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Billetterie, revenus, avenir : pourquoi posséder son stade est un avantage en Top 14

Alors que le Racing 92 s'est exilé de l'Arena à plusieurs reprises cette saison, être propriétaire de son stade apparaît comme un véritable atout pour la santé économique d'un club. Pourtant, peu de clubs jouissent de leurs propres infrastructures.

Nathan Heuillet 30/07/2026 à 15h18
Le Stade Ernest-Wallon, propriété de la société du Stade Toulousain. CC BY-SA Frédéric Neupont (Wikipédia)
Le Stade Ernest-Wallon, propriété de la société du Stade Toulousain. CC BY-SA Frédéric Neupont (Wikipédia)

À l'image du Paris Saint-Germain en football, les équipes de rugby professionnelles auraient tout intérêt à évoluer dans une enceinte qui leur appartient (le PSG souhaitant racheter le Parc des Princes depuis plusieurs années).

Souvent mis à disposition par les communes dans lesquelles elles évoluent, les stades représentent un coût supplémentaire pour les clubs lorsqu'ils doivent en assurer la location. Cette charge peut, en partie, se répercuter sur le prix des abonnements.

En ce sens, les clubs de l'élite ne proposent pas tous les mêmes tarifs d'entrée. Si le coût de la location peut expliquer une partie des écarts, il est évidemment loin d'être le seul facteur.

Mais quels clubs de Top 14 sont propriétaires de leur enceinte ?

Cette règle va-t-elle enterrer l'âge d’or du Stade Toulousain ? La direction s’y prépare…

Quels clubs de Top 14 sont propriétaires de leur stade ?

Il y a encore une majorité de clubs en Top 14 qui évoluent dans des enceintes municipales. Cela induit que cette enceinte est gérée par la collectivité (mairie, communauté d’agglomération/communes).

À Toulouse, le Stade Ernest-Wallon appartient aux Amis du Stade Toulousain, une société par actions simplifiée (SAS), qui est actionnaire du Stade Toulousain et qui loue donc les locaux au club.

Au Racing 92, rebelote, l’Arena appartient à une holding dirigée par Jacky Lorenzetti. Pour le reste, plusieurs pistes existent. Des clubs comme le LOU disposent du Stade Gerland sur des durées conséquentes.

Le club dispose d’un bail emphytéotique, une sorte de contrat de location longue durée. Dans son cas, le LOU dispose de l’enceinte pour une durée de 59 ans à présent, mais celle-ci appartient toujours à la Ville de Lyon.

Parfois, les enceintes appartiennent aussi à des privés. À Clermont, le Stade Marcel-Michelin appartient à l’entreprise de pneumatiques du même nom.

Par ailleurs, Philippe Spanghero expliquait au micro de Sud Radio, il y a quelques mois, que l’exigence du haut niveau mettait parfois les collectivités et les clubs en porte-à-faux.

"Pour les clubs qui ne sont pas propriétaires de leur stade, les discussions sont chaque année plus complexes. La Ligue Nationale de Rugby impose en effet un cahier des charges qui évolue régulièrement. Les stades doivent donc être de plus en plus adaptés au spectacle que le rugby professionnel souhaite proposer. À cela s’ajoutent les contraintes liées aux infrastructures et notamment aux pelouses, auxquelles les collectivités doivent répondre. Mais dans un contexte où les collectivités disposent de moins en moins de moyens financiers, il devient difficile pour elles d’investir autant d’argent pour un équipement principalement utilisé par une équipe professionnelle. Ces enceintes restent des stades municipaux, qui doivent aussi pouvoir accueillir des écoles, des associations et différents publics tout au long de la semaine. Les clubs professionnels occupent une place prépondérante dans ces infrastructures. Les collectivités se retrouvent donc parfois dans une situation délicate, entre les investissements importants demandés par le rugby professionnel et la nécessité de faire évoluer des enceintes qui, bien que publiques, deviennent progressivement des outils quasi privés."
Philippe Spanghero Sud Radio

 Top 14 : à qui appartiennent les stades ? 

  • Stade Toulousain : propriétaire privé — Stade Ernest-Wallon
  • Racing 92 : propriétaire privé — Paris La Défense Arena
  • ASM Clermont Auvergne : propriétaire privé (Michelin) — Stade Marcel-Michelin
  • Aviron Bayonnais : propriétaire Ville de Bayonne — Stade Jean-Dauger
  • Bordeaux Bègles : propriétaire Ville de Bordeaux — Stade Chaban-Delmas
  • Castres Olympique : propriétaire Ville de Castres — Stade Pierre-Fabre
  • Montpellier Hérault Rugby : propriétaire Montpellier Méditerranée Métropole — Septéo
  • RC Toulon : propriétaire Ville de Toulon — Stade Mayol
  • Stade Français Paris : propriétaire Ville de Paris — Stade Jean-Bouin
  • Section Paloise : propriétaire Ville de Pau — Stade du Hameau
  • La Rochelle : propriétaire Ville de La Rochelle — Stade Marcel-Deflandre
  • Lyon OU : propriétaire Ville de Lyon — Gerland
  • Perpignan : propriétaire Ville de Perpignan — Stade Aimé-Giral
  • Vannes : propriétaire Ville de Vannes — Stade de la Rabine
VIDEO. 90 mètres, 7 passes : En 2016, Dan Carter et le Racing 92 inscrivaient l’essai de la saison dans le derby

Un impact pour le tarif des places

Les abonnements les moins chers en tribunes varient fortement d'un club à l'autre. Bordeaux-Bègles propose l'offre la plus accessible à 140 €, devant Montpellier (155 €) et le Racing 92 (160 €). À l'inverse, les tarifs d'entrée grimpent à 430 € à Perpignan, 365 € à Clermont et 348 € à Vannes.

Ces écarts ne s'expliquent pas uniquement par la popularité des clubs. La capacité des stades joue également un rôle majeur : les enceintes les plus grandes permettent généralement de proposer une offre plus large et davantage de places à des tarifs accessibles, contrairement aux stades où les sièges sont plus rares.

Enfin, tous les clubs ne disposent pas des mêmes leviers économiques. Comme évoqué, certains sont propriétaires de leur stade et maîtrisent davantage leur politique tarifaire, tandis que d'autres évoluent dans des enceintes appartenant aux collectivités, avec des contraintes différentes en matière de billetterie et d'exploitation.

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