Organiser une Coupe du monde de rugby demande un gros investissement de la part du pays qui l’accueille. L’édition 2023 en France en est un bon exemple. D'après la Cour des comptes, le comité d’organisation GIP France 2023 avait un budget avec 478,1 millions d’euros de recettes pour 423 millions d’euros de dépenses. Parmi ces dépenses, 196,2 millions ont été versés à World Rugby en redevances.
Les contributions publiques directes prévues dans ce budget sont de 20,4 millions d’euros. Il y a aussi des dépenses que l’État et les collectivités couvrent directement. Au final, on estime que la participation du public pour cet événement s’élève à 139 millions d’euros.
Combien de temps dure la Coupe du monde de rugby ?Un financement basé sur des fonds privés
Pour être plus précis, l’État et les collectivités ont également investi 88,4 millions d’euros pour couvrir les dépenses opérationnelles liées à l’organisation, en dehors du budget du GIP. Il faut noter que les montants changent selon le périmètre choisi.
Un rapport d’impact de World Rugby mentionne par exemple 70 millions d’euros de dépenses publiques pour l’organisation, mais ce montant ne prend pas en compte certains programmes comme le centre de formation Campus 2023 ou les aides à l’emploi liées à l’événement. En d’autres termes, selon la méthode comptable utilisée, la facture publique peut sembler plus ou moins importante.
Un Mondial japonais à l'équilibre
En 2020, le comité d’organisation japonais a annoncé un budget presque bouclé. Les recettes totales s'élevaient à 676 milliards de yens, soit exactement la même somme que les dépenses, ce qui montre un budget équilibré.
Dans ce budget, certaines dépenses viennent directement de financements publics. Le Japan Sport Council (JSC) apporte 59 milliards de yens en subventions, tandis que les villes hôtes contribuent à hauteur de 39 milliards de yens. Au total, cela fait donc au moins 98 milliards de yens de fonds publics gérés par le comité d’organisation.
Pourquoi ces chiffres sont souvent mal compris ?
La Coupe du monde se base sur un modèle qui mélange plusieurs sources de revenus : la vente des billets, les sponsors, les espaces d’hospitalité, la participation financière du pays qui accueille l’événement, et aussi une redevance qu’on verse à World Rugby pour pouvoir organiser la compétition.
En France, environ 200 millions d’euros ont été versés directement à l’instance internationale, ce qui représente une des principales dépenses du budget. Un autre point important, c’est que le coût public varie beaucoup selon ce qu’on inclut ou pas dans le périmètre. Certains rapports ne prennent en compte que les subventions directes données au comité, tandis que d’autres y ajoutent aussi la sécurité, les transports ou encore la promotion touristique.
C’est pour ça que deux études peuvent donner des chiffres bien différents pour un même tournoi. Ce que ça change pour le rugby et les pays qui accueillent. Ces budgets ne sont pas juste des chiffres, ils suivent une vraie stratégie. Quand un pays accueille la Coupe du monde, ça lui donne l’occasion de montrer son rugby au reste du monde, de moderniser ses infrastructures et de faire venir des millions de fans venus d’ailleurs.
Sources : Cour des comptes, rapport 2025 sur la Coupe du monde 2023 ; World Rugby Impact Report 2024 ; comité d’organisation RWC 2019 / Japan Rugby Football Union, publication du 24 juin 2020