De l’Europe au monde, un dernier cap à franchir
La France arrive à São Paulo avec une anomalie à corriger. Triple championne d’Europe en titre, après ses sacres de 2022, 2023 et 2025, elle n’a encore jamais décroché de médaille aux Championnats du monde. Les Bleus disputent l’édition 2026 au Brésil jusqu’au 24 août avec un groupe profondément renouvelé. Deux ans après leur cinquième place aux Jeux paralympiques de Paris, une nouvelle histoire commence.
Et le changement commence sur le banc. Adrien Chalmin, nommé entraîneur national en avril, a basculé du fauteuil au coaching après avoir porté pendant des années le maillot français. Ancien rugbyman de l’ASM avant son accident à 19 ans, il a aussi connu quatre participations aux Jeux paralympiques. À São Paulo, cinq joueurs français découvrent pour leur part un Mondial.
Chalmin veut d’abord reconstruire une identité
Malgré le poids des trois titres européens consécutifs, Chalmin refuse d’enfermer son groupe dans une obligation de médaille. « On ne parle pas forcément de résultat, de médaille, parce qu’on estime qu’on ne contrôle pas le résultat », explique-t-il à la Fédération Française Handisport. Le sélectionneur veut surtout retrouver une « signature française » capable de résister aux meilleures nations.
La logique rappelle finalement celle d’un XV qui change de génération : conserver suffisamment de vieux grognards pour transmettre les codes, tout en donnant les clés aux nouveaux. Cinq joueurs ont déjà connu un Mondial, cinq vont découvrir l’épreuve et deux autres possèdent une expérience internationale plus limitée. Derrière les chocs et le spectaculaire, le rugby-fauteuil reste un sport où les associations de joueurs et la complémentarité des classifications conditionnent énormément les équilibres d’une équipe.
Une médaille pour changer de dimension
Parce que la France a déjà prouvé qu’elle dominait son continent. Lors de l’Euro 2025 à La Haye, elle avait remporté ses cinq rencontres avant de battre le Danemark 53-49 en finale. Trois titres européens de suite constituent désormais une référence. Pour franchir l’étape suivante, il faut convertir cette régularité sur une compétition où l’Australie, les États-Unis ou encore le Japon appartiennent historiquement aux références mondiales.
Une première médaille donnerait donc une autre dimension au cycle lancé après Paris 2024, avec Los Angeles 2028 déjà en perspective. Mais le résultat de São Paulo dira aussi où se situe cette équipe rajeunie face à l’élite, après une cinquième place paralympique qui avait laissé des regrets. Le projet français doit maintenant réussir à conjuguer reconstruction et ambition immédiate.
Et si ce groupe parvient déjà à installer sa propre identité au Brésil, Chalmin aura posé une première pierre solide. Une médaille, elle, ferait carrément entrer cette génération dans l’histoire du rugby-fauteuil français.
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