50 points marqués, mais surtout une leçon d’efficacité : analyse du succès bordelais en Champions Cup
Bordeaux n’a pas juste gagné, il a contrôlé. Franchissements, défense, efficacité : les chiffres expliquent la démonstration face aux Saints. Crédit image : Screenshot Youtube
Possession en retrait, domination totale. Les statistiques du Bordeaux – Northampton révèlent une UBB redoutable dans les zones clés du jeu.

Un remake sans suspense à Chaban

Le “remake” de la finale européenne de l’an passé n’aura finalement existé que sur l’affiche. À Chaban-Delmas, l’Union Bordeaux-Bègles a surclassé les Northampton Saints (50-28) lors de la 3e journée de Champions Cup. Devant plus de 32 000 spectateurs, les Girondins ont frappé fort dès la première période (24-7 à la pause), inscrivant sept essais au total.

Si le score est flatteur, il reflète surtout une domination bordelaise constante, dans l’intensité comme dans l’efficacité. Les statistiques officielles viennent confirmer ce que l’œil avait déjà bien compris.

Des chiffres qui racontent une domination assumée

À la lecture des stats globales, Bordeaux n’a pas cherché à confisquer le ballon à tout prix. Avec 43,8 % de possession contre 56,2 % pour Northampton, l’UBB a accepté de jouer sans le cuir, mais jamais sans contrôle.

Là où les Saints ont multiplié les passes (152 contre 124), les Bordelais ont avancé plus fort et plus juste. 545 mètres parcourus balle en main, 41 défenseurs battus et 21 franchissements : la donnée est claire, chaque accélération girondine faisait reculer la défense anglaise.

À l’inverse, Northampton n’a franchi que huit fois, symptôme d’une attaque souvent stoppée avant la ligne d’avantage.

L’impact avant la possession

Le match s’est gagné dans la capacité de Bordeaux à faire mal après contact. Les passes après contact (10 contre 11) peuvent sembler équilibrées, mais leur efficacité ne l’est pas.

L’UBB a systématiquement gagné la ligne, grâce à des porteurs lancés et une troisième ligne omniprésente. Cameron Woki a été l’illustration parfaite de cette domination avec 44 mètres gagnés, deux essais et une activité constante dans les zones de collision.

''Ce n'est que le début'' : Salesi Rayasi, le 'presque All Black' qui pourrait voler la vedette à la patrouille de France''Ce n'est que le début'' : Salesi Rayasi, le 'presque All Black' qui pourrait voler la vedette à la patrouille de France Derrière, Matthieu Jalibert a parfaitement piloté l’attaque, alternant jeu au pied et prises d’intervalle, tout en affichant une propreté précieuse dans les choix. Une envie constante d'aller de l'avant symbolisée notamment 

Une défense plus solide qu’il n’y paraît

Encaisser 28 points pourrait faire tiquer, mais les chiffres défensifs bordelais racontent une autre histoire. 161 plaquages réussis pour seulement 32 manqués, contre 116 plaquages réussis et 40 manqués côté anglais.

Northampton a souvent été obligé de jouer en deuxième voire troisième rideau pour avancer. Les turnovers gagnés (9 contre 7) et les ballons perdus (13 contre 19) montrent aussi une meilleure maîtrise bordelaise des zones à risque.

En clair, quand l’UBB a desserré l’étau, c’était davantage par relâchement que par réelle domination adverse.

Où Bordeaux peut encore progresser

Tout n’a pas été parfait, loin de là. Les touches réussies (80 %) restent en dessous des standards européens, surtout face à des équipes qui punissent la moindre approximation. La mêlée, en revanche, a tenu bon avec plus de 90 % de réussite, un point rassurant avant d’enchaîner.

Autre axe d’amélioration : la gestion des temps faibles. Les Saints ont marqué trois essais en seconde période, profitant notamment d'une petite baisse de régime en fin de partie. Des détails qui comptent moins avec un matelas de 30 points, mais qui peuvent coûter cher en phase finale.

Ce que ce match indique avant Bristol et la suite

Ce succès envoie un message clair à l’Europe : Bordeaux n’est plus seulement spectaculaire, il est clinique. Avant le déplacement à Bristol Bears, l’UBB sait qu’elle peut gagner sans dominer la possession, à condition d’imposer son tempo et son impact.

Pour Jalibert, Woki et consorts, ce match renforce aussi leur statut de leaders dans les grands rendez-vous. En vue des phases finales, la capacité à transformer les franchissements en points sera un atout majeur, surtout face à des blocs plus disciplinés.

Ce 50-28 n’est pas qu’une performance symbolique, c’est une démonstration. Bordeaux a montré qu’il savait apprendre de ses finales perdues et transformer la frustration en puissance collective. Et qu'il y avait également eu une progression depuis la première étoile décrochée au dépens des Saints. Reste désormais à confirmer, car en Champions Cup, la vérité se mesure toujours sur la durée.

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  • Pianto
    60511 points
  • il y a 41 secondes

qu'est-ce que j'ai horreur de ces célébrations d'essai, quand c'est chez nous ou chez les autres.

On peut remarquer que le pollock ne l'a pas refaite quand il a marqué mais avec 50 pions dans la musette.

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