La saison n’a même pas commencé que le rugby amateur anglais doit déjà sortir le calendrier de secours. La RFU a décidé qu’aucun match compétitif communautaire ne serait joué avant le 21 septembre, après plusieurs semaines de sécheresse. La mesure concerne les championnats masculins à partir de Regional 1 et toutes les divisions inférieures, ainsi que les compétitions féminines sous la Premiership Women’s Rugby. Les entraînements peuvent continuer, mais les clubs doivent contrôler la sécurité de leur terrain avant chaque séance.
Des terrains trop durs pour le rugby avec contact
La Fédé estime que de nombreuses pelouses sont devenues trop dures pour pratiquer le rugby à XV avec contact sans augmenter les risques de blessure. Dans un sport où plaquages, rucks et chutes ramènent constamment les corps vers le sol, la surface devient elle aussi un enjeu de sécurité. Bill Beaumont, président de la RFU, reconnaît une décision décevante, mais défend un choix centré sur la protection des joueurs et l’équité entre les clubs.
Ce report ne tombe pas après quelques journées simplement un peu chaudes. L’Angleterre a connu son mois de juillet le plus sec depuis le début de la série météorologique en 1836, avec 6,5 mm de pluie, soit 10 % de la moyenne habituelle. Dans le sud du pays, seulement 1,9 mm sont tombés. Au 13 août, 71 % du territoire anglais était classé en situation de sécheresse par l’Environment Agency.
Le calendrier de secours ne suffira pas toujours
Le Hampshire RFU réfléchit déjà à la manière de continuer à jouer lorsque les terrains deviennent trop secs, détrempés ou gelés. Inverser une rencontre, utiliser le terrain d’un club voisin, chercher un terrain tous temps ou exploiter davantage les week-ends de réserve figurent parmi les pistes évoquées. Le calendrier anglais doit désormais prévoir autre chose que la pluie de novembre.
À plus long terme, la question devient celle des infrastructures. Le Hampshire évoque le drainage, l’irrigation, l’entretien des pelouses, l’éclairage et un meilleur accès aux terrains tous temps. Sauf qu’un club communautaire n’a évidemment pas les moyens d’un pensionnaire de Premiership. Arroser davantage n’est d’ailleurs pas une réponse universelle lorsque les ressources en eau sont déjà sous tension. L’enjeu consiste donc à rendre les installations capables d’absorber plusieurs extrêmes météorologiques.
Quand un samedi sans rugby touche aussi la caisse du club
Le calendrier n’est pas le seul à prendre un coup. Un match à domicile, c’est aussi un bar qui tourne, de la restauration, des supporters présents et des recettes indispensables à de nombreuses structures. Le Hampshire RFU le souligne : plusieurs week-ends perdus peuvent avoir un impact financier bien supérieur à celui d’un simple match reporté. Et chaque date utilisée en septembre réduit ensuite la marge disponible si d’autres intempéries frappent pendant la saison.
Le rugby anglais aime présenter son jeu communautaire comme la base de la pyramide. Cet été 2026 rappelle que cette base repose aussi, très concrètement, sur quelques centimètres de terre et d’herbe. Quand ils ne permettent plus de jouer en sécurité, clubs et fédération doivent désormais apprendre à adapter bien davantage que le programme du samedi.
Pascal Praud crie au scandale.
Pascal prout aurait plutôt dû dire: voilà un signe concret pour la protection des joueurs.