Les supporters entrent pour de bon dans le capital
L’association Aginnum a franchi une frontière encore peu commune dans le rugby français : elle est désormais actionnaire du SU Agen. En trois semaines, 89 contributeurs ont réuni 15 000 euros, avec des participations comprises entre 2 et 2 500 euros. L’association devient ainsi le neuvième actionnaire du club, dans le cadre d’une augmentation de capital fixée à 1,6 million d’euros.
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Jean-François Fonteneau a salué cette mobilisation à Armandie. « Les seuls qui ont répondu présent sont ici », a lancé le président en désignant les représentants d’Aginnum. La phrase prend une autre dimension quand on connaît la suite : selon La Dépêche, une soixantaine de personnes proches du club avaient été sollicitées. Aginnum a été la seule à répondre à l’appel.
99,06 % financés par un seul homme
Le chiffre qui raconte réellement cette opération est donc moins 15 000 que 1,585 million. Sur les 1,6 million d’euros recherchés, Jean-François Fonteneau a personnellement apporté 1,585 million. Le président a donc financé à lui seul un peu plus de 99 % de cette augmentation de capital. Ce chiffre ne suffit pas à conclure que le SUA est en détresse financière.
Il révèle en revanche une concentration particulièrement forte du financement. La Dépêche précise que cette levée devait renforcer les fonds du club afin de répondre aux exigences du régulateur et valider le budget 2026-2027. Dans une mêlée, un pilier peut sauver une poussée. Sur une saison entière, mieux vaut tout de même que les huit poussent ensemble.
15 000 euros qui pèsent plus lourd qu’ils n’en ont l’air
L’entrée d’Aginnum prend une autre dimension quand on y regarde de plus près. Ses 15 000 euros représentent moins de 1 % des 1,6 million recherchés. Mais ils proviennent de 89 personnes. Et donnent une existence capitalistique au soutien populaire. Ce n’est d’ailleurs pas un virage improvisé : Aginnum affiche depuis sa création l’ambition de devenir une passerelle entre le SUA et ses supporters, notamment grâce à l’actionnariat populaire.
Ce que cette opération raconte vraiment du SUA
Pour Agen, le signal est donc double. Le premier est encourageant : des supporters acceptent de financer directement le projet et deviennent officiellement partie prenante du club. Le second est beaucoup plus délicat : malgré plusieurs dizaines de sollicitations, aucun autre des acteurs contactés n’a accompagné Aginnum. Sur cette augmentation de capital, le SUA dépend donc presque entièrement de la capacité de Jean-François Fonteneau à remettre des fonds.
Le geste d’Aginnum mérite ainsi mieux qu’une jolie photo de famille. Il raconte une communauté qui veut peser davantage dans la vie du club. Mais aussi un modèle de financement encore très fortement adossé à un homme. Les supporters agenais sont entrés dans le capital. Reste désormais à voir si, lors des prochaines opérations, d’autres accepteront eux aussi d’entrer dans la mêlée.
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