50 points. Depuis la prise de fonction de Fabien Galthié en 2020, c'est une marque que le XV de France a souvent atteinte et même dépassée. Pas plus tard qu'en février face aux Gallois (12-54). Sans oublier les 73 unités passées à l'Italie l'an passé, les 52 au Japon en 2024 ou encore le célèbre 53 à 10 infligé à l'Angleterre à Twickenham lors du Tournoi 2023.
Barassi en 13, la droite de la mêlée pose question : la compo probable du XV de France pour le CrunchL'inverse est bien plus rare. Si on dénombre six matchs à 50 points ou plus aux dépens des Tricolores depuis 2010. Jamais les Français n'avaient subi pareil affront sous les ordres de Galthié. Même en Nouvelle-Zélande l'été dernier. Les All Blacks sont d'ailleurs les derniers à avoir passé 50 pions aux Bleus. C'était en 2018 à l'Eden Park avec une marque de 52 à 11. Ça vous place la performance écossaise du week-end dernier.
Attention au Chardon
Et c'est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux aux Bleus. Surtout en vue de la Coupe du monde en Australie. En premier lieu, c'est une piqure de rappel qui ne fait jamais de mal même lorsqu'on pense être prévenu : aucun adversaire n'est à prendre à la légère. Que ce soit le Japon, les USA ou les Samoa, futurs adversaires des Bleus en 2027. Deuxièmement, et toujours dans le cadre du Mondial, c'est un avertissement à prendre très au sérieux en vue des matchs couperets.
Si beaucoup voient les Tricolores sortir en tête de leur groupe, la suite de la compétition ne sera pas une balade de santé. Surtout avec une rencontre à élimination directe en plus. Un 8e de finale qui devrait se jouer face à l'Irlande... ou l'Ecosse. Et vu ce qui vient de se passer à Murrayfield, l'adversaire idoine pour la France n'est finalement plus celui auquel tout le monde pensait. Le Chardon a montré qu'il savait piquer. Ce match référence, les Ecossais ne l'auront pas oublié si d'aventure leur chemin croise celui des Bleus.
Une remise en cause permanente
Ce revers donne aussi l'occasion pour les membres du groupe France de se remettre en question. Et de progresser en vue de l'objectif ultime qui est le titre mondial. Du point des joueurs, il a montré que personne n'était à l'abri d'un mauvais match, de choix douteux ou de fautes bêtes. Même quand on s'appelle Antoine Dupont ou François Cros. Des éléments souvent cités en exemple mais qui, lorsque l'adversaire joue juste et met la pression, sont aussi sujets aux erreurs. Eux comme leurs coéquipiers garderont très certainement ce match en mémoire pour améliorer leur jeu et les performances de l'équipe.
Concernant le staff, c'est une aussi une source précieuse d'enseignements stratégiques. Face à une équipe qui ne leur a pas souvent rendu le ballon, on a vu des Bleus qui n'ont pas trouvé la solution. Ou qui se sont parfois entêtés dans une tactique qui n'était pas la bonne. C'est à ce moment-là, quand les joueurs ont la tête dans le guidon, que les coachs doivent changer de braquet. Quitte à arrêter de faire rouler certains gars pour que les autres prennent la suite et assurent le tempo jusqu'au sommet. On peut ainsi imaginer que Serin aurait pu entrer à l'heure de jeu et non à la 70e.
Pas de révolution, mais une évolution
Galthié n'a jamais caché que la méthode était en perpétuelle évolution depuis sa prise de fonctions. Avec ce match, lui et ses adjoints vont pouvoir encore affiner les systèmes, le coaching mais aussi la préparation et le turnover. Des enseignements précieux en vue de la Coupe du monde. Fallait renvoyer les joueurs à la maison entre l'Italie et l'Ecosse au nom de la fraîcheur ? N'aurait-il pas fallu garder tout le monde sous pression au CNR pour travailler. Notamment les mêlées. Domaine où les Français n'ont pas été impériaux dans ce Tournoi. Et où ils ont encore été pris à défaut en Ecosse.
“Faute cynique”, essai de pénalité ? Cette action de Finn Russell face à la France aurait-elle dû être sanctionnée ?Si la France n'a parfois pas été aidée par l'arbitrage, elle a aussi bénéficié de certaines largesses, comme en 2023 face à l'Afrique du Sud. Une rencontre, douloureuse, qui a eu le mérite de faire avancer les Bleus. En particulier sur les duels aériens. Mais aussi dans l'état d'esprit. Chaque match, qu'il se termine sur une victoire ou une défaite, permet d'ajouter une autre brique au projet. Et il se pourrait bien que cette fessée en Ecosse soit un mal pour un bien. Premier élément de réponse ce samedi face à l'Angleterre.
Je pense que c'est plutôt un mal ... pour un mal! Ca cette branlée pourrait bien remettre en question les belles intentions offenfensives affichées lors des premiers matchs... J'espère me tromper, mais pourvu que Galthié ne reprenne pas la main sur le jeu! C'est tout ce que je souhaite!
Depuis le temps, les Bleus ne savent pas qu'il ne faut prendre aucun adversaire à la légère ??
C'est une tradition chez l'équipe de France, elle est capable de battre et d'être battue par n'importe qui. Elle reflète bien la France avec notre arrogance nationale vis à vis de l'étranger, il n'y a qu'en interne qu'on se dévalorise.
Le jour où les Bleus seront constants, alors là on aura une chance de gagner une coupe du Monde sans compter sur la French Chatte à chaque étape de la compétition.
Pour ma part, je reste persuadé que les joueurs ont pris la stratégie de jeu à leur compte après la Tournée grimace de l'automne, frustrés qu'ils étaient du non-jeu mis en place depuis 6 ans. Cette "prise de pouvoir" était nécessaire, mais la transmission s'est faite trop brutalement, sans passage de témoin réfléchi, et j'ai le sentiment que tout ce qui incombait encore au staff, à savoir la prépa physique et mentale, la gestion de la coupure de 17 jours, la gestion psychologique d'avant match, et pour résumer, tout ce qui ne concerne pas le jeu directement, tout ça a été délaissé ou mal géré par l'équipe de Galthier.Car je ne vois pas comment une équipe peut être si brillante et inventive face à l'Irlande et aussi fantomatique quelques semaines plus tard. Les joueurs décident désormais du jeu qu'ils veulent pratiquer (le débat reste ouvert sur cette possibilité), mais l'accompagnement et l'encadrement ont été bâclés. A ce titre, la réaction à chaud de Galthié (en gros "on finit bien le match") est complètement lunaire et me laisse à penser que le staff est totalement à côté de ses pompes et ne maîtrise plus rien. Ça va être long jusqu'en 2027...