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De la bagarre en Corse à la bataille du Stade de France : Laporte raconte la mue du MHR

De Grenoble au Stade de France, le MHR a parcouru un drôle de chemin. Moins de paillettes, plus de cadre, et un pack qui avance.

Thibault Perrin 27/06/2026 à 10h08
Montpellier peut redevenir champion de France. Mais avant la finale, Bernard Laporte rappelle d’où vient vraiment ce MHR-là. Crédit ©INPHO/Dave Winter
Montpellier peut redevenir champion de France. Mais avant la finale, Bernard Laporte rappelle d’où vient vraiment ce MHR-là. Crédit ©INPHO/Dave Winter

Montpellier n’est plus très loin d’un deuxième Bouclier de Brennus. Ce samedi soir, le MHR retrouve Toulouse en finale du TOP 14, deux ans après avoir sauvé sa peau en barrage contre Grenoble. Le raccourci est presque trop beau. Pourtant, il dit beaucoup de la transformation héraultaise. Dans Le Parisien, Bernard Laporte a raconté ce qui a changé depuis son arrivée en pleine crise, fin 2023. Et le mot qui revient, derrière les kilos du pack, c’est surtout l’état d’esprit.

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Un club à remettre debout

Quand Laporte débarque, Montpellier ne joue pas le haut de tableau. Il joue sa survie. Le MHR est dernier, plombé sportivement et secoué en interne. Le directeur du rugby rappelle même cet épisode du stage en Corse, où des joueurs s’étaient battus entre eux. Ambiance pique-nique de troisième mi-temps qui tourne mal, sauf que là, il fallait préparer des matchs de TOP 14. Le maintien arraché à Grenoble, 20-18, a été le vrai point zéro.

D’abord remettre du dur devant

Laporte assume la méthode. Montpellier a reconstruit par le pack, parce que “le rugby commence devant”. Rien de révolutionnaire pour les vieux grognards du bord de la main courante, mais une nécessité. Avant de parler grandes envolées, il fallait gagner les collisions, sécuriser la conquête, remettre de l’ordre dans les attitudes. Cette équipe a donc retrouvé une base simple : avancer, plaquer, imposer, recommencer.

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Le MHR n’est pas qu’un camion

Réduire Montpellier à une mêlée, une touche et trois porteurs de coffre serait pourtant trop facile. Laporte insiste aussi sur la ligne de trois-quarts, renforcée pour donner plus d’équilibre à l’ensemble. C’est là que le MHR a changé de dimension. Les Héraultais ne cherchent plus seulement à user l’adversaire. Ils veulent aussi punir derrière, quand le travail des gros a ouvert les portes.

Fin des chèques en roue libre

Le passage le plus fort concerne les coulisses. Laporte dit clairement que “les gros salaires” et “les mercenaires”, c’est fini. Montpellier a revu sa politique interne, quitté certaines logiques de recrutement et accepté de payer pour se séparer de joueurs encore sous contrat. Ce n’est pas glamour. Ce n’est pas une vidéo de trois minutes avec une musique épique. Mais c’est souvent là qu’un club se reconstruit vraiment.

Vunipola, symbole plus que vitrine

Billy Vunipola incarne cette nouvelle ligne. L’ancien international anglais n’est pas présenté comme une star venue remplir une affiche. Laporte le décrit comme un joueur exemplaire au quotidien, premier à l’entraînement et dernier parti. Son influence dépasse ses charges ballon en main. Elle rejaillit sur les jeunes, notamment Lenni Nouchi et Baptiste Erdocio, deux visages d’un MHR plus ancré, plus cohérent, 'plus club'.

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Pourquoi ça compte avant Toulouse

Face au Stade Toulousain, Montpellier aura besoin de tout ça. Du pack, bien sûr. De la conquête, évidemment. Mais aussi d’une discipline collective et d’une vraie capacité à ne pas se perdre si Toulouse accélère. Le MHR n’est pas arrivé là par hasard. Il a traversé la crise, changé son vestiaire, corrigé ses excès et retrouvé une identité. Reste 80 minutes. C’est peu. C’est immense.

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