La défaite de Toulouse à Bordeaux en Champions Cup a relancé la machine à critiques autour d'Antoine Dupont. Jeu au pied discutable, choix parfois hasardeux, peu de fulgurances. Face aux interrogations, Clément Poitrenaud n'a pas esquivé à l'orée du déplacement à Castres en TOP 14. Et dans son argumentaire, une formule bien connu dans le rugby français a refait surface. Celle du « syndrome Michalak ». « Quand vous avez montré tellement des choses incroyables, dès que vous êtes un peu moins bon, on vous dit médiocre », a lâché le coach des arrières via Rugbyrama.
Antoine Dupont : pourquoi sa trajectoire pourrait « copier » celle de Brian O’DriscollPourquoi cette comparaison n'est pas innocente
Sortir Michalak du chapeau pour défendre Dupont, ce n'est pas un choix anodin. Frédéric Michalak, c'est toute une génération de supporters français qui a vécu l'ascenseur émotionnel en version intégrale. Chouchou un soir, bouc émissaire le suivant. Le joueur qui avait fait chavirer les fans en 2003 avant d'être renvoyé à ses études six mois plus tard. Poitrenaud, qui a partagé le vestiaire des Bleus et de Toulouse avec lui, sait où il va en utilisant cette référence. Il renvoie le débat à sa vraie nature : une question de regard collectif, pas de niveau individuel.
Le pack bordelais, le vrai sujet du match
Pour pouvoir critiquer 'utile', il faut aussi savoir de quoi on parle. « Les avants bordelais ont été plus agressifs. Ils se sont bien déplacés et ils ont donné beaucoup de solutions à Maxime Lucu, ce fut donc plus facile pour lui de jouer. » Le rugby, ça commence devant. Quand votre pack recule, quand les rucks sont moins propres, même un demi de mêlée hors normes galère. Et Dupont ne fait pas exception. Le coach toulousain le dit clairement : un numéro 9, aussi fort soit-il, reste dépendant de ce qui se passe devant.
Pointer Dupont sans regarder ce qui se passe du 1 au 8, c'est rater une partie du sujet. S'il a si souvent régaler au soutien, c'est aussi parce que ses coéquipiers exploitaient les intervalles et mettaient de l'avancée. Ce qui est peut-être un peu moins le cas à présent. En raison parfois de choix stratégiques, mais aussi de l'adversaire. Chaque match est différent. Et on ne peut pas demander à Dupont de régaler chaque week-end de la même manière. Et de toujours faire les bons choix.
Un gabarit de carrière à géométrie variable
Dupont revient d'une rupture du ligament croisé antérieur contractée en mars 2025 face à l'Irlande. Une deuxième sur le même genou, après celle de 2018. Onze mois sans rugby, un retour en novembre avec Toulouse, un Tournoi des 6 Nations avalé dans la foulée. Poitrenaud ne s'en cache pas. « La masse de travail qu'il a effectuée pour revenir de sa blessure à un genou, ajoutée à toute l'intensité que peut représenter un Tournoi dans son intégralité, laisse forcément des traces. » Traduction : le staff gère son temps de jeu. Et il faudra encore le gérer.
Le principal intéressé ne l'a d'ailleurs pas caché. Depuis sa reprise, et n'en déplaise à ceux qui estiment qu'il ne bouffe pas assez de rugby, Dupont a beaucoup enchaîné, et n'a pas vraiment coupé avec l'ovalie. Et s'il a retrouvé ses sensations physiquement, il a surtout été touché mentalement durant le 6 Nations. Après avoir habitué les fans à tout encaisser, le demi de mêlée rappelle à tous qu'il est un être humain.
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Poitrenaud de rappeler que Toulouse a toujours piloté le cas Dupont à part. Entre les sollicitations du XV de France classique, celles du 7 aux Jeux Olympiques. Et maintenant les suites d'une grosse opération. Rien de nouveau dans la méthode. Ce qui change, c'est l'intensité du regard extérieur. Dupont ne peut plus avoir de match moyen sans que la planète rugby n'en fasse un sujet de débat national. Poitrenaud assume que son joueur accepte ce statut. Il assume aussi que le club, lui, va continuer de protéger son capitaine de ses propres excès et de ceux des autres.
Ce que ça change pour Toulouse et les Bleus
Derrière les mots, il y a une stratégie. Laissez-le respirer, le meilleur reviendra. Pour le Stade Toulousain, en course pour les phases finales du Top 14 et écarté de la Champions Cup, la suite de saison doit servir à remettre Dupont en rythme sans forcer. Pour les Bleus, c'est pareil. Le temps joue pour Dupont, pas contre lui. À condition de ne pas céder à la panique.
La Coupe du monde, ce n'est pas pour tout de suite. Il reste suffisamment de rencontres internationales, de matchs sous tension en championnat comme en coupe d'Europe, pour lui permettre d'élever son niveau de jeu. Mais aussi de le faire évoluer, comme il a déjà commencé à le faire, vers quelque chose de plus collectif, moins sensationnel peut-être, mais toujours aussi décisif. Poitrenaud a fait son boulot de coach. Il a cité Michalak, mais c'est surtout aux supporters et observateurs, qu'il a tendu le miroir.
Suis d'accord avec Poitrenaud... Avec le surdoué Michalack, me souviens du lynchage après sa demi ratée contre les anglais alors qu'il n'avait que 19 ans si je ne dis pas de bêtises. Et cela a lourdement pesé sur la suite de sa carrière...
Pareil pour Castaignède...
L'inconstance française........................
Idem