Face à Montauban, l’habituel talonneur Christopher Tolofua a officié pour la première fois de sa carrière en Top 14 à droite de la mêlée, et ce durant 47 minutes au total.
Une prestation convaincante qu’il ne faut pas minimiser malgré l’écart au classement, Montauban étant lanterne rouge du Top 14, tant il s’est montré à la hauteur.
Le natif de Fréjus peut-il rebattre les cartes malgré l’énorme concurrence à ce poste la saison prochaine ?
Top 14. Toulon. ''Je ne m'étais jamais vu aussi bas'' : Christopher Tolofua revient sur sa période sombreUn bilan contrasté en mêlée
Si ce dossier paraît extrêmement scruté, c’est aussi parce que de nombreux observateurs nourrissent de grandes ambitions autour de ce changement de poste, afin de enfin trouver une solution fiable à droite de la mêlée pour le XV de France.
Pour l’heure, nous n’en sommes qu’aux prémices de cette évolution tactique. Christopher Tolofua possède une très grande expérience et ce nouveau poste semble lui convenir parfaitement.
Déjà utilisé en Challenge Cup avec le numéro 3, ce dernier faisait face à un gros défi ce week-end. Thomas Bué (24 ans), en partance pour le Stade Français, est l’une des satisfactions de US Montauban cette saison, comme en témoignent ses 17 titularisations pour sa première année dans l’élite.
Mais cela ne semble pas avoir gêné son vis-à-vis, qui l’a mis à la faute à deux reprises dans le premier quart d’heure, sur les deux premières mêlées de la rencontre.
Un premier motif de satisfaction : l’ancien Toulonnais utilise ses connaissances de la mêlée pour compenser intelligemment son manque d’expérience à ce poste.
En revanche, le reste de la partie a offert des débats plus équilibrés. À la 19e minute, il est sanctionné pour avoir posé un genou au sol.
Sur la fin de la première période, on a senti un peu de fatigue chez l’international aux sept capes. De retour des vestiaires, il dispute sa septième et dernière mêlée du match, en résistant parfaitement à la pression adverse.
En clair, Christopher Tolofua doit encore travailler sa capacité à répéter les efforts pour devenir un élément fiable à droite de la mêlée.
Une activité intéressante dans le jeu courant
S’il faudra encore quelques mêlées à Christopher Tolofua pour apprendre les rudiments de cet exercice, il reste avant tout le joueur qu’il a toujours été.
Intelligent, puissant et adroit dans les zones de marque : preuve en est, il est le meilleur marqueur de son équipe cette saison avec huit essais inscrits.
S’il a évidemment bénéficié de la nette domination de son paquet d’avants lors des nombreux mauls portés pour peaufiner son record personnel, son sens du placement pourrait néanmoins lui être très utile avec le numéro 3 dans le dos.
Face à Montauban, il est notamment auteur de huit plaquages réussis. De plus, sa vélocité pour un joueur de ce gabarit (1,82 m pour 125 kg) lui permet d’être régulièrement au soutien de ses partenaires.
Une chose qui devrait plaire à Joan Caudullo.
‘‘Il y a 2 clubs au-dessus’’, le MHR prêt à dévorer les cadors du Top 14 ?Houkpatin, Haouas, Japaridze et Tolofua en balance ?
Difficile de dire si Christopher Tolofua pourra réellement s’épanouir à droite sur le long terme. Il reste malgré tout une référence parmi les talonneurs français, même si ses problèmes au lancer ont souvent terni cette réputation.
Cette saison, il retrouve toutefois des couleurs, comme il l’a lui-même expliqué lors de sa prolongation jusqu’en 2029 avec le MHR sur les réseaux sociaux du club.
Aux côtés des expérimentés Mohamed Houkaptin, Lasha Jaiani Japaridze et Mohamed Haouas, il a encore beaucoup à apprendre. Mais il possède aussi des qualités physiques bien différentes des droitiers habituels, qui pourraient davantage correspondre au rugby moderne.
Ainsi, si Montpellier souhaite développer un jeu davantage basé sur la vitesse, il pourrait s’appuyer sur un pilier droit adapté à ces exigences, même si ces derniers nous a jusqu’ici surtout habitués à une énorme conquête menée par de puissants porteurs de balle.
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