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Suspendu 11 ans, cet ancien joueur au 117 matchs de Pro D2 condamné par World Rugby pour dopage

C’est un coup de tonnerre sur la planète rugby. World Rugby a annoncé les sanctions à l’encontre des joueurs géorgiens impliqués dans une affaire de dopage. Une chose est sûre, c’est qu’elle n’a pas fait dans la dentelle. 

Nathan Renaux 12/05/2026 à 12h33
Lord du dernier affrontement entre la France et la Géorgie, 3 joueurs parmi les 6 étaient sur la feuille de match. Merab Sharikadze, à gauche, était titulaire au centre. © screenshot YouTube XV de France
Lord du dernier affrontement entre la France et la Géorgie, 3 joueurs parmi les 6 étaient sur la feuille de match. Merab Sharikadze, à gauche, était titulaire au centre. © screenshot YouTube XV de France

Deux mois après les révélations autour d’un vaste système de dopage et de manipulation de contrôles antidopage en Géorgie, World Rugby a officialisé ce mardi les sanctions. L’instance internationale a décidé de frapper extrêmement fort, avec des suspensions allant de neuf mois jusqu’à onze ans.

Au mois de mars, l’affaire avait déjà provoqué un véritable séisme dans le rugby international. World Rugby et l’Agence mondiale antidopage (AMA) avaient mis en lumière un système organisé autour de remplacement d’échantillons lors de contrôles réalisés avant la Coupe du monde 2023. Les conclusions définitives publiées ce mardi donnent une nouvelle dimension au dossier.

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Du lourd pour servir d’exemple

Dans cette affaire de dopage, World Rugby n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. La sanction la plus marquante concerne Merab Sharikadze. L’ancien joueur d’Aurillac au 117 matchs de Pro D2 et capitaine de la sélection géorgienne écope de onze années de suspension. Il avait déjà mis un terme à sa carrière pour se tourner vers le MMA. World Rugby lui reproche plusieurs infractions majeures, dont l’utilisation ou la tentative d’utilisation d’une méthode interdite, mais aussi des faits de falsification et de complicité.

Derrière lui, Nutsa Shamatava, médecin en chef du rugby géorgien, a été suspendue neuf ans pour falsification et complicité. Giorgi Chkoidze devra purger six années de suspension. Trois autres internationaux géorgiens, Miriani Modebadze, Otar Lashkhi et Lasha Khmaladze, ont chacun écopé de trois ans de suspension. Enfin, Lasha Lomidze, joueur formé à Montpellier et passé par de nombreux clubs français comme Béziers et Dax, reçoit la sanction la plus légère avec neuf mois de suspension.

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Un système organisé autour des contrôles antidopage

Selon les éléments dévoilés par World Rugby, l’enquête a confirmé plusieurs manipulations graves sur les procédures antidopage. Des modifications d’échantillons urinaires auraient été réalisées afin de cacher de possibles substances interdites.

Plus inquiétant encore, l’instance explique que certains employés de l’Agence géorgienne antidopage prévenaient à l’avance certains joueurs des contrôles à venir. Les investigations ont également révélé que les prélèvements n’étaient pas toujours effectués sous surveillance stricte. Une faille qui a forcément facilité les possibles falsifications.

Ces éléments expliquent la lourdeur exceptionnelle des sanctions prononcées. Dans le Code mondial antidopage, la falsification ou la substitution d’échantillons figure parmi les violations les plus sévèrement punies, car elles traduisent une volonté assumée de contourner le système.

Un énorme coup porté au rugby géorgien

Ces sanctions représentent un coup très dur pour la Géorgie. Cette nation tente depuis plusieurs années de s’installer durablement parmi les sélections majeures du rugby mondial mais cette affaire pourrait laisser des traces sur l’image des Lelos.

Au-delà du cas géorgien, World Rugby cherche aussi à envoyer un message clair à l’ensemble du rugby international. Avec les analyses ADN, la conservation longue durée des échantillons et le renforcement des contrôles hors compétition, les instances disposent désormais d’outils de plus en plus sophistiqués pour détecter les fraudes organisées. Dans ce dossier, la fédération internationale a manifestement voulu faire de ces sanctions un exemple.

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