3 millions de recettes disparaissent
Vendredi soir, Mont-de-Marsan a lancé sa saison de Nationale par un 47-0 contre Vienne. Sur la pelouse de Boniface, la descente avait presque des allures de démonstration. Dans les comptes, elle reste brutale. « Le club n’est pas en crise mais en échec », résume au Midi Olympique Jean-Robert Cazeaux, qui chiffre désormais précisément le choc financier.
Le premier trou vient des droits commerciaux de la LNR, intégralement perdus : entre 2 et 2,5 millions d’euros. À cela s’ajoutent les baisses attendues sur la billetterie et le partenariat, malgré la fidélité de la majorité des partenaires. L’estimation du président montois est nette : environ 3 millions d’euros de recettes disparaissent après la relégation.
Faire trois millions d’économie tout en gardant le projet structurant, car nous conservons quatre-vingts salariés, ça génère une situation financière délicate à gérer sur la saison.
80 salariés à conserver
Rapporté au budget précédent de 8,5 millions d’euros, ce manque à gagner représente un ordre de grandeur supérieur à 35 %. La comparaison permet de mesurer ce qu’une descente signifie derrière les mots « projet sportif » ou « reconstruction ». Un effectif peut être remanié en quelques semaines. Une entreprise installée autour d’un club professionnel ne se réduit pas aussi facilement.
Et Mont-de-Marsan conserve 80 salariés. Le Stade montois doit donc absorber une chute massive de ressources sans démonter la structure construite pendant ses années de Pro D2. Cazeaux parle de gestion « en bon père de famille », une expression un peu datée qui retrouve soudain une utilité très moderne.
Les fonds propres passent en première ligne
Cette prudence passée offre aujourd’hui un amortisseur. Le président confirme que le club devra puiser dans ses fonds propres, constitués au-delà du minimum légal, pour traverser la saison 2026-2027. Ces réserves, pensées pour sécuriser et développer le Stade montois, vont désormais servir à encaisser les conséquences d’un échec sportif.
Le public constitue l’autre variable. Les abonnements ont baissé de 10 à 15 %, alors que la billetterie fait partie des recettes directement exposées. Le 47-0 passé à Vienne peut donc compter au-delà des cinq points : Cazeaux estime qu’un visage séduisant ramènera les Montois au stade. Dans ce contexte, remplir Guy-Boniface devient aussi un enjeu économique.
Chaque saison loin de la Pro D2 a un prix
Mont-de-Marsan possède encore du temps, des partenaires restés fidèles et des réserves pour amortir le choc. Mais trois millions d’euros de recettes en moins ne se compensent pas uniquement avec une série de victoires. La remontée rapide reste le scénario qui protège le mieux une structure de 80 salariés. Après avoir frappé fort pour sa première en Nationale, le Stade montois sait désormais ce que chaque saison loin de la Pro D2 peut coûter.
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