Il y a des finales serrées, irrespirables. Et puis il y a celle-ci. Ce vendredi, à San Mamés, Montpellier a écrasé l’Ulster 59-26 en finale de Challenge Cup, avec neuf essais inscrits et un troisième titre dans la compétition. Les Nord-Irlandais avaient pourtant frappé les premiers par Nick Timoney dès la 2e minute, avant de disparaître progressivement sous la puissance héraultaise. À la pause, le MHR menait déjà 26-12. Alex Bécognée a été élu homme du match, symbole d’un pack montpelliérain dominant, dur au contact, mais aussi très propre dans l’exécution.
Les chiffres disent tout ou presque
La stat qui résume le mieux la finale n’est pas forcément la possession. Plutôt équilibrée avec 46,58 % pour Montpellier contre 53,42 % pour l’Ulster. C’est ce que le MHR en a fait. Avec moins de ballons, les Cistes ont avancé quasiment autant que l’Ulster, 307 mètres contre 306. Mais ils ont surtout mieux transformé chaque séquence.
Montpellier a battu 21 défenseurs contre 20, franchi 5 fois contre 8 pour l’Ulster, mais a été beaucoup plus clinique près des lignes. Neuf essais avec moins de 50 % de possession, c’est le signe d’une équipe qui n’a pas besoin d’occuper longtemps pour faire mal.
Le MHR a gagné là où ça compte
Ce succès s’est construit dans les endroits où les matchs couperets se décident souvent. Les collisions. Les sorties de camp. Les ballons de récupération. Montpellier a remporté 23 turnovers contre 19, a réussi 88,89 % de ses mêlées et 100 % de ses touches. Quand l’Ulster a plafonné à 80 % en mêlée et 71,43 % sur ses lancers. Dit autrement, le MHR a été solide sur les fondamentaux. Et derrière, les individualités ont puni. Donovan Taofifenua a signé un doublé, Billy Vunipola a marqué, Lenni Nouchi aussi, puis le banc a continué le chantier avec Baptiste Erdocio et Wilfrid Hounkpatin.
‘‘Il y a 2 clubs au-dessus’’, le MHR prêt à dévorer les cadors du Top 14 ?Bécognée, Nouchi, Uelese : le moteur était devant
Dans une finale, les grands discours tactiques finissent souvent par se résumer à une question simple : qui fait la différence ? Montpellier a eu plusieurs réponses. Nouchi termine meilleur plaqueur héraultais avec 16 plaquages. Jordan Uelese et Alex Bécognée ont chacun gratté deux turnovers. Tandis que ce dernier a aussi été l’un des joueurs les plus utilisés dans le jeu courant avec 10 ballons joués à la main. Le MHR n’a pas seulement envoyé ses gros au charbon. Il les a utilisés comme des relais, des points de fixation, des déclencheurs.
L’Ulster a existé, mais jamais assez longtemps
Attention, l’Ulster n’a pas été ridicule sur chaque séquence. Cormac Izuchukwu a avancé, Mike Lowry a trouvé des espaces, Robert Baloucoune a marqué. Les Irlandais ont même davantage franchi que Montpellier. Mais ils ont trop souvent joué en réaction. Avec une défense incapable de refermer la porte après le premier rideau. Les 12 plaquages manqués montpelliérains n’ont pas coûté aussi cher que le manque de maîtrise nord-irlandais. La presse étrangère note d’ailleurs que l’Ulster a été puni par ses erreurs, exploitées avec une efficacité froide par Montpellier.
Le vrai enseignement pour les phases finales du TOP 14
Pour les autres clubs de TOP 14, le message est clair. Montpellier arrive avec un rugby de phases finales : conquête solide, puissance devant, banc impactant, efficacité maximale en zone de marque. C’est souvent le rugby plus pénible à subir en juin. Et surtout le plus efficace. Quand une équipe peut marquer par ses avants, ses ailiers, son banc et son capitaine de combat, elle devient difficile à cibler. Et ce MHR-là n’a pas seulement gagné une finale européenne. Il a envoyé un avertissement.
Cette Challenge Cup ne garantit rien pour la suite. Le TOP 14 reste une autre jungle. Mais ce 59-26 raconte quelque chose : Montpellier a retrouvé une identité dure, directe, assumée. Et quand ce club-là avance comme un seul homme, il vaut mieux ne pas être sur la trajectoire.
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