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AMATEUR. Princesse, balises et parking : où en est (vraiment) le développement du rugby à Monaco ?

Cible de toutes les spéculations dans le monde du rugby amateur, nous sommes partis à Monaco pour savoir comment évoluait (vraiment) le rugby en Principauté. Sur une terre qui fait parfois taire certains clichés.

Theo Fondacci 28/04/2026 à 19h40

Si l’on vous dit Monaco, vous pensez peut-être au bling-bling de la Principauté nichée sur son Rocher. Ou bien à Monte-Carlo, au golden boy Charles Leclerc ou encore aux bolides et aux cadrans à 3 bâtons de GMK, le richissime influenceur aux 3 millions d’abonnés (sur Youtube) qui réside dans la Cité-Etat.

Mais, aux confins du 06, le rugby prouve également sa capacité à germer même dans une ville où le prix moyen du m2 dépasse les 40 000 euros. A ce titre, l’ASM n’évolue d’ailleurs pas à Louis-II mais dans la commune voisine et amie de Beausoleil, qui accueille donc 3 fois par semaine les séniors rouge et blanc dans son stade du Prince Héréditaire Jacques.

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Au pied du Mont des Mules, on partage aussi le terrain avec l’école de rugby, les équipes réserves de L’AS Monaco football et n’importe qui possède l’accès dans ce complexe multi-sports entouré de pins, finalement… "Pas plus tard que la semaine dernière, la moitié de notre entraînement du vendredi s’est fait sur un quart de terrain. C’est très compliqué de bien travailler dans ces conditions-là pour les joueurs et nous cherchons des solutions pour être plus efficaces", nous assurait l’entraîneur des 3/4 du club Nicolas Bonnet lors de notre visite à Beausoleil il y a quelques semaines.

Avec son acolyte David Bolgashvili, l’ancien directeur technique national de la Fédération monégasque de rugby travaille avec rigueur, humain et méthodes pour faire franchir un nouveau cap à l’équipe première. Pour cela, le duo d’anciens niçois peut aussi s’appuyer sur un partenariat signé entre la Fédération monégasque de rugby et l’AS Monaco Rugby l’été dernier, dans le but de renforcer les passerelles entre les différentes entités qui sèment parfois la confusion dans le paysage local.

À Monaco, existent le club et son équipe de Fédérale 2, mais aussi les sélections nationales qui disputent par exemple les Jeux des Petits Etats, ou les championnats d’Europe, et également les équipes d’invitation des Impis et Umusa qui disputent des tournois partout dans le monde. De quoi s'y perdre pour les non-initiés ! 

Plus facile pour mettre en place concrètement un vrai double-projet entre le 7 et le XV et tirer tout le rugby monégasque vers le haut.

Éviter la Bièvre si 8ème il y a

Avec l’équipe première de l’AS Monaco, pensionnaire du championnat de Fédérale 2, le tandem d'entraîneurs y parvient plutôt bien jusqu’ici. Une formation en progression constante depuis plusieurs années et qui a terminé première de sa poule 3 avec 19 victoires en 22 matchs cette saison. "Il nous a fallu batailler jusqu’à la dernière journée et notre victoire difficile à Millau (26 à 27) pour assurer notre 1ère place devant Palavas et mettre toutes les chances de notre côté en vue des phases finales", poursuit le Gersois.

C’est que Monaco, qui a la raté la montée à peu lors des précédentes saisons, ne s’avance pas en gonflant les pecs vers les "matchs qui comptent" et le 16ème de finale aller/retour face au vainqueur de de St-Priest/Grasse. L’idée étant aussi de s’épargner un potentiel duel en 8ème face à la Bièvre St-Geoirs, seule formation invaincue de Fédérale cette saison.

"On est en place mais honnêtement, le championnat de France, c’est une autre compétition. Si on est dominant toute l’année mais qu’on s’écroule sur le match de la montée, tous nos efforts n’auront servi a rien", tempère celui qui également professeur de sport à la ville."On prend donc les matchs un à un, sans prétention mais avec conviction."

Une offre rugbystique unique en amateur

Pour atteindre son objectif de Fédérale 1, le club rouge et blanc s’est ainsi équipé comme il le fallait l’été dernier. Pêle-mêle, on compta notamment 3 arrivées significatives dans la ligne de 3/4 dont celles de la paire de centre championne de France de Nationale 2024 avec Nice Cutayar/Courtade, ou encore Andrzej Charlat, cet arrière virevoltant aux 100 matchs de ProD2 qui a déjà planté à 15 reprises cette saison.

Des garçons qui ont amené leur talent et leur expérience à ce groupe et largement contribué à faire de Monaco la 3ème meilleure attaque (742 points) de la division. Sans se la jouer vedette non plus. "On ne s’est pas trompés dans leur recrutement. Certains viennent avec des attentes démesurées parce qu’on est à Monaco, mais eux jouent pleinement le jeu et amènent énormément à notre effectif, auquel ils sont pleinement intégrés."

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C’est que l’arrivée de la princesse Charlène à la présidence de la Fédération monégasque de rugby a donné un vrai un coup de jus en termes de visibilité et de sponsoring à l’ASM, comme en témoignent le renouvellement du partenariat avec la société de construction monégasque JB Pastor et Fils, ou l’engagement de Spribe – Vibrant Entertainment comme partenaire majeur de ce projet ambitieux.

De quoi rendre la montée en Fédérale 1 plus concrète que jamais, certes. Pourtant, ce n’est pas (que) grâce à sa capacité financière que l’AS Monaco attire des joueurs de cette qualité sur sa pelouse synthétique. Elle qui "n’arrose" pas sans commune mesure comme ce peut être le cas dans d’autres clubs de Fédérale, mais use d’un plutôt système transparent et d’une offre rugbystique très attractive entre le double projet XV et Seven, le cadre de vie sur la côte d’Azur, l’accompagnement du club dans les projets professionnels des joueurs où les navettes ramassant les "Niçois" les jours d’entraînement.

Des balises GPS au parking en gravier

Voilà aussi pourquoi une montée en Fédérale 1 validerait les transformations générales que connaît l’AS Monaco Rugby dans ses moyens, la structuration de ses équipes, la montée en compétence des staffs, la modernisation du complexe sportif et bien d’autres horizons. "On a un club qui grandit presque trop vite sportivement, alors que nous étions encore en Honneur en 2019. A nous de parvenir à activer les bons leviers pour que l’extra-sportif suive de son côté, mais c'est un combat quotidien", martelait le président Thomas Riqué.

Les jours de match à Beausoleil, vous trouverez ainsi ce qui nous sauta aux yeux comme le paradoxe monégasque. A savoir un club vraiment à mi-chemin entre professionnalisation et rugby de clocher. Ici, un club house flambant neuf, avec accréditation obligatoire et équipe de sécurité à l’entrée. Mais aussi une réception tout à fait modeste qui se fait encore sur le parking du stade, avec une sono et 2 mange-debout.

Voilà comment se passe la réception à Monaco.
Voilà comment se passe la réception à Monaco.

Là, un site internet qui affiche un trombinoscope plus léché que celui de la LNR et des joueurs équipés de balises GPS (en Fédérale 2 !), mais qui prennent soin eux-mêmes d’enlever les poteaux à la fin des matchs pour faire la place à leurs colocataires du foot. Soit l’exemple même que le rugby peut jumeler évolution et valeurs traditionnelles.

Tout ce que cherche finalement à entretenir les fervents du "Daghe Munegu". À qui il reste donc 4 matchs pour entériner une montée historique. Et peut-être plus si affinités…

Le rugby monégasque dans son ensemble (soutenu par la Fondation Princesse Charlène) organise ce vendredi 1er mai le Tournoi du Monaco Sevens au Stade Héréditaire Prince Jacques, à Beausoleil. De nombreuses équipes renommées du 7 seront présentes (UBB Sevens, Wonder...) et plusieurs activités prévues (écran géant, Kids Zone, Food trucks, boutiques...), alors que le champion olympique avec France 7 et enfant de la Principauté Antoine Zeghdar sera le parrain de cette édition. L'occasion d'associer spectacle et bonne ambiance, sous le soleil de la Côte d'Azur. 

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