L’Argentine accélère dans sa course à l’organisation de la Coupe du monde 2035. La Fédération argentine (UAR) porte un projet régional ambitieux, en collaboration avec Sudamérica Rugby, incluant le Brésil, le Chili et l’Uruguay.
Une réunion stratégique est prévue avec Alan Gilpin, directeur général de World Rugby, actuellement sur place pour évaluer la faisabilité du dossier. Autour de la table : Gabriel Travaglini, Agustín Pichot et plusieurs cadres du rugby argentin. « C’est une étape fondamentale », a déclaré Travaglini, bien décidé à faire entrer le rugby sud-américain dans une nouvelle dimension.
Mépris ou réalisme ? Le XV de France échouera en Coupe du monde selon ce journaliste sudisteUne candidature pensée comme un projet continental
Ce dossier ne ressemble pas aux autres candidature que l'on a l'habitude de voir avec un seul pays. Ce n'est pas sans rappele l'édition 2007 organisée en France, au Pays de Galles et en Ecosse. L’Argentine ne veut pas seulement accueillir, elle veut fédérer. En intégrant plusieurs nations émergentes du continent, l’UAR joue la carte du développement global plutôt que celle du simple prestige.
Le Chili, déjà vu à la Coupe du monde 2023, ou encore l’Uruguay, en constante progression, apportent une vraie crédibilité sportive. Le Brésil, lui, représente un potentiel de croissance colossal. C’est une vision à long terme : structurer le rugby sud-américain tout en profitant de la vitrine mondiale.
Un coup stratégique bien senti
Sur le plan politique, c’est un mouvement intelligent. World Rugby cherche depuis plusieurs années à étendre son influence hors des bastions historiques. Après le Japon en 2019, la logique d’ouverture continue. L’Argentine coche plusieurs cases : passion populaire, compétitivité grandissante des Pumas, et infrastructures en développement. Ce modèle, avec une organisation multi-pays, c'est aussi une manière de répartir les coûts et de maximiser l’impact économique et sportif.
Une concurrence déjà féroce
Mais le chemin est loin d’être dégagé. Plusieurs candidats sont déjà sur les rangs comme le rappelle L'Equipe : l’Espagne, l’Italie, le Japon et même un projet commun au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats, Qatar). Des dossiers solides, avec des moyens financiers parfois bien supérieurs. L’Argentine devra donc convaincre autrement, en misant sur l’authenticité, la ferveur et la promesse d’un rugby en pleine expansion.
Si cette candidature aboutit, ce serait un tournant majeur. Pour la première fois, la Coupe du monde poserait ses valises en Amérique du Sud. Un signal fort pour les nations émergentes. Mais aussi un levier énorme pour le développement local : infrastructures, formation, médiatisation. Pour les joueurs sud-américains, ce serait une opportunité unique d’évoluer au plus haut niveau à domicile.
Un test grandeur nature pour World Rugby
Ce projet est aussi un test pour World Rugby. L’instance doit trancher entre sécurité économique et expansion stratégique. Choisir l’Argentine, ce serait assumer une vision audacieuse du futur du rugby. Refuser, ce serait rester dans un modèle plus classique, centré sur les puissances établies. Pour rappel, la Coupe du monde aura lieu en Australie en 2027 avant de poser ses valises pour la première fois aux USA en 2031.
Une chose est sûre : l’Argentine ne veut plus seulement exister, elle veut compter. Et cette candidature 2035 pourrait bien être le match le plus important de son histoire hors terrain.
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