Une montée, un public fervent et une saison dans l'élite à assumer. Voilà ce que l'on retient de l'épisode vannetais de ces derniers jours. Les Bretons se sont imposés 18 à 14 en finale de ProD2 face à Provence Rugby, dans un match plus serré que l'on imaginait.
S'étendre dans le Nord-Ouest
Si sur le terrain, on attend de voir si les Morbihanais seront cette fois-ci au rendez-vous, en coulisse on prépare déjà la saison 2026-2027. En effet, le vice-président du club, Olivier Rome, annonce dans le Midi Olympique vouloir délocaliser deux à trois matchs de son équipe loin de La Rabine, et même en dehors de la Bretagne.
Trois sites sont visés pour accueillir les matchs du RCV l'année prochaine : Le Roazhon Park à Rennes, Le Stade de la Beaujoire à Nantes et même le Stade de France en région parisienne. Le dernier se trouve à plus de quatre heures de l'antre breton, pas de quoi décourager les supporters pour autant.
Refaire comme contre Grenoble
Si Olivier Rome réfléchit à délocaliser quelques rencontres du calendrier breton en dehors de La Rabine, c'est parce que le club a déjà réalisé ce projet lors de la saison de Pro D2. Le 16 novembre 2025, Vannes accueille Grenoble au Roazhon Park, à Rennes. Le stade de football devient une enceinte de rugby pleine à craquer le temps de 80 minutes.
Les places se sont vendues en quinze minutes chrono, malgré un stade qui fait plus du double de la capacité de La Rabine (29 000 contre 12 000).
Olivier Rome passe à l'étape supérieure la saison prochaine, avec les 35 000 places de la Beaujoire, et les 80 000 du Stade de France.
Garder les pieds sur Terre
Seul club de rugby du Nord-Ouest de la France, le RCV suscite un engouement fort. Le club devient un pôle attractif à des centaines de kilomètres des remparts vannetais.
Le vice-président reste conscient des enjeux et apporte de la nuance à ses ambitions. Comme annoncé dans le Midi Olympique, « Tout dépendra du coach, du calendrier et du classement. »
La délocalisation volontaire : une pratique réservée aux villes "d'élite"
La délocalisation volontaire est une chance pour les clubs. Elle permet l'extension de l'image à une plus grande échelle (que ce soit pour la capacité d'un stade plus grand, ou la présence du match dans une ville voisine), avec des retombées économiques intéressantes sur le long terme.
Cependant, cette pratique reste réservée aux clubs disposant de deux atouts : une source de financement viable et un stade voisin plus grand que la maison habituelle. Durant cette saison de Top 14, seuls Bayonne, Toulon, Toulouse et Bordeaux ont délocalisé VOLONTAIREMENT au moins une rencontre dans un autre stade.
Toulouse : Le Stadium (Toulouse)
Bordeaux : Le Matmut Atlantique (Bordeaux)
Toulon : L'Orange Vélodrome (Marseille)
Bayonne : Anoeta (San Sebastian, Espagne)
C'est une opportunité qui sourit aux grandes villes (Toulouse, Bordeaux) ou aux villes voisines (Toulon et Marseille, Bayonne et San Sebastian), hébergeant un club de football et de rugby de haut niveau. Les clubs de ballon rond louent leur enceinte, souvent plus grande et plus moderne, à leurs camarades du ballon ovale. Le succès est au rendez-vous, les stades trouvent public.
Le succès sera sans doute au rendez-vous niveau financier, mais niveau sportif c'est une difficulté supplémentaire. Le Racing, Toulon ou Bayonne peuvent en témoigner.