News

Malgré leur immense débauche d’énergie, les Bleues s’inclinent face à l’Angleterre (28-43)

L’écart était trop grand, mais les Bleues n’ont vraiment pas à rougir : elles se sont donné à fond et ont longtemps fait douter les championnes du monde en titre.

Nathan Heuillet 17/05/2026 à 19h57
Léa Murie, à l’initiative du premier essai français, a parfaitement lancé les hostilités.©France TV
Léa Murie, à l’initiative du premier essai français, a parfaitement lancé les hostilités.©France TV

Les Françaises s’inclinent à nouveau face à l’Angleterre en finale du Tournoi des 6 Nations féminin sur le score de 28 à 43.

Mais quelle débauche d’énergie de la part des Tricolores, qui ont longtemps fait douter les intouchables voisines d’outre-Manche.

Les championnes du monde se sont souvent remises à leur malice et à un pragmatisme évidemment iconique. Les Françaises terminent deuxièmes du Tournoi des 6 Nations 2026.

21 ans, 2 essais en 4 sélections : Pauline Barrat peut devenir le nouveau visage du rugby féminin

Quelle intensitée !

Les Bleues avaient démarré tambour battant, avec la percée de Léa Murie qui bat trois Anglaises avant que Pauline Bourdon-Sansus ne s’offre son premier essai au quart d’heure de jeu.

Mais les Françaises ont ensuite subi l’expérience des Anglaises, qui, contre toute attente, ont tenté de casser le rythme par des fautes répétées, retardant la sortie des ballons pour l’arrière-garde tricolore.

Les contacts sont âpres, mais ce sont les Françaises qui dominent en conquête, guidées par l’immense Madoussou Fall, omniprésente en défense, qui soignent un peu plus leurs statistiques dans cette compétition avec une moyenne de 98 % de plaquages réussis.

À la mi-temps, les Bleues concèdent un retard de 19 points, mais restent toujours dans le match et vont le prouver dès le début de la deuxième période.

À la 54e puis à la 59e minute, les Bleues relancent leurs espoirs avec notamment le doublé de Pauline Bourdon-Sansus, précieuse en attaque pour le XV de France et qui n’a pas eu à démériter.

Anaïs Grando s’est elle aussi trouvée à la conclusion d’une belle offensive tricolore, profitant d’un bon décalage pour marquer son quatrième essai en sélection.

Essais toujours transformés par la botte de Carla Arbez (100%), qui s’est admirablement bien sortie de la pression des Red Roses.

Mais l’écart est trop grand entre les deux équipes : ces Anglaises se sont fait peur, mais infligent une nouvelle défaite aux Françaises sur le score de 28 à 43.

Elles marquent 6 essais sur leurs 7 incursions dans les 22 mètres françaises, une statistique qui en dit long sur le pragmatisme des championnes du monde en titre.

La malice britannique

Dans le jeu, les françaises ont étaient trés certainement meilleures, en compansant l'écart conséquent de niveau par une débauche d'nergie exceptionelle.

Poussant les anglaises à usé de malice, trois fois le jeu est arrêté pour eviter d'entrée en colision avec des Red Roses, restaient au sol pour casser le rythme.

L’occasion pour elles de dicter le tempo dans des moments clés, d’autant que le XV de France féminin est composé de nombreuses jeunes joueuses : sur le XV de départ, elles étaient huit joueuses de moins de 25 ans.

Pas une mauvaise chose pour Pauline Bourdon-Sansus.

« On a construit un nouveau groupe en quelques semaines et je suis très fière de ce qu’on a réussi à produire aujourd’hui. Ce sont les détails qui font la différence, on n’a pas été assez cliniques. Mais c’est un nouveau cycle, on a encore quatre ans pour arriver prêtes à la prochaine Coupe du monde. Avec l'arrivée de nouvelles joueuses on se pose moins de questions, en défense on s’envoie, le fait d’avoir un peu de jeunesse et de fougue nous apporte beaucoup d’énergie, et je suis vraiment très fière des filles. Je pense qu'on est sur la bonne voie. »
Pauline Bourdon-Sansus au micro de France TV.

21 duels remportés, 3 passes décisives : le danger insoupçonné du XV de France féminin s’appelle Meg Jones

Fall, Champon et Murrie hors normes

Si Pauline Bourdon-Sansus s’est montrée des plus remuantes, certaines de ses décisions furent parfois un peu confuses. Difficile de jouer à la mêlée face à l’une des meilleures conquêtes du monde (si ce n’est la meilleure).

Mais force est de constater que les Tricolores ont su s’appuyer sur d’autres leaders, à l’image de Madoussou Fall-Raclot et Léa Champon, qui, à chaque prise de balle, ont dominé les collisions.

Léa Murie s’est d’abord exprimée en dévorant le moindre espace dans le premier acte, avec trois lignes cassées et cinq défenseures battues.

O'Livey
O'Livey

Y'a pas à dire, elles son tombées sur meilleures qu'elles, comme c'est le cas depuis presque une décennie maintenant. Après, je reste optimiste, parce que même si c'est vrai que c'était aussi le cas chez les anglaises, il nous manquait beaucoup de personnel. Une Vernier aurait vraiment fait du bien à cette équipe. On perd parce qu'on est pas assez propres, trop de petites erreurs, une touche complètement défaillante en 1ere période. Individuellement, je sortirais PBS, qui fait un match monstrueux. Après, tout le paquet d'avant sort un gros match, Fall ou Feleu on a l'habitude, mais les Lazarko, Mwayembe, Champon qu'on avait pas forcément en tête au début du tournoi sortent un grand tournoi aussi. Rousset, qui m'avait laissé de marbre jusque là, sort aussi un gros match. Celle qui m'a déçu en revanche, c'est Barrat. Excellente sur les choix offensifs, même si la réalisation technique laisse parfois à désirer (cette passe ratée sur une combi en mêlée à 5m de la ligne anglaise...), elle a clairement une excellente vision et de sacrés crochets, par contre, c'est moi ou... elle se traine? Sur une action en 1ere mi-temps, sur une contre attaque anglaise, elle défend à l'aile, comme dernière défenseuse, se fait déborder, et au lieu de poursuivre, elle trotine en retrait, pendant que Rousset et l'ailière (me souvient plus si c'était Grando ou Murie) se démennent comme des dingues pour revenir en travers. Idem, l'essai sur l'aile de Breach en 2e mi-temps, sur un beau lancement anglais, elle est en bonne position pour revenir, mais coupe son effort, enfin je suis même pas sur qu'elle l'ait commencé.
J'ai été un peu gêné par l'arbitrage des hors jeu. On ne perd pas à cause de l'arbitre, il y a quelques décisions qui m'ont fait hausser le sourcil, dans les deux sens, mais l'arbitrage de la ligne de hors jeu, là ça m'a paru compliqué. Kabeya, la 7 anglaise, m'a semblé réussir à monter très haut systématiquement, j'ai même vu la pilier anglaise monter en pointe en 2e mi-temps, alors qu'elle était sur le terrain depuis le début du match, ça m'a paru un peu gros par moment. La hauteur des placages qui m'a fait sourciller un peu aussi, Chambon se prend un jaune sur le seul placage haut pénalisé du match, je vois pas le contact tête tête mais là je suis prêt à reconnaitre que j'ai de la mouise dans les yeux, par contre si celui là doit être sifflé, y'en a un paquet qui auraient du l'être aussi, les anglaises avaient clairement l'objectif de plaquer haut pour éviter les offloads français, ça me semble toujours aussi étonnant qu'elles se fassent jamais pénaliser là dessus.
Enfin bref, la logique des choses a été respectée, les anglaises restent au dessus et n'ont pas volé leur énième titre d'affilée.


👍 1
Aristaxe
Aristaxe

Le problème c'est qu'il y avait encore plus d'absentes chez les anglaises. Pas de Tatyana Heard au centre, pas de Natasha Hunt à la mêlée, pas de Alex Matthews ni de Zoe Aldcroft en troisième ligne, pas de Abbie Ward ni de Morwenna Talling en deuxième ligne, pas de Hannah Botterman en première ligne. Et ça c'est juste le XV de départ, sinon on pourrait aussi parler des absences de Cliffort, Galligan et autres... C'était l'année où jamais pour les battre, et on ne l'a pas fait, ce qui me conforte dans le fait qu'on ne les battra jamais tant qu'on ne donnera pas aux joueuses le même niveau de professionalisme que les anglaises. Parce qu'en attendant, on demande aux joueuses et au staff de compenser ce déficit, ce qui est bien évidemment impossible.
J'espère qu'un jour on se réveillera en se disant que 19 défaites consécutives face à l'Angleterre ça n'est pas acceptable, parce que si ça arrivait chez les mecs, ce serait révolution et branle-bas de combat. Mais là, comme c'est "que" chez les filles, on se dit que ça va, que c'est pas grave. On se complaît dans la médiocrité.


Sinon je suis d'accord avec toi sur Barrat, elle est lente, et en plus de ça ne fait aucun effort sur certaines actions. Quant à l'arbitrage, il a été très mauvais dans les deux sens je trouve. Clara Munarini n'a pas le niveau pour ce genre de rencontre. On l'avait déjà vu face à l'Irlande plus tôt.


👍 4
dusqual
dusqual

je suis assez d'accord
pour moi, il devient évident que les équipes féminines doivent passer pros et pour plusieurs raisons.


la première étant bien entendu l'égalité des genres.
je vais pas dire tout ce que j'en pense parce qu'il y en a beaucoup trop, mais pour résumer, je ne comprends pas qu'à notre époque on ait encore ce genre de différence de traitement entre hommes et femmes.


la deuxième est bien entendu l'équité sportive. plus on avance dans le temps et plus la différence entre des pros et des amateurs va creuser l'écart. d'ailleurs comme tu le soulignes, les anglaises ont énormément d'absentes et c'est une équipe B qui vient nous planter le visage dans la terre chez nous.


je pense qu'il est grand temps d'imposer aux clubs pros d'avoir une équipe féminine pro elle aussi et de renégocier les droits télé pour les inclure.
c'est sûr qu'au début, ça va être un peu lent à se mettre en place, et qu'elles seront pas grassement payées comme les garçons, mais si on se bouge pas, on ne fera que retarder l'échéance.


elles doivent pouvoir en faire leur métier et se consacrer pleinement à leur passion.


👍 4
Roger Coudenlair
Roger Coudenlair

J'allais dire la même chose concernant la différence entre les anglaises et nos françaises qui se battent avec leurs armes mais ne peuvent rivaliser.
Feleu qui prépare son internat de médecine, d'autres encore étudiantes elles aussi car elles savent que ce n'est pas le rugby qui les fera vivre, sans parler de celles qui travaillent...
Bref, l'écart se creuse comme on a pu le voir hier...


O'Livey
O'Livey

Bien d'accord, je pense cependant que la profondeur d'effectif anglaise, largement supérieure à la notre, fait aussi que les absences, même de joueuses cadres, a moins d'impact que pour nous. Il y a beaucoup moins d'écart entre leur 1er et 2e choix, à presque tout les postes, que pour nous. L'écart entre Vernier et Feleu est clairement encore énorme. Nos ailières, même si elles rendent une belle copie hier, sont loin du niveau d'Arbey, Boulard ou Grisez (ou même Llorrens, elle devient quoi elle d'ailleur?). Si on perd Fall ou Bourdon, c'est à peu près fichu. On a quelques joueuses qui font plus que lutter à armes égales avec les anglaises, et sont carrément au dessus. Vernier, Bourdon et Fall, je pense que y'a pas mieux mondialement.
Je réitère cependant que oui, maintenant qu'on a un staff qui tient la route, le principal axe de progression devient le proffessionalisme des joueuses.


👍 1