À La Rochelle, le souvenir du printemps 2026 laisse une drôle d’impression. Les Maritimes avaient retrouvé du jeu et du plaisir avant de terminer leur saison sur une gifle, 45-5 face au Stade Français en barrage. À trois jours de recevoir Toulouse pour ouvrir le Top 14, Grégory Alldritt fixe une priorité claire : ne plus attendre d’avoir « le pistolet sur la tempe » pour gagner. Dès septembre, La Rochelle veut jouer et avancer.
Ronan O’Gara pourrait rester 12 saisons à La Rochelle, un symbole rare de stabilité dans le rugby professionnelLes absences ont poussé La Rochelle vers un autre rugby
Le changement dépasse la simple question du démarrage. La saison dernière a obligé le Stade Rochelais à modifier une partie de son ADN. La rupture du tendon d’Achille de Will Skelton et la retraite forcée d’Uini Atonio ont privé le pack de deux joueurs autour desquels sa puissance avait été construite. Alldritt reconnaît via le Midi Olympique qu’il n’avait pas imaginé ce virage vers davantage de vitesse et de mouvement. Puis les Rochelais y ont pris goût.
On aurait presque pu ranger l’ancien La Rochelle dans la catégorie des équipes dont on connaissait le scénario avant le coup d’envoi. Une mêlée qui avance, des collisions gagnées et des avants capables de faire durer le supplice. Le nouveau visage aperçu au printemps a déplacé le centre de gravité. Nolann Le Garrec apporte notamment un tempo différent de celui de Tawera Kerr-Barlow, une évolution également relevée par Ronan O’Gara.
La mêlée rochelaise a perdu son statut de refuge
Mais une équipe ne peut pas devenir mobile en acceptant de reculer sur ses bases. La Rochelle a terminé la saison avec la mêlée la plus pénalisée du Top 14. Un constat qu’Alldritt ne maquille pas. Le barrage perdu à Jean-Bouin l’a rappelé : la conquête a coûté des points et beaucoup d’énergie. Pour un club qui avait fait de ce secteur une signature pendant près d’une décennie, ça pique.
Le chantier d’août a donc eu quelque chose de très rochelais : des répétitions, encore des répétitions. Uini Atonio, désormais entraîneur de la mêlée après 330 matchs en Jaune et Noir, a fait monter le travail jusqu’à quatre séances par semaine, troisième ligne comprise. Alldritt insiste sur son rôle dans la poussée et l’énergie transmise au cinq de devant. Il ne promet pas une domination immédiate. Il pose une limite : « hors de question d’être dominé ».
TOP 14. 5 troisièmes lignes absents et 2 Espoirs qui poussent : Toulouse prépare une rotation inattendue à La RochelleRetrouver la puissance sans remonter le temps
La Rochelle ne cherche pas à rejouer exactement le rugby de ses titres européens. Elle veut conserver ce qu’elle a découvert dans le mouvement tout en récupérant une plateforme suffisamment stable pour l’exprimer. Parce qu’un ballon sorti en reculant transforme vite un projet de vitesse en séance de survie, surtout face aux meilleures défenses du championnat.
Et le calendrier ne laisse aucun sas de décompression. Toulouse arrive dimanche soir à Marcel-Deflandre pour la première journée, auréolé d’un quatrième Brennus consécutif. Alldritt le présente comme un moyen immédiat de savoir où en est son équipe. Le résultat comptera, évidemment, mais le contrôle technique sera ailleurs : La Rochelle peut-elle avancer devant sans perdre cette envie de jouer retrouvée au printemps ? Si oui, son nouveau visage pourra enfin tenir sur une saison entière.
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