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‘‘Si on rejouait la finale, le résultat serait différent’’ : un Leinster au bord de l’implosion tente de sauver les meubles

Après la débâcle spectaculaire de ses joueurs face à l’UBB, le manager du Leinster Leo Cullen tente de relativiser autour de la finale de Champions Cup.

Erwan Harzic 25/05/2026 à 11h49
Après la débâcle spectaculaire de ses joueurs face à l’UBB, le manager du Leinster Leo Cullen tente de relativiser autour de la finale de Champions Cup. - ©INPHO/Nick Elliott (EPCR)
Après la débâcle spectaculaire de ses joueurs face à l’UBB, le manager du Leinster Leo Cullen tente de relativiser autour de la finale de Champions Cup. - ©INPHO/Nick Elliott (EPCR)

Au fil des semaines, le manager du Leinster Rugby Leo Cullen semble encore un peu plus seul face au reste du monde. Ce samedi 23 mai, la lourde défaite de son équipe en finale de Champions Cup (41-19) contre l’Union Bordeaux-Bègles a donné encore un peu plus de carburant aux moteurs de ses détracteurs. En conférence de presse, l’homme fort de la province irlandaise a essayé de sauver les meubles tant bien que mal.

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Si on devait rejouer le match la semaine prochaine, ce ne serait pas le même résultat”, indiquait Leo Cullen face aux journalistes, selon des propos rapportés par Rugbyrama. En effet, le manager irlandais confiait que les joueurs de Yannick Bru “ont simplement été une fraction de seconde plus rapides que nous, et incroyablement réalistes”. Il affirme que “ce n'est pas comme s'il y avait des millions de kilomètres d'écart” entre les deux finalistes de cette édition 2025/2026 de la Champions Cup.

Toutefois, on observe que si l’UBB a effectivement été particulièrement réaliste, le Leinster Rugby, lui, affiche des statistiques loin d’être au niveau d’un vice-champion d’Europe. Face à une formation girondine à 92 % de réussite aux plaquages, les Irlandais sont à 83 %. Un écart notable qui fait particulièrement grincer des dents à ce niveau. De plus, cette observation n’a rien d’un épiphénomène, malheureux, puisque les Leinstermen affichent une bien triste moyenne de 82 % de plaquages réussis sur cet exercice 2025/2026 de la Champions Cup.

Après la rencontre, selon des propos publiés par Rugbypass, Leo Cullen a souligné la qualité de l’Union Bordeaux-Bègles. Cependant, il a demandé à ne pas jeter l'opprobre sur ses joueurs à la suite de cette saison : “Ils ont été tout simplement meilleurs que nous aujourd’hui. C’est quelque chose sur lequel nous devons réfléchir et essayer de nous améliorer. Peut-on s’améliorer pour atteindre une autre finale et la remporter, dans cette compétition, la saison prochaine ? C’est encore loin, n’est-ce pas ? Mais, c’est ce que tout le monde vise, tout le temps. Rien ne reste éternellement dans le sport, n’est-ce pas ?

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Le Leinster en plein doute

Sur l’ensemble de la saison, le Leinster a connu des difficultés chroniques dans plusieurs secteurs de jeu. Au-delà même des statistiques, les Dublinois n’arrivaient pas à développer un plan de jeu efficace. Cette observation est d’autant plus soulignée depuis l’arrivée de l’ancien sélectionneur sud-africain Jacques Nienaber comme entraîneur principal de la province. Par ailleurs, le coach champion du monde en 2023 devrait faire ses valises. Il quitterait l'Eire pour son pays d’origine, dans les semaines à venir.

Alors que l’un des deux artisans principaux de la sinistrose du Leinster semble sur le départ, l’avenir de Leo Cullen est aussi soumis à des questionnements. Ancien deuxième ligne international, le natif de Wicklow a joué pour le club de Dublin de 1998 à 2014, avec une parenthèse de deux ans aux Leicester Tigers entre 2005 et 2007. Ensuite, il a intégré le staff local dès sa retraite, avant d’en prendre les rênes en 2015. Onze ans après, il a permis à ses joueurs de gagner six titres en championnat et de soulever la Champions Cup en 2018. Toutefois, après cinq finales continentales perdues sur les huit dernières saisons, le crédit accumulé semble progressivement disparaître.

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La presse irlandaise s’impatiente

Dans les médias irlandais et anglo-saxons, plusieurs personnalités demandent plus ou moins explicitement son départ et un renouveau complet, en interne. C’est notamment le cas de Peter O’Reilly, responsable éditorial du rugby irlandais au Times, qui demande à ce que la finale perdue “ait des conséquences”. De l’autre côté, Leo Cullen a connu quelques tensions avec les journalistes ces derniers mois. Second d’United Rugby Championship, avec quelques défaites grinçantes à son actif, et rarement convaincant en Champions Cup, le torchon brûle entre les médias irlandais et la légende dublinoise.

Après la victoire contre le RC Toulon, en demi-finale de Champions Cup, le manager s’était emporté contre un journaliste, selon Rugbypass. Fatigué d’entendre les critiques sur le jeu pratiqué par son équipe, il avait tenu les propos suivants : “Écoutez, vous adorez nous descendre en public dès que ça ne tourne pas rond. Vous faites tout ce qui fait vendre, évidemment, parce qu’on en lit beaucoup. Le courage dont font preuve les joueurs, vous savez, c’est tout à l’honneur du groupe. On aimerait bien que tout le monde soutienne l’équipe maintenant, d’accord ? Ce n’est pas toujours très beau à voir, mais c’est le jeu. Il est incroyablement difficile de remporter cette compétition.

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