément les bienvenus. Or le club comptait sur la construction d'infrastructures pour un stade à 10 000 ou 12 000 places, afin de se pérenniser. Dans l’absolu, la Mairie ne s’oppose pas à ce projet à plus de 80 millions d’euros, toujours selon L’Équipe, mais les conditions exigées pour le réaliser sont inattendues.

En effet, la Mairie a consenti, dans un courrier relayé par L’Équipe, à participer à cette métamorphose conséquente du stade Marcel-Volotsi les résultats sportifs permettent demain au club d'accéder en Top 14 et de s'y maintenir durablement.” Dans ce cas-là, “la ville pourra engager une seconde phase consistant en la réalisation de tribunes complémentaires”, après celle attendue en septembre 2027. Dans un écosystème du rugby français ultra-compétitif, la montée et le maintien de Nissa Rugby dans l’élite semblent relever du miracle.

Nissa Rugby joue actuellement au sein du plus petit stade accueillant une formation professionnelle. En Nationale, le club évoluait déjà dans l’une des plus petites enceintes de sa division. Ainsi, imaginer un club monté au sommet de l’échiquier rugbystique sans pouvoir profiter des revenus associés à une antre du même niveau que celle de ses concurrents paraît fortement improbable. Pour rappel, dans son rapport 2026, la Ligue Nationale de Rugby indiquait que “66 % des revenus (des clubs professionnels) proviennent du lien avec les spectateurs et les partenaires des clubs”, soit les “partenariats et hospitalités” ainsi que les “recettes matches et merchandising”. Une bonne partie de cette source d’argent essentielle dépend du stade et de sa capacité d'accueil.

Alors que Nissa Rugby a toujours affiché ses ambitions de professionnalisme et de Top 14, cette condition à la construction des nouvelles tribunes du stade Marcel-Volot semble se présenter comme une menace sérieuse. Le projet mené par la famille Gave et Jean-Baptiste Aldigé a-t-il encore un avenir ? Les actionnaires et dirigeants du club peuvent-ils trouver d’autres soutiens que la municipalité dans cette affaire ? En tout cas, dernièrement, chaque nouvelle journée a mis un sérieux coup d’arrêt au rêve niçois.

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