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"Bien finir cette tournée" : 622 matchs cumulés, les joueurs du XV de France s’apprêtent à boucler une (longue) saison

Avec une moyenne de 28 matchs disputés cette saison, les 23 joueurs qui défieront le Japon avec le XV de France s’apprêtent à boucler l'exercice 2025/2026.

La Rédaction 17/07/2026 à 12h50
Malgré une saison marathon, le XV de France garde le cap avant d’affronter le Japon, assure Maxime Lucu. ©INPHO/Nick Elliott (EPCR)
Malgré une saison marathon, le XV de France garde le cap avant d’affronter le Japon, assure Maxime Lucu. ©INPHO/Nick Elliott (EPCR)

Pour boucler cette première étape du Nations Championship 2026, le XV de France va défier le Japon sur ses terres, au stade MUFG de Tokyo.

Au terme d’une saison marathon pour la plupart d’entre eux, ils seront (enfin) en vacances dès leur retour sur le vieux continent samedi soir.

Pour autant, l’heure n’est pas à la décontraction. Cette dernière rencontre, Maxime Lucu la voit comme une occasion de confirmer tout le travail effectué durant ces dernières semaines, et le groupe France est au diapason.

Maxime Lucu : "Garder beaucop de sérieux et de concentration"

C’est un grand match de rugby qui attend les joueurs du XV de France samedi face au Japon. Programmé à 10h (heure française), cette rencontre qui vient parachever une saison 2025-2026 encore très éprouvante pour les joueurs ne doit pas servir de sas de décompression pour les Bleus.

Comme Maxime Lucu l’expliquait à Rugbyrama, le XV de France doit confirmer les efforts effectués durant ces dernières semaines par une ultime victoire dans cette phase aller du Nations Championship 2026.

Durant près d’un mois, ces derniers se sont rendus dans l’hémisphère Sud en y défiant la Nouvelle-Zélande, l’Australie et bientôt le Japon.

Trois nations qui composent le top 10 du gratin de l’ovalie mondiale, c’est aussi la raison pour laquelle les Tricolores gardent tout leur sérieux avant d’affronter les Nippons.

Malgré un statut de favori, Maxime Lucu refuse toute forme de relâchement.

"L'enjeu, à ce moment de la saison, c'est de garder beaucoup de sérieux et de concentration. Comme on le dit depuis le début de la tournée, c'est une compétition. Chaque point et chaque victoire comptent. Il faut bien finir cette tournée et ces trois premiers matchs du Championnat des Nations si l’on veut valider tout le travail accompli. On a encore mis beaucoup de sérieux à l'entraînement cette semaine pour s'acclimater aux conditions, ici à Tokyo. On avait fort à faire, mais le groupe a très bien travaillé."
Maxime Lucu XV de France (Rugbyrama)

81 % d’humidité et des risques de précipitations à Tokyo

C’est une première bataille à laquelle les Tricolores devront faire face avant de faire parler leurs qualités rugbystiques. Arrivés en début de semaine au pays du Soleil-Levant, ces derniers doivent s’acclimater à une météo typiquement japonaise.

En plein été, le Japon connaît une période marquée par une forte chaleur et une humidité élevée, conséquence de l’influence des masses d’air chaud venues du Pacifique et de la proximité de l’océan.

Avec des températures souvent élevées et un taux d’humidité qui peut dépasser les 80 %, la sensation de chaleur devient rapidement étouffante, rendant les efforts physiques encore plus exigeants.

Samedi, 71 % d’humidité et des maximales à 29 degrés sont attendus, légèrement en dessous de ce que les Bleus ont connu cette semaine.

Bon pied, bon œil

Par conséquent allons nous voir plus de jeu au pied ? Pour faire douter ces Japonais, les Bleus vont avoir recours à un du jeu au pied de pression.

Eux qui pratiquent un jeu de dépossession, c’est l’occasion pour les Tricolores de récupérer des ballons intéressants à négocier dans le camp des Nippons.

Une stratégie qui pourrait permettre au XV de France de mettre la pression sur une défense japonaise joueuse, tout en limitant les courses inutiles dans des conditions climatiques éprouvantes.

Le XV de France possède toutefois une expérience précieuse au moment de retrouver le Japon et ses conditions si particulières. En 2019, les Bleus avaient déjà posé leurs valises dans l’archipel à l’occasion de la Coupe du monde, une compétition durant laquelle ils avaient dû composer avec une chaleur importante, une humidité élevée et un environnement totalement différent de celui rencontré en Europe.

Cette première immersion représente aujourd’hui un avantage non négligeable pour les joueurs présents dans le groupe, mais aussi pour le staff tricolore qui connaît les contraintes liées à ce type de déplacement.

Au-delà de l’aspect climatique, cette expérience permet également au XV de France d’aborder plus sereinement tout ce qui entoure une rencontre au Japon. Le décalage horaire, l’adaptation au rythme de vie local, la gestion de la récupération ou encore les longs déplacements sont autant de paramètres qui peuvent influencer la performance d’une équipe en tournée internationale.

Le Mondial de 2019 un tournant pour les Nippons

Au Japon, le rugby occupe une place particulière dans le paysage sportif. Longtemps resté dans l’ombre le ballon ovale a progressivement gagné en popularité au fil des dernières décennies.

Introduit dans l’archipel à la fin du XIXe siècle par des Britanniques, le rugby s’est d’abord développé dans les universités avant de s’ancrer progressivement dans la culture sportive japonaise.

Aujourd’hui, le pays compte une véritable passion pour ce sport, notamment grâce au travail effectué auprès des jeunes et à la structuration du championnat national.

Le véritable tournant intervient en 2019 avec l’organisation de la Coupe du monde au Japon. Pour la première fois de son histoire, le tournoi était accueilli en Asie, offrant une exposition mondiale sans précédent au rugby japonais.

Portée par une équipe spectaculaire et ambitieuse, la sélection nippone a marqué les esprits en réalisant l’un des plus grands exploits de la compétition.

Les Brave Blossoms, surnom donné au XV japonais, avaient notamment battu l’Irlande et l’Écosse avant d’atteindre les quarts de finale, une première historique pour le pays. Cette performance a largement contribué à populariser le rugby auprès du grand public et à renforcer la crédibilité du Japon sur la scène internationale.

Vidéo. Sous les huées de l’Arena, les Bleus accrochés par le Japon en 2017 concèdent le match nul

Un championnat attractif

Depuis, le rugby japonais poursuit son développement avec l’objectif de se rapprocher durablement des meilleures nations mondiales.

Le championnat local, la League One, attire désormais de nombreux joueurs étrangers de haut niveau, permettant aux talents japonais de progresser au contact d’une grande diversité de styles.

Depuis sa création sous le nom de League One en 2022, le championnat japonais s’est rapidement imposé comme une destination attractive pour les plus grandes stars du rugby mondial.

Parmi eux, Ardie Savea fait figure de tête d’affiche. Le troisième ligne des All Blacks, considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la planète, a rejoint les Kobeco Steelers, apportant toute son expérience du très haut niveau.

Avant lui, Cheslin Kolbe avait également marqué les esprits en débarquant chez les Tokyo Sungoliath. Le champion du monde sud-africain, réputé pour ses appuis hors normes et sa capacité à éliminer ses adversaires, symbolise l’ambition grandissante de la compétition japonaise.

Mais la League One a aussi attiré d’autres références internationales comme Brodie Retallick, Richie Mo’unga, Beauden Barrett, Sam Cane, Faf de Klerk, Marika Koroibete ou encore Pablo Matera.

Cette arrivée massive de stars internationales témoigne de la transformation du rugby japonais. Désormais capable d’attirer des joueurs au sommet de leur carrière, la League One ne se contente plus d’être une destination de fin de parcours : elle devient un véritable laboratoire de progression, où les talents locaux peuvent côtoyer quotidiennement l’élite mondiale.

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