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XV de France. Comment sortir d'une spirale négative ? L'avis d'une psychologue

Nous avons posé la question à une amie psychologue, Déborah Evangelopoulou, pour y voir plus clair sur la situation que traverse le XV de France.

Antoine Poussin 10/02/2019 à 10h00
Et si les maux du XV de France n'étaient avant tout qu'une affaire de psychologie ?
Et si les maux du XV de France n'étaient avant tout qu'une affaire de psychologie ?

Une année 2018 catastrophique (3 victoires en 11 matchs), 2019 qui commence par une défaite, ça y est le XV de France nous a définitivement plongé en dépression. Nous avons donc pris rendez-vous chez une amie psychologue, Déborah Evangelopoulou, pour tenter de trouver des réponses à nos questions. Elle qui pratique un métier, selon ses dires, focalisé sur « la psychologie positive et la confiance en soi. » Penchons-nous sans plus tarder sur le sujet.

Avant toute chose, Déborah a tenu à nous expliquer qu'aujourd'hui, nous vivons dans une société très axée sur la victoire et la défaite, et à l'opposition du « bien » et du « mal ». Ce qui fait défaut selon elle, notamment chez les sportifs.

« Depuis tout petit, on nous apprend qu’il est très important d’être le meilleur »

Comme elle nous l'a expliqué, « Depuis que nous sommes petits, dans notre famille et à l’école, on nous apprend qu’il est très important d’être le meilleur. On doit être le premier en maths, en français, en géométrie, en géographie et également en sports. » Cela dans le but de générer de la fierté, chez nos parents ou nos professeurs, mais également pour nous. Car le résultat prime avant tout. « Le problème aujourd'hui, c'est que le résultat est la priorité », poursuit Déborah.  « La défaite a alors un impact direct sur notre ego et nos capacités.» Un fait de société qui se répercute également dans le monde du sport. Ça ne surprend personne de savoir qu'aujourd'hui un groupe d'athlètes est entraîné pour gagner. Pourtant, le résultat prendrait tellement d'importance que la notion d'existence, d'un groupe, serait menacée. Ce que Déborah remet en question à travers l'interrogation suivante : « N’a-t-on jamais pensé que la victoire et la défaite pouvaient avoir les deux : une face négative et une face positive ? » La question mérite bien évidemment d'être posée. Ces premiers éléments sont donc clairement intéressants. Mais le XV de France est déjà passé par cette étape, la fameuse « défaite encourageante ». Désormais, les supporters ne veulent plus en entendre parler.

En lui expliquant la situation de notre chère et tant aimée vitrine du rugby français, voici ce que Déborah nous a répondu. « Chez les athlètes de haut niveau, la pression du résultat est encore plus forte. Quand un groupe de sportifs n’accomplit pas son but, il n’a pas de raison d'être dans notre société ! Quel est donc l’impact d'une série de défaites sur un groupe ? Et bien, les athlètes se fondent dans leurs insécurités, la croyance en l'incapacité devient de plus en plus forte et la confiance en soi s'amenuise. Une confiance qui se perd également au sein du groupe, car une équipe doit fonctionner en tant qu'unité. Alors quand les joueurs ne croient pas en eux, comment peuvent-ils croire en le groupe ?»

« Je dois gagner » plutôt que « Je veux gagner »

On y voit déjà un peu plus clair en ce qui concerne les maux de nos Bleus. Mais comment leur redonner confiance ? Sommes-nous également responsables ? Les médias ? Les supporters ? Pouvons-nous influer sur leur manque de confiance ? Voici des éléments de réponse apportés par Déborah : « Le groupe est extrêmement vulnérable dans des situations de défaites répétées. Les joueurs ne sont pas suffisamment préparés à faire face à la critique extérieure. Ils se sentent exactement tels qu'ils sont caractérisés par les médias. » Une nouvelle conséquence sur leur vie de groupe : « À chaque entraînement, ils apprennent qu’ils doivent gagner. Il est important ici de souligner l’utilisation du verbe « devoir ». « Je DOIS gagner » et pas « Je VEUX gagner ». Le verbe « devoir » a une connotation d’obligation, de responsabilité extérieure et pas personnelle. Contrairement au verbe « vouloir », où il s’agit de ma responsabilité personnelle. » Dans ce cas, les joueurs doivent-ils faire un peu plus abstraction de ce qui se passe autour d'eux ? Cela semble compliqué selon notre psychologue, surtout à notre époque, où cela a plutôt tendance à empirer.

Nous ne pouvons jamais nous couper de la critique extérieure. Elle existe et existera toujours. Il est pour moi important de préparer les athlètes à se sentir plus forts pour faire face à cette critique. Si les joueurs ont confiance en eux et qu'ils croient en leurs capacités et en leurs forces, ils ne seront pas touchés de la même manière par la critique extérieure. Une caractéristique fondamentale du groupe est l’établissement d’un équilibre interne et d’un système de relations stable avec l’environnement. Le groupe a un double système d’équilibre, interne et externe. Donc quand il y a une situation de déséquilibre extérieur, le groupe peut survivre et reconstruire son équilibre et faire face à ces risques extérieurs.

Quelles solutions ?

1/ La question des leaders

Bien noté Déborah. Mais on le sait, le XV de France est avant tout touché par un déséquilibre interne. On lui reproche d'ailleurs souvent de ne pas avoir assez de leaders au sein de son effectif. Mais que doit véritablement apporter un leader dans cette situation de défaites à répétition ?

Le leader est le conducteur, celui qui assure la direction d’un groupe. Son rôle est nécessaire pour remettre le groupe en équilibre quand il y a un déséquilibre intérieur ou extérieur. Les membres du groupe ont besoin dans ces moments de déséquilibre, d'un leader fort qui pourra leur rappeler les valeurs et les compétences du groupe pour pouvoir récréer de la confiance. Celle-ci peut se gagner à travers un entraînement positif par exemple. Mais il est également important que les groupes sportifs apprennent à perdre. La défaite est nécessaire pour comprendre nos fautes et nos axes de progression. Nous avons besoin de perdre pour savoir comment gagner après ! La meilleure façon pour redonner de la confiance à un groupe est de célébrer la défaite de la même façon que nous célébrons la victoire !

Pour ce qui est de la défaite, nous ne sommes pas inquiets, ce groupe la connaît bien... Mais comment rebondir derrière ? Comment renouer avec la performance derrière une série de défaites ? Selon Déborah, l'aspect psychologique joue un rôle déterminant ici :

70% de notre performance dépend de notre état psychologique. Quand nous nous sentons forts, nous sommes bons ! La meilleure performance apparaît quand l’athlète se sent bien avec lui-même. À mon avis, il est important que tous les athlètes et spécialement ceux de haut niveau fassent un travail personnel avec eux-mêmes. Le développement personnel est nécessaire pour connaître ses limites, ses points forts ou faibles et pour s'accepter soi-même. Une fois que la personne se sent plus proche de sa propre entité, elle peut se sentir prête à prendre du plaisir et se donner à 100% de ses capacités.

2/ Changer notre système de pensées

Comme expliqué dans la première partie, aujourd'hui, seul le résultat compte. L'échec est donc exclu de note société, ce qui laisse perplexe notre intervenante : 

Nous construisons une situation dramatique autour de l’échec. Nous ne laissons pas d’espace à l’échec dans notre vie, donc quand il se présente, nous ne sommes pas préparés à l’accepter.
Comme je l'ai expliqué auparavant, la culture occidentale, en général, est focalisée sur le résultat. La majorité des jeunes sportifs présente des émotions positives similaires face à une victoire sans efforts et face à une victoire où ils ont pris du plaisir en jouant. Nous nous focalisons sur le résultat et pas sur notre état d’esprit au moment de jouer. Face à la victoire, nous avons donc des sentiments et des sensations positifs, que nous oublions très rapidement ensuite. La victoire est un bien de consommation, nous avons besoin de gagner tout le temps pour nous sentir plus forts. Cela nous met en situation de stress, car nous devons consommer le plus de victoires possibles, sans forcément pouvoir prendre du plaisir. Alors que contrairement à ce que les gens pensent, la victoire peut être considérée aussi comme une faiblesse.

3/ Bannir l'excès de confiance

Pour ce qui est de pouvoir dominer un match, cela arrive aussi à nos Bleus . Mais ils ont souvent tendance à tomber dans l'excès de confiance et à perdre par la suite. Nous avons ainsi demandé à Déborah comment nous pourrions éviter cela.

L’excès de confiance est une peur cachée pour ne pas laisser apparaître nos faiblesses. Car une personne faible n’est pas « acceptée » dans notre société. Un joueur faible, moins confiant, est critiqué par les médias et par ses collègues. L’excès de confiance, en revanche, donne au sportif une image d’un athlète fort et compétent. Le résultat est que l’athlète passe beaucoup plus du temps à penser à l'image qu'il renvoie et que lui renvoient les autres, plutôt qu'à prendre du plaisir dans ce qu’il fait. Il est donc nécessaire de donner du temps et de l’importance aux situations d’excès de confiance. Nous devrions rappeler aux joueurs l’importance de prendre du plaisir dans le sport.

4/ La solution du préparateur mental

XV de France : le problème des Bleus serait-il mental ?On en a beaucoup parlé récemment : faut-il un préparateur mental à nos Bleus, à l'instar de ce que font les plus grandes nations mondiales (Angleterre, Nouvelle-Zélande). Voici la réponse de Déborah sur le sujet :

Le rôle du préparateur mental est très important dans les sports de haut niveau. Il peut intervenir à travers différentes stratégies comme le coaching sportif (plan de gestion et de distraction, plan de re-focus) et la programmation neuro-linguistique (utilisation d’ancrages, de visualisations). Il peut préparer les athlètes à avoir une meilleure performance, mais à mon avis, le préparateur mental doit travailler avant tout avec un psychologue sportif pour avoir un meilleur résultat en termes de performance et de confiance en soi. Le préparateur mental travaille lui sur la performance et le psychologue sportif travaille plus en profondeur avec l’athlète. Il doit réconcilier le sportif avec son esprit en faisant un travail fondamental sur des facteurs différents comme l’anxiété, les blocages, les peurs, etc.

Merci beaucoup à Déborah Evangelopoulou d'avoir répondu à nos questions. Il ne reste plus qu'à espérer que les Bleus trouvent rapidement une solution à tous leurs maux, et ce, dès dimanche en Angleterre. D'autant qu'en terme de visualisation, quoi de mieux qu'un groupe de joueurs vêtus de maillots anglais pour se donner un sursaut de motivation ? Allez les Bleus !

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mackenna
mackenna
Le pauvre Guirado semble bien loin de ce rôle de leader préconisé par Déborah . Il semblait désabusé et sans ressort. Comparé aux Anglais qui s'encourageaient, et restaient groupés à chaque arrêt de jeu, nos Français semblaient chacun dans leur bulle et communiquaient très peu..... Début d'explication ?
Latruffeduperigord
Latruffeduperigord
Changer de sport ?
Amis à Laporte
Amis à Laporte
Donc il suffit de se procurer des porte-mentaux ????
AKA
AKA
Si on prend les commentaires des acteurs de la défaite contre le PdG le WE dernier c' est a mourir de rire!!! :D
Paris-Brest
Paris-Brest
En gros : les bleus ont mal à la tête, et nous on a drôlement mal au cul.
David63
David63
Il faut savoir ce nourrir de la défaite ? Ben c'est bon la gars la on est en '' obésité morbide'' c' est plus un sélectionneur qu'il faut la mais un endocrinologue.
Jak3192
Jak3192
en fait pour gérer le problèmes psycho de l'EdF, l'inénarable Dr Simon, ne peut il oeuvrer ?
Un riz savant scie
Un riz savant scie
Les poncifs sur la société occidentale contemporaine qui cultive l’injonction au résultat, ça va. Qu’on me cite une seule culture humaine dans l’histoire qui ne considère pas la défaite comme un échec. Alors pour parler de types dont c’est le métier et la raison de vivre de gagner des titres.
Un riz savant scie
Un riz savant scie
Quelle banalité des propos : il faut savoir se nourrir de la défaite, il faut avoir envie de gagner, il ne faut pas avoir trop confiance. On dirait que cela a été écrit par la fusion démoniaque de PSA et de Brunel.
Stache
Stache
Ne pourrais t'on pas voir chez Urios, il me semble que seul en France le C.O. à un esprit ffighfing spirit comme les british
ced
ced
peut être qu'avant d'aller chez le psy il faudrait juste apprendre à faire une passe non ? prendre un intervalle, bien se positionner pour plaquer par exemple des trucs de rugby en fait sinon avec le psy on peut aussi augmenter le nombre de cures thermales, c'est important les cures thermales, tout autant que les bains de boues, ça permet d'avoir une meilleure mine et le grain de peau est plus fin
Bob morley tous
Bob morley tous
Rosbif à tous les repas
Cabal
Cabal
Y’a pas besoin de psy ça va encore faire des frais Balles neuves il faut virer Bernie ,moustache ,le toubib SS et Altran pour ce dernier depuis qu’ils l’ont écrit sur placard ils avancent plus. Avec toutes les valises qu’ils prennent c’est LOOK VOYAGES qu’ils auraient du prendre pour sponsor.
ginobigoudi
ginobigoudi
On sait déjà qui sera tête de liste pour aller chez le psy !... Et oui, un préparateur mental en reste au positivisme et au refus de l'échec, il doit donc bosser en binôme avec un psy... La cécité des résultats à tout prix, c'est Bernie et ses diktats chiffrés à l'adresse du Gitan... Au contraire, c'est dans le fond, du jeu, des têtes, du relâchement produit par la prise de distance, qu'une équipe et ses individualités peuvent bosser pour rompre la chaîne du "j'veux pas perdre" et de la panique en match... Bon, on est sûr au moins d'une chose : trop tapette-intello pour Jackie & Bernie... On en restera donc à "Yes we couilles !"...
Marc Couasnon
Marc Couasnon
Donc, si je comprends bien, il suffirait d'un préparateur mental pour gagner ...! Mais alors, comment ferait les autres, si nous on gagnait toutes les équipes ? Pour moi, ils feraient et comme ils sont tous meilleurs que nous, en cas d'égalité, ce serait toujours eux qui gagnerait ! Donc il y a, certainement d'autres solutions, non évoquées dans et article. Avant toutes choses, il faut former des joueurs de haut niveau, car il y a des carences à ce niveau, les piliers droits, par exemple, pénurie….pareil pour les 10, les 15… en gros pour tous les postes de l’EDF. Nous avons des bons joueurs , mais pas, de… grands joueurs, enfin pas assez ! La première serait de préparer les matchs afin de connaitre les points forts et les points faibles de nos joueurs. Ensuite faire la même chose avec nos adversaires. Etablir alors un plan de jeu (non strict), en s’appuyant sur leurs faiblesses et leurs points forts qui permettrait aussi à nos joueurs de s'éclater, car la rigueur, tétanise tout le monde et défavorise la liberté de s’exprimer. Qui empêche la Fédération de former une cellule « stratégique », qui préparerait les matchs et aiderait le staff à sélectionner des joueurs en fonction des différentes stratégies établies. Genre, contre telle équipe il faut être fort en défense sur la fin de match, et là le staff fait rentrer des défenseurs. Je ne sais pas moi, mais c’est là qu’il faut travailler, car avec la formation actuelle il nous faudra attendre quelques années avant qu’une nouvelle génération soit adaptée à un autre rugby.
Bachibouzouk
Bachibouzouk
Un bon coach, choisi parmi les meilleurs palmarès français, un vrai staff et de bons dirigeants honnêtes, le tout additionné de 2 ans de maturation minimum ! Voilà le remède psychologique miracle pour guérir ce XV de France...
potemkine09
potemkine09
Mettre la volonté de gagner sur le compte de l'éducation, c'est à mon avis minimiser l'impact de l'évolution: il est inscrit dans nos gênes que le plus adapté survit. Etre le meilleur, c'est avoir plus de chance de survivre, plus de chance de se reproduire, plus de chance de perpétuer l'espèce. La transcription de cet état naturel dans notre éducation est logique. L'Homme a beau se croire en dehors de la Nature, il est aussi un animal qui en subit les lois. Il manque aussi une dimension dans cette analyse: pourquoi des joueurs qui sont performants en club se craquellent quand ils arrivent en EdF?
MARCFANXV
MARCFANXV
Y'a un sacré moment qu'un staff aurait du dire aux mecs "Le strict résultat on s'en cague...Donnez-nous du contenu, rien que du contenu tentez, essayez des choses fussent-elles considérées comme folles dans votre quotidien en Top14 !".
Team Viscères
Team Viscères
5/ Jouer au rugby. La confiance ça se gagne aussi sur le terrain. Si on laissait notre équipe jouer sans tout remettre en cause à chaque match, on pourrait s'appuyer sur notre jeu pour valider des objectifs intermédiaires (marquer des essais sur des essais construits, imposer son jeu, etc.) même sans victoire et construire la confiance. Non pas la confiance en soi-même (j'ai le niveau) mais la confiance en notre rugby (on sait jouer, on peut jouer). Avec un tout petit peu plus de maîtrise en notre jeu et un tout petit peu plus de confiance, on tapait les Gallois sans souci. Mais comme à chaque défaite on change les joueurs et le jeu, on ne peut rien construire. On pourrait embaucher le meilleur préparateur mental du monde que cela ne changera rien, cela revient à essayer de construire une maison sans fondations sur du sable mouvant.
Ahma
Ahma
Avait-on vraiment besoin d'une psychologue pour établir ce catalogue de lieux communs ?
lelinzhou
lelinzhou
Quelle spirale négative ? Tous les voyants sont au vert : d'après Herr Doktor Simon, on va gagner le tournoi et d'après Bernie Krapul on va gagner la CdM. Cet article est donc totalement inutile, ce qui ne l'empêche pas d'être intéressant..
Garou-gorille
Garou-gorille
Au point où nous en sommes, il n'a plus que le jeûne pour avoir une équipe de morts de faim ! Ça tombe bien, il va y avoir du rosbif au menu !
Misterneo62
Misterneo62
Sérieusement, le rugbynistère fait ce que la FFR ne fait pas !
Krakinut
Krakinut
Ouaip, finalement pas mal de chose que l'on sait mais qui ne sont pas appliquée faute de budget mangé par Bernie
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