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Combien de temps dure vraiment un avantage au rugby ?

Il avance, il recule, il attaque encore… et l’arbitre laisse jouer. L’avantage au rugby a-t-il une limite ou est-ce du pur ressenti ?

La Rédaction 25/02/2026 à 17h00
Arbitrage, interprétation, dynamique du jeu : l’avantage au rugby n’a rien d’une science exacte. Voici pourquoi.
Arbitrage, interprétation, dynamique du jeu : l’avantage au rugby n’a rien d’une science exacte. Voici pourquoi.

On l’entend tous les week-ends au bord des terrains ou devant la télé : “Mais il dure combien de temps cet avantage ?!” Après un en-avant, un hors-jeu ou un plaquage haut signalé, l’arbitre annonce “avantage” et le jeu continue. Parfois sur 2 temps de jeu, parfois sur 10. On exagère un peu, mais c'est l'impression qu'ont beaucoup de supporters. Alors, y a-t-il une durée précise en secondes ou en phases ? La réponse est simple : non. Les lois de World Rugby ne fixent aucune limite chiffrée.

Ce que dit exactement la règle

Le règlement est clair : l’arbitre laisse jouer après une infraction si l’équipe non fautive peut raisonnablement obtenir un avantage. L’avantage prend fin lorsque l’équipe obtient un avantage réel et clair, lorsque l’arbitre estime qu’aucun bénéfice ne sera tiré de la situation, ou lorsqu’une nouvelle faute est commise. Il ne s’agit donc pas d’un chrono, mais d’une appréciation.

Autrement dit, il n’existe ni règle des “5 secondes”, ni plafond de “3 phases”. Tout repose sur le jugement de l’arbitre central.

Avantage territorial ou tactique ?

Il existe deux grands types d’avantage : territorial et tactique. Sur une pénalité, l’arbitre sera souvent plus patient, car l’équipe peut chercher à créer une vraie opportunité d’essai. Sur un simple en-avant, l’avantage sera généralement plus court.

Un exemple concret : si le demi d’ouverture récupère le ballon après un hors-jeu adverse et tape un coup de pied rasant qui fait gagner 40 mètres, l’avantage territorial est jugé suffisant. À l’inverse, si l’équipe progresse sur plusieurs temps de jeu mais reste sous pression, l’arbitre peut revenir à la faute initiale.

Ce jugement dépend aussi du contexte : position sur le terrain, dynamique du match, qualité de la défense. Un avantage dans les 22 mètres adverses ne sera pas géré comme un avantage à hauteur de la ligne médiane.

Pourquoi c’est parfois frustrant

Pour les joueurs comme pour les supporters, l’incompréhension vient souvent de la subjectivité. Deux arbitres différents peuvent estimer qu’un avantage est “réel” à des moments différents. Ce n’est pas une incohérence réglementaire, mais une marge d’interprétation assumée par les lois.

En Top 14 ou en Coupe d’Europe, on voit parfois des avantages durer très longtemps lorsqu’une équipe enchaîne les temps de jeu avec une vraie domination. Tant qu’elle avance et met la défense sous pression, l’arbitre considère que l’avantage vit toujours.

Favoriser le jeu, et non le hâcher

Cette absence de durée fixe est essentielle à la fluidité du rugby. Elle favorise le jeu, encourage l’initiative et évite de hacher la partie au moindre coup de sifflet. Elle responsabilise aussi les joueurs : s’ils gâchent leur opportunité, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

Cela impose de savoir reconnaître rapidement si elles ont déjà obtenu un bénéfice suffisant ou si elles doivent forcer la décision. Quant aux arbitres, ça demande une lecture fine de la dynamique.

Au fond, l’avantage, ce n’est pas une question de secondes. C’est une question de situation. Et c’est aussi ce qui fait toute la richesse – et parfois la tension – de notre sport.