L’image est forte, presque cruelle. Mais elle est aussi réductrice. Car résumer la performance du demi d’ouverture anglais à ce seul coup de pied, c’est passer à côté de l’essentiel.
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En réalité, Smith a maîtrisé le tempo de la rencontre de bout en bout, imposant son rythme, son jeu au pied et sa lecture du match dans un Marcel-Deflandre pourtant habitué à broyer les visiteurs.
Smith en mode "sniper"
Smith termine le match avec 12 points (trois transformations, deux pénalités), un 100 % de réussite face aux perches, là où Ihaia West a laissé filer deux tentatives côté rochelais. Dans un match aussi serré, l’écart ne se fait pas sur des fulgurances, mais sur la rigueur. Et dans ce registre, l’ouvreur des Quins a été irréprochable.
La charnière a pesé, Friday bien présent ce dimanche
L’international anglais n’a pas été seul à orchestrer la domination territoriale et tactique. Aux côtés du numéro 10, le jeune demi de mêlée Lucas Friday a aussi apporté une fraîcheur et une précision précieuses. Âgé d’à peine 18 ans, Friday a fait souffler les siens grâce à son jeu au pied, 14 au total, et sa capacité à organiser la première phase de jeu.
Sa gestion du jeu court-long, dans un rôle de lien avec Smith, a permis aux Quins de contrôler le tempo dès le cœur du jeu, offrant à l’ouvreur anglais encore plus d’espace pour dicter le jeu au pied ou relancer dans les intervalles.
Stratégie parfaite
Dans le jeu au pied d’occupation, Smith a étouffé La Rochelle. Avec 9 coups de pied dans le jeu (3 de plus que West), tous pensés pour mettre la pression sur le fond de terrain adverse, il a constamment repoussé les Maritimes dans leur camp ; dont ils avaient du mal à sortir proprement. Ses chandelles, bien dosées et hautes, ont provoqué plusieurs fautes de main rochelaises. Des erreurs immédiatement sanctionnées.
Résultat, les Harlequins ont remporté 100 % de leurs mêlées, contre seulement 67 % pour le Stade Rochelais. Individuellement, sa copie est complète. 40 mètres gagnés ballon en main, 16 passes, une implication défensive correcte avec 5 plaquages, et un turnover gagné.
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Rien de spectaculaire sur le papier, mais une activité constante, toujours au service du collectif. Même son carton jaune, en début de seconde période, n’a pas fait dérailler les siens. Collectivement, l’empreinte de Smith saute aux yeux. Harlequins affiche 486 mètres parcourus, contre 334 pour La Rochelle. Si « Magic Marcus » est réputé pour ses percées flamboyantes, ses appuis de feu et ses gestes de classe, l’ouvreur est resté sobre, mais tout aussi impactant : choix justes, pied long, et refus systématique du jeu approximatif.
Quel Smith pour le Tournoi ?
Cette performance tombe aussi à point nommé dans un contexte international brûlant. Finn Smith est actuellement blessé, à quelques semaines du début du Tournoi des Six Nations. Dans ce duel à distance entre ouvreurs anglais, Marcus Smith envoie un message clair au staff de Steve Borthwick : il ne se contente pas de briller dans le jeu offensif, il sait aussi gagner des matchs à l’extérieur, en contrôlant le tempo, le territoire et la pression.
Face à une équipe de La Rochelle réputée pour sa puissance, son expérience et sa capacité à étouffer l’adversaire, Smith a renversé la logique. Sans éclats inutiles, sans gestes superflus. Juste avec une maîtrise totale du jeu au pied et de la gestion des temps faibles. La pénalité finale a fait tomber La Rochelle. Mais le match, Marcus Smith l’avait déjà
