Les Redmen de Mc Gill - Le Rugby Universitaire au Canada
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Plongez au coeur du rugby universitaire canadien, en suivant l'interview de deux joueurs des Redmen de l'Université de Mc Gill
Ces cinq dernières années, certains d’entre vous ont pu remarquer la franche progression de nos cousins Canadiens dans le monde de l'ovalie. Dominateurs sur la scène continentale nord, ils ont solidement tenu leur place face à nos Bleus pendant la dernière coupe du monde.
En fait, le Rugby du Canada n’est vraiment pas un sport comme les autres. Souvent considéré comme le parent pauvre des vrais sports d’hommes made in America que sont le Football Américain, le Hockey et le Lacrosse ; c’est là que viennent se réfugier les espoirs déchus du foot US qui croient pouvoir briller dans ce « sport de fillettes ». Sauf que, comme les rugbymen disent si bien : « Here, we play Rugby. No pads, no helmets, just balls » (Pour ceux qui ont pris suédois LV1, Ici on joue au Rugby. Pas de protections, pas de casque, juste des balles – avec la possibilité d’entendre le dernier mot dans sa signification génitale).

Nous avons donc décidé d’explorer les fondements de cette ascension en nous arrêtant chez les Redmen de l’université de McGill, à Montréal. Basée au Québec, cette université s’est pourtant inspirée du modèle Américain : cours en Anglais, sports au top, stade de 25 000 places et troisième mi-temps à la bière en Fraternités étudiantes. Pour en savoir plus, nous avons recueilli les propos de Louis et Keelan.

Interview : Louis

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Salut Louis, tu es un joueur Français de l’équipe de McGill. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton parcours personnel ?

Bonjour le Rugbynistère ! Alors oui, même si je suis Français, je n’ai jamais longtemps vécu en France car mes parents travaillaient à l’étranger. J’ai vécu en Asie jusqu’en terminale, en passant par le Japon, Singapour, Séoul et Shanghai. En Asie, le rugby est un vrai sport d’expatriés – à part au Japon où beaucoup d’habitants locaux jouent-, donc j’ai toujours retrouvé des clubs francophones. J’ai d’ailleurs beaucoup pratiqué le Touch Rugby, qui reste très populaire à Singapour.

Et maintenant, tu habites à Montréal où tu fais tes études. Qu’étudies-tu ? Trouves-tu le temps de jouer malgré les cours ?

Je fais mes études à McGill, en management. La chance qu’on a en universitaire, c’est que l’administration de l’université a vraiment bien aménagé les emplois du temps, pour laisser aux sportifs le temps de pratiquer leur sport.

Quel effet cela te fait de jouer au Canada ? Sens-tu une véritable transition dans la façon de jouer par rapport à ce que tu connaissais avant ?

Tout d’abord, il faut dire que McGill est une université Anglophone. Donc tout se fait en Anglais, même le Rugby. Et tu as beau le parler couramment, les automatismes ne sont pas tout de suite là. Il faut tout réapprendre !
Ensuite, c’est un rugby très différent de ce que je connais du rugby français. Le style de jeu est assez éloigné de ce qui se fait en France : ici, on essaye de voir l’espace qu’il y a entre les joueurs plutôt que les joueurs. En fait, c’est un rugby de prise d’intervalles plus que de contact.

Tu veux dire un rugby plus exubérant que pragmatique ? Un peu Super XV contre TOP 14 ?

Ce n’est pas extravagant non plus, mais il s’agit bien d’un rugby moderne où tout doit aller très vite jusqu’à l’ailier, tout en se focalisant sur la rétention de balle. Quitte à moins taper au pied, on se concentre sur quelques combinaisons qu’on essaye de faire bien.
Tout le monde court beaucoup, aussi bien les avants que les arrières, en s’inspirant de l’évolution actuelle du Rugby. Mais pour que ça marche, on a des plans de jeu préétablis, qui prônent un rugby ordonné, où l’individu doit se mettre au service du collectif. On est donc très loin des grandes envolées du french-flair, car les jeux sont annoncés avant chaque balle.

Parle-nous des structures de l’équipe. Comment s’organise votre travail ?

Encore une fois, ce qui est génial avec le fait de jouer en universitaire, c’est que l’administration nous chaperonne de A à Z. On a donc un staff de très bonne qualité, avec un coach des avants, un coach des arrières et un coach en chef (Craig Beemer). Ensuite, il y a toujours un ou deux assistants à chaque entraînement, et deux physiologistes qui s’occupent de tout ce qui à trait à la santé et à la préparation physique. En fait on se rapproche d’un rugby de haute spécialisation, où nous sommes suivis par une dizaine de personnes au total.
On a trois entraînements par semaine, et après nous passons pas mal de temps à la musculation, en suivant les programmes qui nous ont été donnés par le coach physique. L’encadrement est vraiment au top ; une salle de musculation est mise à notre disposition tous les jours, les physios organisent des séances de bain glacé pour reposer les corps et les matchs sont filmés pour analyse vidéo. Ah, j’oubliais ! Craig nous envoie parfois des devoirs, avec les plans de jeu sur PowerPoint. Ca fait beaucoup de changement par rapport à tout ce que je connaissais...


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Crédit Photo : Jules Morel


Es-tu dans l’équipe Varsity (Equipe 1) pour bénéficier de tout cet encadrement ?

En effet, les joueurs Varsity sont plus encadrés que les joueurs de l’équipe 2 et 3, mais nous essayons véritablement de créer la cohésion de tout un groupe de 70 joueurs. En plus, beaucoup de joueurs de Varsity dépannent les équipes deux et trois lorsqu’ils ne sont pas sur la fiche de match numéro 1. Dans mon cas, j’ai passé une première saison en équipe 2, avant de faire une bonne tournée de début de saison la deuxième année, ce qui m’a donné la chance de rentrer en Varsity. Aujourd’hui même, j’attends l’annonce du squad Varsity pour la troisième année.

Alors on te souhaite bonne chance Louis ! Merci d’avoir répondu à nos questions.

Merci, c’était un plaisir.



(Louis a été accepté en Varsity ndlr)




Interview : Keelan (joueur des Redmen)

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Bonjour Keelan, parle nous un peu de ton parcours: depuis quand joues-tu au Rugby? Où as-tu commencé et à quel âge ?

Bonjour le Rugbynistère ! Je suis né au Canada en 1991, et suis donc Canadien de naissance mais j’ai aussi hérité de la nationalité Française par ma mère. Très tôt, nous avons déménagé à Hong-Kong où j’ai commencé le rugby à l’âge de sept ans. Là bas, je dirais que le rugby est le sport principal avec le football, notamment en raison du nombre d’expatriés Néo-Zélandais, Australiens, Gallois, Anglais et Français qu’on y trouve. J’ai ensuite déménagé en France, vers Bordeaux, où j’ai intégré le club de Saint-Médard en Jalles. C’était vraiment sympa, mais à treize ans nous sommes repartis en Asie, à Pékin. Là-bas, j’ai découvert un rugby très compétitif, qui m’a fait énormément progresser en jouant avec les juniors mais aussi l’équipe senior dès quinze ans. J’en ai profité aussi pour créer une équipe avec mon lycée, avec l’aide d’un professeur Néo-Zélandais.
Ensuite, je suis arrivé à McGill en 2009 où j’ai commencé mes études.

Parle nous de tes saisons de Rugby à McGill. Comment as-tu trouvé le niveau de l’équipe ?

Eh bien, j’avais forcément un peu d’appréhension en arrivant, car je n’avais que dix-sept ans. Je savais que le niveau de l’équipe était très bon, et qu’il faudrait me battre pour me faire une place dans l’équipe Varsity (équipe 1). Mais les choses se sont relativement bien passées cette année là, je me suis très bien intégré. J’ai été élu « Rookie » de l’année et « Freshman Athlete » de l’année ; et nous avons en plus gagné un titre en championnat en fin de saison. Depuis, nous avons gagné le championnat universitaire Québécois trois fois d’affilée, et c’est la sixième année consécutive que nous conservons le titre.

Mais dis-nous, avec un championnat universitaire aussi court, que fais-tu durant l’été ?

Effectivement, comme l’université se termine en Mai et ne reprend qu’en Septembre, j’en profite pour jouer dans un club. La réputation des redmen de McGill m’a permis d’intégrer le club de Saint-Annes dans lequel évoluent de très bons joueurs, comme Jon Phelan (Jon Phelan a été sélectionné dans la pré-liste de 50 joueurs Canadiens pour partir à la CDM 2011).


Evoluer aux côtés de joueurs d'envergure n’est-il pas une motivation supplémentaire ?

Si, clairement. Jon Phelan m’a pris sous son aile, et ensemble nous travaillons dur avec un coach sportif pour passer un pallier supplémentaire. Les choses se sont bien goupillées de mon côté, à tel point que j’ai pu rejoindre l’équipe The Atlantic Rock (the Atlantic Rock est la sélection régionale regroupant la côte Est Canadienne et le Québec).

Tu joues donc en Canadian Rugby Championship ! (ndlr : l’équivalent du Pro D2 Canadien, qui oppose les 4 grandes équipes régionales)

Tout à fait. C’est d’autant plus drôle qu’on pense que c’est l’université qui s’est révélée être le socle de toute cette progression. Encore mieux, à the Atlantic Rock, j’apprends au contact de grands joueurs comme Chauncey O'Toole, Cieran Hearn, Franck Walsh, Jebb Sinclairs (qui joue maintenant aux Stormers), eux qui ont participé à la Coupe du Monde 2011 en Nouvelle-Zélande. Pour l’instant, j’essaye de grappiller du temps de jeu, mais je veux continuer à me battre pour accomplir mon rêve d’enfance : intégrer l’équipe du Canada.

A titre personnel, suis-tu le Top 14 ?

Bien sûr ! Malheureusement, j’ai du mal à regarder les matchs avec le décalage horaire. Je vais donc souvent sur Le Rugbynistère (ndlr : la classe !) pour avoir un aperçu de ce qui s’est passé le weekend ! Mais je suis un grand fan de Toulouse, car à l’époque de mes débuts au Rugby, l’UBB ne jouait pas en Top 14. Et encore maintenant, je reste supporter du Stade Toulousain. En ce qui concerne les équipes nationales, je suis pour les Bleus.

N’y a-t-il pas conflit d’intérêt ?

Pas du tout ! Je suis Canadien certes, mais mon équipe préférée reste le XV de France car c’est là-bas que j’ai vraiment accroché avec le Rugby, en découvrant l’esprit Rugby Français (copyright), la camaraderie et l’esprit d’équipe.


Merci à eux de s'être prêtés au jeu en répondant aux questions de Jules, et un grand merci à Jules, d'avoir proposé ce sujet au Rugbynistère !

jules-henri.morel
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  • zorobabel
  • il y a 5 ans

comment faire pour integree une equipe de rugby etant e l'etranger merci

  • CedricH
    15270 points
  • il y a 7 ans

"Ca fait beaucoup de changement par rapport à tout ce que je connaissais... "

Faudrait arrêter de nous prendre pour des jambons : "intégration", "nouvelle culture" tout ça pfouah! Le vrai changement c'est qu'il y a des bombes dans les salles de muscu et les vestiaires...! Tu m'étonnes qu'il s'épanouisse, le bonhomme!

  • ced
    100028 points
  • il y a 7 ans

interessant c'est sûr, j'ai toujours eu envie d'un miroir dans la chambre, je rejoins dark vador c'est très utile.
bon enfin je contaste surtout qu'y a plus d'altères que de mecs qui s'en servent !
ps : j'adore les pancakes et le sirop d'érable, est-ce qu'on a l'adresse de la demoiselle avec le t-shirt rouge, je voudrai acheter local, c'est plus sûr.

  • Kadova
    31045 points
  • il y a 7 ans

Merci pour cet article. C'est interessant de voir l'importance du rugby universitaire.

  • Louis
  • il y a 7 ans

Bon article, le rugby au Canada ne fait pas beaucoup parler de lui alors qu'il y est probablement plus joué qu'en France. Un petit détail seulement. Le Hockey et Lacrosse ne sont non seulement pas Américains, mais le Lacrosse est de plus le sport national du Canada.

  • Dark Vador
  • il y a 7 ans

En regardant bien la photo de la salle de muscu (si si agrandis-la !) tu découvriras des tas de charmantes raisons de faire de la gonflette ! Ils sont vraiment choyés ces sportifs universitaires...

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