Quand on dit Stade Toulousain, on pense bien sûr à ses envolées, son mouvement perpétuel et ses mouvements capables de faire lever Ernest-Wallon. Mais dimanche, face à Bayonne (45-34), les champions de France ont rappelé qu'ils savaient aussi gagner autrement.
Car une fois n'est pas coutume, ce sont les Basques qui ont fait feu de tout bois. Portés par des trois-quarts particulièrement inspirés, les visiteurs ont bousculé pendant 60 minutes Toulouse, inhabituellement imprécis dans la conservation et la continuité du jeu.
La puissance des gros
Alors, quand le jeu de mains ne suffit plus, place au jeu d'avants ! À 3 reprises (et même 4 si l'on compte le désaxage ayant permis l'essai de Baille), les Rouge et Noir ont déployé des ballons portés dévastateurs, transformant leurs pénaltouches en véritables tirs à bout portant.
Au volant du poids lourd toulousain ? Julien Marchand, qui vient de renouveler sa capacité de transports et demeure toujours aussi impeccable dans sa conduite. Le talonneur international a signé un doublé aux 26e et 34e minutes, parfaitement escorté par ses gros dans l'en-but bayonnais.
Et quand l'Aviron a repris les commandes après la pause (24-27), Toulouse a ressorti la même recette. Cette fois, Joshua Brennan a conclu un nouveau maul à la 62e minute. Trois essais, quinze points : le pack avait fait son travail.
Bouilhou les fait bien travailler
Derrière cette efficacité, il y a évidemment une science collective. La précision en touche, la liaison des soutiens, la maîtrise de l'axe de poussée : autant de détails qui rendent ces séquences terriblement difficiles à défendre.
C'est peut-être là toute la force du champion. On le sait, Toulouse fait lever les tribunes avec ses arrières magiques, mais gagne aussi ses titres à la force de ses avants. Au Wallon comme en déplacement, quand le rugby champagne coince, c'est le rouleau compresseur prend le relais.
Ce n'est pas une nouveauté, les succès du ST des dernières années sont avant tout gagnés grâce à leur pack qui est le plus puissant.
Bien sûr, il y a du talent derrière mais one ne ve pas refaire l'histoire du rugby... On sait où ça commence et ce qui est fondamental.
Quand ils sont bousculés devant, ça grippe la machine, on l'a vu contre le MHR.
Sinon, hors sujet, c'est la nouvelle coiffure ou Romain Ntamack s'est afiné ? J'ai cette impression visuelle soutenue par le fait que je le trouve plus vif que ces dernières années.
ça me fait penser au mec un peu frustré par ses blessures aux jambes qui s'est vengé sur la muscu du haut du corps pour se passer les nerfs mais qui l'a un peu payé en devenant plus lourd et là, il me semble retrouver un meilleur équilibre...