C’est un trésor qui est mis à l’abri des championnats européens. Depuis le début de l’ère professionnelle du rugby, il est particulièrement compliqué d’obtenir les services d’un All Black au sommet de sa forme. Pour cause, la sélection avec l’équipe nationale est soumise à une réglementation stricte, mais qui commence à montrer ses limites. Actuellement, pour jouer avec la fougère argentée sur le cœur, il faut être sous contrat avec la fédération de Nouvelle-Zélande (NZR) et avoir disputé un match dans une compétition affiliée à cette dernière. Présentement, c’est cette deuxième condition qui est sujette à des discussions.
« Pas besoin d’un autre fiasco » : la nomination du sélectionneur des All Blacks fait couler de l'encreUne règle et un timing
Pour cause, plusieurs éléments importants du vivier néo-zélandais sont attendus au pays pour cet été. De plus, les All Blacks défient les Springboks et diverses formations sud-africaines pour la première édition de la tournée Greatest Rivalry. Cette nouvelle attraction du rugby sudiste se déroulera entre le 7 août et le 12 septembre. Pour l’occasion, les deux sélections aimeraient disposer de leurs meilleurs joueurs.
Cependant, la première occasion qu’auraient les Néo-Zélandais, de retour au pays, de postuler à une échéance reconnue par la NZR serait lors du NPC, le championnat national des provinces. Néanmoins, les premières rencontres de cette compétition n'ont lieu qu'au début du mois d'août, alors que le premier groupe des All Blacks du nouveau sélectionneur Dave Rennie doit être annoncé fin juin. Pourtant, la plupart des joueurs partis vivre une expérience hors d’Océanie et prêts à revenir dans l’Aotearoa seront disponibles, mais ne pourront pas être appelés.
Le coup de maître de l'Afrique du Sud : prolongation XXL pour Erasmus, le message est clairLe cas Fainga’anuku
L’année dernière, le retour de Leicester Fainga’anuku avait déjà mis en lumière cette problématique. Ce dernier a vu son contrat avec le RC Toulon se terminer à la fin du mois de juin. Le joueur montrait un excellent état de forme et les supporters varois étaient bien tristes de le voir partir. Cependant, il n’avait pas pu prendre part à la tournée face au XV de France et à une majeure partie du Rugby Championship.
À ce moment-là, une dérogation avait été pensée pour le joueur, à condition qu’il figure sur au moins une affiche de NPC d’ici la fin de l’été. Malgré cette exception rarissime, il n’était apparu avec les All Blacks qu’à partir du 4 octobre, après un test-match avec les Barbarians et cinq matchs avec sa province. Il avait été titularisé à l'aile lors de l'ultime rencontre de Rugby Championship face à l'Australie, pour un succès bonifié 14-28.
''Tu reviens, mais tu ne joues pas'' : la petite claque subie par Fainga'anukuDe beaux joueurs de retour
Pour l’été 2026, l’idée d’abolir cette règle d’une rencontre disputée en Super Rugby ou avec une province revient en force. Pour cause, on ne parle plus d’un joueur, mais bien de plusieurs éléments expérimentés et de classe mondiale qui pourraient manquer les rendez-vous estivaux. Ces gros noms pourraient rater les tout nouveaux évènements du rugby international, soit le Championnat des nations et le Greatest Rivalry Tour. Problème : cette situation n'arrange pas grand monde, du sélectionneur aux dirigeants en incluant les joueurs eux-mêmes.
Parmi les concernés, on peut citer quatre joueurs notables. Bien évidemment, il y a Rieko Ioane (29 ans, 88 caps) qui joue au Leinster cette saison, comme l’a fait Jordie Barrett l’année précédente. Ensuite, Shannon Frizell (32 ans, 33 caps), Richie Mo’unga (31 ans, 56 caps) et Anton Lienert-Brown (30 ans, 88 caps) vont revenir du pays du Soleil levant, après une aventure dans le championnat japonais.
Plus de flexibilité chez les All Blacks ?
Ainsi, certaines voix se sont levées en Nouvelle-Zélande. Par exemple, l’ancien All Blacks Jeff Wilson (60 caps) critique l’utilité de cette règle et pense qu’elle nuit à la sélection. “Personnellement, la raison principale de leur retour est simple : améliorer les performances des All Blacks. La manière et le moment où ils procèdent doivent être choisis. Je pense que cela doit être fait le plus tôt possible. Disputer 40 minutes arbitraires de rugby NPC ne vous aide pas à mieux jouer pour les All Blacks. Je considère leur retour possible dès qu'ils sont en forme et en Nouvelle-Zélande”, indiquait-il sur Sky Sport, selon des propos rapportés par Rugbypass.
Actuellement, des rumeurs d’une dérogation potentielle pour Shannon Frizell et Richie Mo’unga agitent les médias néo-zélandais. L'entraîneur principal de l'équipe d'Auckland en NPC et ancien All Black Steven Bates souhaitait voir ces deux hommes de retour dès cet été. Il a plaidé cette cause dans le podcast The Breakdown : “Voulons-nous progresser ? Si la réponse est oui, Rennie ou les instances dirigeantes doivent prendre une décision. Alors, laissons-les faire et progressons !”
Ainsi, si des dérogations sont accordées plus fréquemment, voire si la règle d’un match disputé en NPC est abolie, une telle décision pourrait avoir des conséquences importantes. Les joueurs pourraient plus facilement être tentés par des contrats courts, soit de décembre à fin juin, dans d’autres championnats que le Super Rugby. Ainsi, des transferts tels que ceux observés au Leinster avec Jordie Barrett et Rieko Ioane pourraient devenir fréquents. Comme Dan Carter à l'USAP en 2008-2009, sans les blessures, on pourrait alors imaginer voir les génies de la fougère argentée venir en Top 14, le temps de quelques mois…
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