News

Commotions : plus de 500 anciens joueurs restent dans la course face à World Rugby après une décision de la Haute Cour

Plus de 500 anciens rugbymen risquaient de voir leur procédure s’arrêter pour des pièces médicales manquantes. La justice britannique en a décidé autrement.

Thibault Perrin 22/08/2026 à 10h02
Nouveau tournant judiciaire dans le dossier des commotions : la Haute Cour refuse de mettre fin aux actions de plus de 500 anciens joueurs de rugby. Image : Canva
Nouveau tournant judiciaire dans le dossier des commotions : la Haute Cour refuse de mettre fin aux actions de plus de 500 anciens joueurs de rugby. Image : Canva

La Haute Cour laisse les dossiers en vie

World Rugby et quatre instances britanniques n’ont pas obtenu la fin anticipée d’une partie majeure du contentieux sur les commotions. Vendredi 21 août, la Haute Cour de Londres a refusé d’écarter les procédures engagées par plus de 500 anciens joueurs de rugby à XV et à XIII. Les défendeurs reprochaient notamment aux précédents avocats des plaignants de ne pas avoir fourni certains dossiers médicaux réclamés. Le juge Jeremy Cook a toutefois considéré que les joueurs concernés n’étaient pas responsables de ces manquements : les « demandeurs individuels ne sont pas à blâmer », écrit-il dans sa décision. Les pièces manquantes devront néanmoins être produites.

Le dossier dépasse largement ces 500 plaintes contestées. Il est question de près de 800 anciens joueurs à XV engagés dans la procédure, avec notamment Steve Thompson et Phil Vickery, champions du monde 2003 avec l’Angleterre. Plus de 300 anciens joueurs de rugby à XIII mènent également une action parallèle. Les plaignants affirment que la répétition de chocs, commotionnés ou non, a participé au développement de graves troubles neurologiques.

Une victoire procédurale, pas encore sur le fond

La Haute Cour n’a pas établi que World Rugby ou les fédérations étaient responsables des pathologies avancées par les anciens joueurs. Elle n’a pas davantage reconnu juridiquement un lien de causalité entre leur pratique du rugby et leurs problèmes neurologiques. Et aucune date de procès n’a été annoncée. Jeremy Cook a simplement refusé que les dossiers concernés disparaissent à ce stade pour des problèmes liés à la production de documents.

C’est pourtant une étape importante dans une procédure lancée en 2022 et déjà ralentie par les questions de transmission de pièces. Pour les anciens joueurs, l’enjeu consiste désormais à pouvoir défendre leurs arguments sur le fond. Parce que derrière les centaines de dossiers, le débat porte sur une question autrement plus lourde : quelles connaissances les instances possédaient-elles sur les risques neurologiques à long terme et quelles obligations avaient-elles envers leurs joueurs ? Les plaignants leur reprochent précisément d’avoir manqué à leur devoir de protection.

World Rugby continue de contester sa responsabilité

World Rugby, la RFU et la fédération galloise rejettent cette lecture. Reuters rapporte qu’elles contestent l’existence d’un devoir de protection couvrant les risques neurologiques graves à long terme. Dans sa défense, World Rugby soutient également que les blessures constituent un risque inhérent à la pratique du rugby. Après la décision, les trois instances ont indiqué souhaiter que la procédure puisse désormais avancer « dans l’intérêt des joueurs et du sport ».

Et c’est probablement là que cette affaire dépasse les portes de la Haute Cour. Dans un rugby où chaque contact à la tête est désormais disséqué image par image le week-end, la justice britannique s’intéresse aussi à plusieurs décennies de pratique. Steve Thompson, 73 sélections avec l’Angleterre, symbolise forcément cette génération : champion du monde en 2003, il se retrouve aujourd’hui parmi ceux qui demandent à la justice d’examiner la responsabilité des instances.

Une affaire encore loin de son dénouement

La décision du 21 août ne désigne donc ni vainqueur sur le fond, ni responsable. Elle écarte simplement, pour plus de 500 anciens joueurs, le scénario d’une procédure stoppée avant que leurs arguments puissent poursuivre leur chemin judiciaire. Dans une affaire commencée il y a quatre ans, c’est déjà loin d’être anodin.

Aucun commentaire pour le moment...