Les Springboks pensent déjà à 2027. Cette semaine, la sélection sud-africaine a convié 21 joueurs à un camp virtuel. Tous évoluent à l'étranger. Sur la liste, des joueurs déjà rompus aux joutes internationales comme Jesse Kriel, Cheslin Kolbe ou encore Kwagga Smith, RG Snyman. A leurs côtés, deux "petits nouveaux" : Carlü Sadie (UBB) et JJ van der Mescht, ex-Stade Français.
Une invitation qui, sans être une sélection officielle, envoie un signal fort sur les intentions du staff de Rassie Erasmus. Le deuxième ligne de 26 ans, actuellement à Northampton après quatre saisons à Stade Français, n'a jamais été capé en senior avec les Springboks. Mais son profil physique hors normes vient de retenir l'attention des doubles champions du monde au meilleur moment.
Jalibert, Murley, 1 seul ballon : la règle implacable qui a enterré l'essai du XV de France2 mètres, 145 kilos : un profil qui n'existe pas deux fois
Né à Pretoria, JJ van der Mescht mesure 2m01 pour 145 kilos. Pour donner une idée de l'échelle : c'est 25 kilos de plus qu'Eben Etzebeth, lui-même considéré comme l'un des deuxièmes lignes les plus impressionnants physiquement du rugby mondial. Un attelage van der Mescht/Etzebeth dans la deuxième ligne représenterait près de 300 kilos de puissance brute.
Une combinaison capable d'écraser n'importe quelle mêlée adverse et de transformer chaque touche en forteresse imprenable. Surtout avec les autres colosses présents dans le pack sud-africain. Ce n'est pas de la science-fiction : c'est exactement ce que les Springboks construisent méthodiquement depuis leur titre mondial de 2019.
Des Baby Boks à la Premiership
Van der Mescht n'est pas un inconnu pour les amateurs du Top 14. Il a effectué 75 apparitions avec le Stade Français durant quatre saisons à Paris, inscrivant sept essais. Avant la France, il avait débuté sa carrière professionnelle avec les Sharks à Durban, totalisant 23 apparitions en Super Rugby, Rainbow Cup et Currie Cup. Sur le plan international, il a représenté l'Afrique du Sud en moins de 20 ans, disputant cinq matchs lors du Championnat du monde 2019 et inscrivant deux essais alors que les Junior Boks décrochaient la médaille de bronze en Argentine.
Des stats qui confirment un profil de déménageur de première ligne
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Sur la saison 24/25 de Top 14 avec le Stade Français, van der Mescht a compilé 117 portées de balle pour 236 mètres parcourus, avec 25 défenseurs battus et 296 mètres après contact. Son taux de franchissement de la ligne d'avantage atteint 60% de ses courses. Un chiffre qui témoigne de sa qualité à faire reculer les défenses par la seule force de son gabarit. En Premiership cette saison avec Northampton, il maintient le rythme : 73 courses, 149 mètres, 85% de plaquages réussis en défense sur 9 matchs. C'est un bulldozer, mais un bulldozer qui joue au rugby.
Un message envoyé aux autre nations
Ce camp virtuel prend une résonance particulière cette année mais aussi en vue du Mondial 2027. Les Springboks affronteront le XV de France en novembre prochain dans le cadre du tout nouveau Championnat des Nations. Si van der Mescht franchit le cap de la sélection senior d'ici là, Galthié et son staff devront composer avec une deuxième ligne sud-africaine potentiellement la plus lourde et la plus physique que le rugby mondial ait jamais vue. Pour une France qui travaille précisément sur son chantier en mêlée, c'est un paramètre supplémentaire à intégrer dans la préparation.
L'Afrique du Sud ne laisse rien au hasard avant 2027
Ce qui frappe dans cette démarche, c'est la méthode. Les Springboks n'improvisent pas — ils anticipent. Convier un joueur à un camp virtuel des mois avant une compétition, c'est une façon d'intégrer progressivement un profil dans la culture du groupe sans brûler les étapes. C'est exactement ce que Erasmus avait fait avec plusieurs joueurs avant les Coupes du monde 2019 et 2023. Le résultat, on le connaît.
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