À la 70e minute de France – Italie (33-8), dimanche lors de la 3e journée du Tournoi des 6 Nations 2026, l'ailier italien Louis Lynagh a écopé d’un carton jaune pour un en-avant jugé volontaire en position défensive. Sur une phase offensive française, l’ailier italien intervient sur Lenni Nouchi et le ballon file vers l’avant.
L’arbitre sanctionne immédiatement d’une pénalité assortie d’un carton jaune. La vidéo a même été demandé pour contrôlé s'il n'y avait pas essai de pénalité. Finalement pas accordé. Sur les réseaux, plusieurs supporters ont estimé la décision sévère, considérant que Lynagh tentait simplement de plaquer. Les Bleus menaient déjà, mais cette supériorité numérique a peut-être facilité la quête du bonus offensif.
Que dit la règle ?
La situation est encadrée par la Loi 11 du règlement de World Rugby. Un en-avant se produit lorsqu’un joueur perd la possession du ballon vers l’avant ou touche le ballon vers l’avant avec la main ou le bras. Dans sa forme classique, la sanction est une mêlée.
Mais la clé se situe ailleurs : dans l’intention. Si le geste est jugé volontaire et qu’il empêche une action offensive, on bascule vers la Loi 9 sur le jeu déloyal. Dans ce cas, la sanction peut aller de la pénalité au carton jaune, voire à l’essai de pénalité si une occasion manifeste d’essai est annihilée. Tout repose donc sur l’analyse du geste.
Choc naturel ou geste vers le ballon ?
Sur les images, Lynagh monte en défense et lance le bras dans la zone de passe. La question centrale est simple : cherche-t-il à plaquer ou à jouer le ballon ? L’arbitre a considéré qu’il y avait une action vers le ballon, ce qui correspond aux critères d’un en-avant volontaire.
Au niveau international, quatre éléments sont généralement scrutés : le mouvement du bras (est-il orienté vers la balle ?), la direction du regard, la distance par rapport au porteur voire la possibilité réaliste d’intercepter proprement dans le cas où il s'agit d'une interception manquée.
Certains supporters sur les réseaux sociaux ont estimé que le geste pouvait s’inscrire dans un mouvement naturel de plaquage. Et qu'il visait le bras du Tricolore. Et non le cuir. Mais dans l’interprétation actuelle, dès lors qu’un bras est déployé pour contrer la passe et que le ballon part clairement vers l’avant, la notion d’antijeu est rapidement retenue.
Un carton déterminant mais pas décisif
Ces dernières saisons, on a vu plus de sévérité sur les "knock-on" volontaires, notamment pour protéger le jeu offensif et éviter les “fautes tactiques”. Le doute profite rarement au défenseur. Ici, l’arbitre n’a pas accordé d’essai de pénalité, estimant qu’il n’y avait pas d’occasion manifeste d’essai, ce qui nuance la décision. Et ce, même si aucun supporter ne doutait de la capacité de Bielle-Biarrey d'aller en Terre promise dans ce cas de figure. Mais le carton jaune s’inscrit dans la logique actuelle d’interprétation.
À 15 contre 15, l’Italie aurait-elle pu freiner davantage la fin de match française ? Impossible à affirmer. Les Bleus n’avaient pas besoin de ce coup de pouce pour s’imposer, mais en supériorité numérique, les espaces s’ouvrent plus vite et la pression défensive s’étire. Dans la course au classement, le bonus offensif peut peser lourd. Sévère dans le ressenti, cohérent dans le cadre réglementaire. C’est souvent là que se situe la vérité en matière d’arbitrage.
N'est il pas hors jeu lors de son intervention ?