Rieko Ioane au Leinster : que peut vraiment apporter l’All Black aux 38 essais à la province irlandaise ?
Rieko Ioane rejoint le Leinster : un atout imprévisible pour conquérir la Champions Cup. Crédit image : Screenshot Youtube Leinster Rugby TV
Ioane, le détonateur All Black, peut-il déclencher la révolution tant attendue au Leinster ? Une arrivée qui pourrait bien changer la donne des finales ratées.

Un All Black de plus à Dublin

Après Jordie Barrett, c’est désormais Rieko Ioane qui débarque au Leinster. L’international néo-zélandais (88 sélections, 38 essais avec les All Blacks) rejoint une province qui, malgré une armada internationale, n’a plus remporté la Champions Cup depuis 2018. Pire : quatre finales perdues entre 2019 et 2024, puis une élimination surprise face aux Saints en demi-finale l’an passé (34–37).

"Je suis venu l’esprit ouvert, prêt à apprendre, prêt à progresser..."

Dans sa première interview au club, Ioane a confié son état d’esprit : « Je suis venu l’esprit ouvert, prêt à apprendre, prêt à progresser… J’ai vraiment hâte de me retrouver confronté à toutes la pression liée au jeu et à la préparation avec l’équipe. »

Un profil taillé pour le Leinster ?

Rieko Ioane arrive comme un "game breaker" pur jus : accélération foudroyante, capacité à faire vivre le ballon et à casser la première tentative de plaquage. Dans le système offensif du Leinster — basé sur des sorties de balle rapides, des variations dans la largeur et des placements cliniques — son profil peut ouvrir un registre encore plus vertical.

L’un des manques récurrents du Leinster sur les finales européennes concerne justement la capacité à créer de l’incertitude individuelle dans les moments chauds. Quand le plan ne suffit plus, les Irlandais se sont parfois retrouvés sans solution malgré tous les talents présents dans leur ligne d'attaque. Ioane, lui, est précisément ce joueur capable de faire basculer un match sur une lecture, une course tranchante, une fixation gagnante.

"Il débarque sans le bagage émotionnel des finales perdues..."

Son vécu au centre et à l’aile est également précieux : il peut couvrir plusieurs configurations tactiques, et s’intégrer aussi bien dans un rôle de franchisseur que de facilitateur des extérieurs. Surtout, il débarque sans le bagage émotionnel des finales perdues et surtout avec l'envie de remporter un titre. Ce que n'a pas réussi à faire son coéquipier chez les Blacks, Jordie Barrett.

Barrett, Nacewa… et maintenant Ioane : L’héritage des Kiwis se poursuit

Ioane l’a rappelé avec un sourire : « Mes deux parents ont joué au niveau international… on n’a jamais vu d’images d’eux mais d’après eux, ils étaient plutôt bons ! » Cette culture du rugby, de l’exigence et du collectif colle parfaitement avec l’ADN du Leinster, où la préparation, la gestion de la pression et le détail technique sont des marqueurs forts.

Rieko s’est aussi renseigné auprès de Jordie Barrett : « Il n’avait que de bons souvenirs… et beaucoup de golf ! Il n’y avait rien de négatif à dire sur l’environnement ici. » Après les passages de Nacewa, Brad Thorn, Charlie Ngatai ou dernièrement Barrett, cette nouvelle arrivée en provenance du pays au long nuage blanc perpétue la tradition. Si le dernier cité n'a remporté que le titre en URC, Ioane entend bien inscrire son nom au palmarès de la Champions Cup comme Nacewa en 2009, 2011, 2012 et 2018, Thorn en 2012 et Ngatai en 2023.

L'atout imprévisible du Leinster ?

Sportivement, Ioane est un boost immédiat sur plusieurs points :

  • un finisseur d’élite pour transformer la domination en points;
  • un accélérateur capable de débloquer les défenses serrées de Champions Cup;
  • un joueur d’expérience pour épauler les jeunes talents offensifs;
  • une option tactique supplémentaire pour Leo Cullen, notamment face aux équipes françaises qui montent fort sur les extérieurs.

Pour lui, c’est l’occasion de sortir de la pression permanente du Super Rugby et de se frotter à une compétition européenne plus rugueuse, plus tactique, souvent plus stratégique. L’environnement ultra-structuré du Leinster pourrait lui permettre de polir encore son jeu sans perdre sa spontanéité, un équilibre parfois difficile à trouver chez les All Blacks ces dernières années.

Un moment charnière dans sa carrière

A 28 ans, Rieko Ioane se trouve en effet à un moment charnière de sa carrière. Autrefois indéboulonnable, il a vu la concurrence lui souffler la priorité. Le sélectionneur néo-zélandais n'avait pas hésité à se passer de lui en septembre dernier pour le choc face aux Boks. Lui préférant le néo-capé Leroy Carter. Sa polyvalence fait qu'il est aussi en opposition avec Proctor ou encore Fainga’anuku pour ne citer qu'eux. Sans oublier les puissants Caleb Clarke et Queen Tuipua. Et chez les All Blacks, la moindre méforme se paie cash.

Moins prolifique qu'en 2017/2018 où il avait inscrit 23 essais dont 13 en seulement 14 sélections à 21 ans, il n'en reste pas moins un joueur talentueux. A deux ans de la coupe du monde en Australie, cette parenthèse européenne pourrait lui faire le plus grand bien. Et lui permettre d'ajouter plus de cordes à son arc afin de prouver à Scott Robertson qu'il a bien sa place dans le XV de départ des All Blacks. Si le Leinster cherchait un joueur capable d’apporter un supplément d’âme dans les rendez-vous qui comptent, il l’a peut-être trouvé : Rieko Ioane arrive avec envie, humilité… et l’arme qui manque aux finales : l’imprévisible.

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