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Alexandre Bécognée, l'ancien frêle refoulé devenu pierre angulaire du MHR

Défaits en finale de Top 14 face à Toulouse samedi 27 juin, les Montpelliérains se seront mis en lumière, en se montrant coriaces, sans pour autant réussir à conclure.

Mayeul Duponcel 29/06/2026 à 12h30
Alexandre Bécognée avec sa famille après la victoire en Challenge Cup cette saison. Credit ©INPHO/Nick Elliott
Alexandre Bécognée avec sa famille après la victoire en Challenge Cup cette saison. Credit ©INPHO/Nick Elliott

À 29 ans, Alexandre Bécognée s'est imposé comme un troisième-ligne référence du Top 14, sans avoir jamais été l'enfant prodige promis à un grand destin. Titulaire lors de la finale face au Stade Toulousain, son parcours est avant tout celui d'un joueur qui a dû forger sa place à la force du travail, match après match, jusqu'à devenir un homme de confiance dans les rangs du MHR.

Un début de carrière marqué par l'échec

Bordelais de naissance, Bécognée commence le rugby sur le tard, à 14 ans. Touchant le ballon ovale à l'Entente des Graves dans un premier temps, il poursuit son apprentissage au Stade Bordelais, où un certain Olivier Bécognée (son père) a fait carrière.

L'expérience au Stade lui ouvre les portes du Centre de Formation de l'Union Bordeaux-Bègles, en catégorie Crabos. C'est à cette période que l'actuel troisième-ligne passe des espoirs aux doutes. Trop petit pour jouer en deuxième-ligne, pas assez adroit pour la troisième-ligne : l'UBB s'en sépare à cause de son gabarit.

Un échec que le joueur a lui-même qualifié de « grosse claque », et qui aurait pu le détourner du rugby de haut niveau. Mais plutôt que de se résigner, le solide gaillard, aujourd'hui culminant à 1,88 mètre pour 108 kilos rebondit au Stade Montois en 2015.

Convaincu de son potentiel, l'entraîneur des avants montois David Auradou (le père d'Hugo et Paul Auradou) lui accorde confiance alors que ses espoirs en carrière professionnelle s'amenuisent. Le pari s'avère cela dit payant. Alexandre Bécognée remporte le championnat de France espoirs groupe en 2016 face à Oyonnax, avant de signer son premier contrat professionnel l'année suivante.

Ses débuts sous son nouveau statut ont lieu le 18 août 2017, en Pro D2, contre le Biarritz Olympique à seulement 20 ans. La victoire n'est pas au bout pour sa première titularisation face aux Basques (24 à 15).

Dès cette première saison, le troisième-ligne montpelliérain enchaîne les bonnes prestations qui lui permettent de s'imposer rapidement dans son club formateur, où il disputera près de soixante rencontres en Pro D2.

L'éclosion à Montpellier

À l'intersaison de 2020, Bécognée rejoint le MHR en Top 14, où il y signe un contrat de deux ans. L'arrivée dans l'Hérault n'a rien d'une évidence : pour sa première saison, il doit composer avec la concurrence redoutable à son poste, face à des cadres nommés Yacouba Camara, Fulgence Ouedraogo, Louis Picamoles ou encore Caleb Temu.

Pourtant, l'intimidation n'est pas quelque chose qui lui trotte dans l'esprit. Très vite utilisé comme impact-player, il se révèle rapidement indispensable au collectif, et dispute 22 matchs toutes compétitions confondues, dont 9 comme titulaire (3 essais).

La consécration collective ne tarde pas. Bécognée participe à la qualification du MHR en finale de Challenge Cup, qu'ils remporteront face à Leicester à Twickenham (18-17). Une première saison plus que réussie, qui le propulse dans les sillages des Bleus : à l'été 2020, il est sélectionné pour la tournée, une reconnaissance rapide pour un joueur jusque-là méconnu du grand public la saison d'avant.

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Une montée en puissance confirmée

Le club Héraultais ne s'y trompe pas et sécurise rapidement son troisième-ligne. Durant la saison 2021-2022, Bécognée prolonge son contrat jusqu'en 2024, alors que le MHR finit deuxième de phase régulière. En demi-finale, il contribue à l'élimination de l'UBB, aux côtés de Zach Mercer et Yacouba Camara.

Le 24 juin 2022, il vit le sommet de sa jeune carrière : titulaire lors de la finale de Top 14, où il aura permis la victoire face à Castres 29-10, pour aller chercher le Brennus. Durant cette saison, il aura disputé 27 matchs toutes compétitions confondues, faisant de lui un cador de l'équipe.

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La fidélité du MHR

En novembre 2023, le MHR officialise une nouvelle prolongation de contrat d'Alexandre Bécognée, cette fois-ci jusqu'en 2027, après une saison à 22 apparitions pour 21 titularisations.

Le joueur au profil de plaqueur-gratteur ne s'interdit rien, pas même une nouvelle récompense européenne. En 2026, il soulève une seconde fois la Challenge Cup avec Montpellier.

La saison aurait pu se terminer en beauté si les Héraultais avaient réalisé le doublé Challenge Cup/Top 14. Malheureusement, des Toulousains sont passés par là, et ont pris le Brennus, au nez et à la barbe d'Alexandre Bécognée, qui a passé les 80 minutes sur le terrain.

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