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Le double champion d’Europe reste à quai, comment l’UBB a pu en arriver là ?

Battue par Clermont lors de la dernière journée (31-34), l'UBB a laissé filer sa place dans le Top 6. Un échec retentissant pour le double champion d'Europe en titre.

Nathan Renaux 07/06/2026 à 12h02
Pourtant invaincu en Champions Cup, Yannick Bru n'a pas su trouver la solution en Top 14. ©INPHO/Steve Haag Sports/Christiaan Kotze
Pourtant invaincu en Champions Cup, Yannick Bru n'a pas su trouver la solution en Top 14. ©INPHO/Steve Haag Sports/Christiaan Kotze

Le coup de sifflet final a figé le stade Chaban-Delmas dans le silence. Quelques minutes plus tôt, l'UBB semblait pourtant tenir sa qualification. Devant à la pause (24-14) face à Clermont, les Girondins avaient leur destin entre les mains.

Mais comme trop souvent cette saison, les hommes de Yannick Bru ont craqué au pire moment. Renversés en seconde période (31-34), ils terminent finalement à la 8e place du classement et regarderont les phases finales depuis leur canapé pour la première fois depuis cinq ans. Pour un club qui restait sur deux finales de Top 14 consécutives et deux sacres européens, l'élimination a tout d'un séisme.

Une saison passée constamment sur le fil

Si la chute paraît brutale, elle n'est pas totalement inattendue. Depuis plusieurs mois, Bordeaux avançait sur une ligne de crête. Souvent capable de coups d'éclat, l'UBB a également laissé échapper de nombreux points précieux. Avant cette ultime journée, les Bordelais occupaient déjà une fragile sixième place, sans réelle marge sur leurs poursuivants.

Le scénario de la défaite face à Clermont résume finalement parfaitement leur saison, une équipe capable du meilleur pendant quarante minutes, mais trop souvent incapable de maîtriser ses matchs jusqu'au bout.

Stade Rochelais. 127 kilos de potentiel, direction la Pro D2 pour grandir encore

Chaban-Delmas fragilisé

L'une des principales explications se trouve à domicile. La saison dernière, Bordeaux ne s'était incliné qu'à deux reprises à Chaban-Delmas. Cette année, les Girondins ont chuté quatre fois devant leur public. Surtout, ces revers ont tous été concédés face à des concurrents directs : Montpellier, Pau, le Stade Français. La dernière contre Clermont a donc été celle de trop.

Autant de rencontres qui ont pesé lourd dans la course au Top 6. Dans un championnat toujours plus serré, Bordeaux a payé au prix fort son incapacité à faire de son stade une forteresse imprenable.

Une attaque moins dominante dans un Top 14 qui marque davantage

À première vue, les chiffres offensifs pourraient sembler satisfaisants. Avec 822 points inscrits contre 762 la saison passée, l'UBB a même augmenté sa production. Le problème est ailleurs dans un Top 14 qui a changé de dimension offensivement. Le nombre total de points marqués dans le championnat est passé de 9 602 à 10 677 en un an. Résultat, malgré ses 822 points, Bordeaux ne possède plus que la sixième attaque du championnat.

Dans le même temps, la défense s'est nettement dégradée. Troisième défense la saison dernière avec 609 points encaissés, l'UBB en a concédé 719 cette saison. Une différence considérable qui a coûté de nombreux matchs serrés.

L'absence de Depoortère, le tournant de la saison ?

L’autre symbole de cette baisse de régime est probablement la production individuelle des trois-quarts bordelais. Seuls deux joueurs de l'UBB figurent dans le Top 20 des meilleurs marqueurs d'essais du championnat avec Louis Bielle-Biarrey, 4e avec 13 essais, et Nicolas Depoortère, 18e avec 9 réalisations.

Avant Bielle-Biarrey, Ashton ou Wainiqolo, il y a eu Puidebois, l'ailier aux 27 essais !

Un chiffre d'autant plus frappant que Depoortère n'a plus joué depuis le mois de mars. Blessé à l'épaule avec le XV de France lors du Tournoi des Six Nations contre l'Écosse, le centre international a manqué toute la fin de saison après son opération.

Son absence a profondément désorganisé les lignes arrière bordelaises. Damian Penaud a notamment dû glisser au centre sur plusieurs rencontres, perdant une partie de son impact offensif sur son aile. Privée de l'un de ses meilleurs centres au moment d'aborder le sprint final, l'UBB n'a jamais vraiment retrouvé son équilibre.

Une élimination qui interroge

Double champion d'Europe, finaliste du Top 14 lors des deux dernières saisons, Bordeaux semblait installé parmi les poids lourds du rugby français. Cette huitième place rappelle pourtant la difficulté de confirmer au plus haut niveau. Entre une défense moins performante, des contre-performances à domicile et des blessures majeures, les Girondins ont accumulé trop de handicaps pour espérer prolonger leur série de qualifications. Le champion d'Europe est tombé. Et la chute est aussi brutale qu'inattendue.

lebonbernieCGunther
lebonbernieCGunther

UBB trop dépendante de ses cadres. Leurs doublures loin derrière, dans un Top 14 éreintant qui demande aujourd'hui d'avoir 30 ou 35 joueurs de très haut niveau, et Bordeaux ne les a pas. Et puis cette farce grotesque des doublons qui vient semer un peu plus la mouise et tout fausser...
Alors maintenant: Allez la Section! Je suis de tout coeur avec vous!


Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF

Les saisons de top 14 deviennent vraiment des tours de force. Surtout quand on joue la CCup et le top 14.
Il manque encore certainement à l'UBB une profondeur d'effectif à certains postes. Reus est un bon joueur en devenir (arrivé en cours de saison en plus ... ) mais force est de constater qu'actuellement, il n'y a pas de doublure à Jallibert encore à l'UBB. Je pense aussi qu'un joueur comme Tatafu, non remplacé finalement par Du Preez pour des raisons de commotions, a joué dans cette saison un peu chaotique. La blessure de Woki, et celle de Depoortere surtout, ont vraiment été préjudiciables. Le top 14 a monté encore d'un niveau et pas mal d'équipes prétendent sérieusement maintenant au titre. Il est bien difficile de prétendre désigner un favori pour cette fin de saison, même si le ST est le club ayant le plus d'expérience, mais il ne présente pas le meilleur jeu.


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lebonbernieCGunther
lebonbernieCGunther

J'ai bien peur que cette année soit celle du MHR d'Altrad et Laporte.... Beurk!


Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF

On verra ... Il y a la Section paloise, mais un peu en manque d'expérience pour les phases finales et Toulouse qui est un peu un mystère pour moi en cette fin de saison. Soit ils passent à la trappe en demie sans grand panache (comme ils jouent actuellement) , soit ils cachent leur jeu ...


Pour le MHR, je suis assez d'accord avec toi surtout en ce qui concerne les deux escrocs dont tu parles. Lors de leur victoire en Challenge j'ai lu souvent des articles vantant la "revanche" de Laporte, etc ... bref toujours la même rengaine ubuesque et saoulante.
Par contre, et même si leur jeu est un peu basique et frontal, on peut quand même saluer les qualités de Caudullo qui a bien restructuré l'équipe. J'avoue qu'il m'a surpris.


pascalbulroland
pascalbulroland

C'est à ni rien comprendre...j'suis tombé de ma chaise quand j'ai vu les résultats hier soir.
Rassurez vous , rien de cassé, mais quel finish des Rochelais qui ont tout gagné depuis la 21 eme journée pour se qualifier.


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