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ÉDITO. Après les interrogations, place aux réponses sur le pré pour Antoine Dupont ?

Absent depuis un mois pour des adducteurs sifflants, Antoine Dupont revient surtout d'une rupture des ligaments croisés, qui ne l'a mentalement jamais lâchée.

Mayeul Duponcel 16/06/2026 à 12h30
Dupont retrouvera-t-il le niveau qu'il avait avant les croisés ? Crédit : EPCR ©INPHO/James Crombie
Dupont retrouvera-t-il le niveau qu'il avait avant les croisés ? Crédit : EPCR ©INPHO/James Crombie

Vendredi soir, le Stade Toulousain s'oppose à un Racing 92 déjà monté en puissance pour aller chercher une place en finale de Top 14. Pour cela, les sextuples champions d'Europe auront besoin de leurs meilleurs joueurs, dont Antoine Dupont, lui qui a du mal à retrouver son niveau après les ligaments croisés.

Dupont, le réveil d'un lion blessé

Il y a des absences qui se voient, et d'autres qui se ressentent. Depuis son retour des croisés, Antoine Dupont est là, sur la potentielle feuille de match contre le Racing ce week-end en demi-finale. Mais au final, est-il vraiment présent ?

Longtemps que l'on n'a pas vu l'étincelle de celui qui dépose des valises, qui change le cours d'un match d'un simple crochet, ou d'une passe cachée. Longtemps que l'on n'a pas vu celui dont les adversaires parlent le plus en causerie d'avant-match.

Le "Ministre de l'Intérieur" tourne au ralenti depuis près d'un an. Dans le contexte d'un Toulouse qui n'est plus favori pour le championnat, une réalité mérite d'être posée : le meilleur joueur du monde n'est pas encore revenu.

Des Haut-Garonnais qui ne sont plus favoris, au profit d'un MHR en grande pompe, qu'aucun bookmaker ne voit perdre jusqu'à la prise en main du bouclier de Brennus.

L'ombre d'un genou

Les blessures au genou sont traitres : leur lisibilité ne se réduit pas seulement à l'IRM. Car dans les têtes des sportifs, c'est le souk. En phase de reprise, l'hésitation d'un appui posé trop loin du centre de gravité est un risque. Chose qui ne l'était pas avant la blessure.

Une fraction de seconde de réflexion qui, chez un joueur ordinaire ne change rien. Mais chez Antoine Dupont, ça change de manière radicale son style de jeu. Car c'est dans cet espace infinitésimal que réside son génie. Le point d'attaque de sa blessure se trouve ici, silencieusement.

Et depuis, le Toulousain livre des prestations mi-figue, mi-raisin. Propre, juste, efficace... mais jamais étincelant. Toutes les malices dont il avait le secret restent en sourdine. Comme si le moteur tournait, mais que le turbo n'avait pas redémarré.

Et les chiffres à son égard ne mentent pas : ses statistiques de franchissement et de mètres gagnés ballon en main sont au rabais, par rapport à ses standards d'avant.

Un Dupont à 70% est un très bon joueur. Mais les prestations en demi-teinte du Stade Toulousain posent la question d'une "Dupont-dépendance".

Désormais, Toulouse avance, et Dupont suit

Ce qui est remarquable, et quelque chose de rassurant au passage pour les supporters toulousains, c'est que le club haut-garonnais a continué à gagner sans avoir besoin d'un Dupont au sommet de son art.

Le demi de mêlée a beau ne pas avoir retrouvé son top niveau, il ne faut pas en faire une fatalité non plus. Toulouse a quand même fini 1er de la phase régulière de Top 14, chose à ne pas négliger.

La profondeur de l'effectif rouge et noir, avec un collectif huilé par des années passées ensemble, et des jeunes sortis du centre qui viennent casser la baraque, ont permis d'absorber ce "léger" manque. Ntamack, Ramos, Graou, Flament, Gourgues, Élias : la machine continue de tourner sans son chef de gare habituel.

En revanche, bien que premiers de phase régulière, les Toulousains s'attaquent aux phases finales : une autre histoire. C'est le rugby des détails, des scores étriqués, du faux-pas puni, d'une étincelle...

Le Racing, adversaire idéal pour se réveiller ?

Après avoir battu les Palois chez eux pour la seule et unique fois de la saison, les Racingmen s'attaquent au plus gros poisson du lac : le Stade Toulousain. Alors que l'affiche aurait semblé déséquilibré il y a un mois de cela, aujourd'hui l'étau se resserre. La bande à Collazo devient embêtante à apprivoiser.

Mais c'est peut-être là que le déclic pourrait avoir lieu. Ce duel au Vélodrome n'a rien d'une opposition confortable pour le Stade Toulousain.

Le Racing débarque avec toute sa confiance d'un match gagné face à une équipe qui n'avait jusqu'à lors jamais perdu à domicile.

« C'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure confiture ». Et c'est là où réside le paradoxe des grands joueurs : plus le match est étouffant car l'adversaire est solide, plus ils brillent. Comme si la résistance était un carburant de leur génie.

Absent durant le mois de mai pour un pépin aux adducteurs, Antoine Dupont devrait vraisemblablement faire son retour vendredi soir au Vélodrome.

Ugo Mola, gestionnaire du confort

La défaite du Stade Toulousain face au Racing, lors de la dernière journée de phase régulière, ne reflète en rien ce qu'il risque de se produire, au Vélodrome vendredi soir. Le technicien avait fait tourner son effectif pour permettre à certains de se reposer, et à Dupont de soulager ses adducteurs.

Les Racingmen vont arriver à Marseille avec seulement six jours de repos dans les jambes et dans les têtes. Le Stade Toulousain a eu deux semaines.

Antoine Dupont, s'il est aligné en tant que titulaire, aura le luxe de disposer de coéquipiers frais, et de grande qualité. Un atout de taille pour reprendre la confiance perdue depuis novembre 2025, et sa première apparition post-croisés, face à qui ? Le Racing 92...

pascalbulroland
pascalbulroland

"Les Ramingen vont arriver à Marseille " ??? Coquille ! ; )
Perso, je mettrai Dupont remplacant, mais c'est un avis donné du canapé de chez moi...


Mayeul Duponcel
Mayeul Duponcel

Excellent ! Merci beaucoup pour la correction !