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Pourquoi la nouvelle consigne arbitrale sur les mauls pourrait libérer beaucoup plus d’espace pour les trois-quarts ?

Un défenseur coincé du mauvais côté du maul doit désormais sortir. Un détail d’arbitrage qui pourrait ouvrir de vrais boulevards derrière.

Thibault Perrin 01/09/2026 à 19h28
Un défenseur coincé du mauvais côté du maul doit désormais sortir. Un détail d’arbitrage qui pourrait ouvrir de vrais boulevards derrière. ©INPHO/James Crombie
Un défenseur coincé du mauvais côté du maul doit désormais sortir. Un détail d’arbitrage qui pourrait ouvrir de vrais boulevards derrière. ©INPHO/James Crombie

Une consigne qui change la défense du maul

À quelques jours de la reprise du TOP 14, une consigne arbitrale pourrait avoir des effets bien au-delà des cinq mètres. Depuis le 1er juin, World Rugby demande davantage de rigueur avec les défenseurs qui se retrouvent du mauvais côté d’un maul. Lorsque la lutte est terminée, un joueur passé au-delà du ballon doit sortir s’il n’est plus en position de pousser légalement. Il ne peut plus rester accroché pour tirer ou faire écrouler l’ensemble. Et point important : World Rugby précise qu’il ne s’agit pas d’un changement de règle.

Rassie Erasmus applaudit cette évolution. Après le deuxième test entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande, remporté 33-26 par les Springboks, il a expliqué que certaines défenses pouvaient auparavant stopper un maul avec quatre joueurs en travaillant autour du ballon porté. Désormais, elles doivent engager davantage d’avants. Deux des trois essais sud-africains avaient d’ailleurs été construits après des ballons portés.

VIDEO. 246 passes, quatre essais et huit franchissements : comment les All Blacks ont réussi à perdre contre les Springboks

Pourquoi les trois-quarts peuvent y gagner

L’intérêt dépasse le traditionnel concours de déménageurs près de la ligne. Si davantage de défenseurs doivent participer au maul, ils ne peuvent plus conserver deux troisièmes lignes et un talonneur disponibles dans le premier rideau. Erasmus parle d’un « vide » créé autour de cette phase. Pour l’attaque, cela signifie surtout moins de densité défensive sur les extérieurs.

On retrouve une vieille logique du rugby : fixer pour mieux jouer ailleurs. Le maul devient presque un pick-and-go géant. L’équipe attaque l’axe, oblige la défense à resserrer les boulons, puis cherche l’espace sur les côtés. Pour un ouvreur placé derrière un ballon porté qui avance, une sortie rapide peut offrir un surnombre sans avoir besoin d’empiler les temps de jeu.

Les joueurs qui se retrouvent du « mauvais » côté du maul, après une domination initiale lors de la mise en place, deviennent souvent inefficaces dans le duel et dans la manière dont le ballon est joué.

Quels sont les principaux éléments observables ?

  • Le duel pour le ballon est terminé, et
  • Le joueur se place au-delà du ballon et/ou en position de traction/d'entraînement.

Quelles sont les actions clés ?

  • Il est demandé aux joueurs de prendre conscience que lorsqu'ils se déplacent au-delà du ballon et hors de la mêlée, ils quittent le maul.
  • Il est demandé aux arbitres d'identifier, de gérer et/ou de sanctionner

La loi reste inchangée. La directive, qui s'applique aux nouvelles compétitions débutant à compter du 1er juin 2026 ou à celles qui souhaitent l'utiliser en cours de saison, permet de clarifier les situations complexes lorsque la lutte pour la possession du ballon ou l'espace est déjà gagnée. 

Rassie voit déjà un effet sur les essais

Erasmus relie même cette évolution au nombre d’essais observé récemment. Son idée n’est pas que tous viennent directement des mauls. La menace du ballon porté modifie la répartition défensive et peut libérer les trois-quarts sur la phase suivante. Les Springboks rappellent ainsi qu’un rugby très frontal peut aussi fabriquer de l’espace, avec parfois le charme discret d’un coffre-fort.

Pour le TOP 14, qui reprend samedi 5 septembre, le détail mérite donc d’être surveillé dès les premières touches à cinq mètres. Les équipes disposant d’un gros alignement et d’un maul déjà rodé pourraient gagner deux fois : d’abord en avançant, ensuite en obligeant l’adversaire à engager davantage de défenseurs autour du regroupement. La première journée arrive donc avec un petit nouveau à observer sur les ralentis.

Le vrai test commence maintenant

La directive reste récente et il faudra davantage de matchs pour mesurer précisément son impact statistique. Mais l’idée défendue par Erasmus est déjà lisible sur le tableau noir : si la défense remet davantage de gros bras dans le maul, les artistes récupèrent de l’oxygène un peu plus loin.

VIDEO. À 12m du toit du stade : deux avions de ligne surgissent avant Springboks–All Blacks dans une scène presque irréelle
Hugo
Hugo

Moi j'aimerais revenir à l'expérimentation d'il y a quelques années ou on pouvait ecrouler les mauls.


Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF

C'est pas faux. les mauls sont devenus trop importants dans les résultats. On a souvent des équipes qui provoquent des fautes puis vont en pénaltouche et marquent sur maul. Sans faire de jeu. C'est pénible. Il faudrait trouver un moyen, une règle pour que ces mauls soient un peu moins systématiquement vecteurs d'essais.