330 jours. C'est le temps qui sépare Peato Mauvaka de sa dernière titularisation — le 26 avril 2025, contre Castres en Top 14. Depuis, neuf matchs joués, neuf fois en sortie de banc, avec Toulouse comme avec le XV de France. Ce dimanche soir à Bordeaux, alors que de nombreux Tricolores dont Marchand seront au repos, le talonneur international devrait enfin démarrer un match. Une étape qui, dans la bouche du joueur lui-même, ressemble moins à un retour qu'à une véritable épreuve de vérité.
412 minutes et une nouvelle blessure : la saison galère de ce crack du Stade Toulousain"J'ai envie de savoir où j'en suis"
C'est la phrase qui résume tout. Dans les colonnes du Midi Olympique, Mauvaka n'a pas fait dans la langue de bois. Comme tout bon compétiteur, il veut être dans le XV de départ. Neuf apparitions comme finisseur, c'est bien — mais pour un talonneur de son calibre, ce n'est pas suffisant pour mesurer son niveau réel. "Ce ne sont pas juste des petits bouts de vingt, trente ou trente-cinq minutes qui le permettent", explique-t-il. "J'ai refroidi à chaque fois. Puis, tu rentres en jeu plus tard."
La mécanique du remplaçant, Mauvaka la connaît — et il sait qu'elle fausse la lecture. Ce dimanche, il veut une mi-temps entière, au moins, pour sentir son corps dans le déroulé complet d'un match. D'abord dans la peau du finisseur derrière Julien Marchand, il avait profité de la blessure de son coéquipier pour prendre les commandes aussi bien à Toulouse que chez les Bleus. Puis il est, lui aussi, passé par la casse opération. Laissant à Marchand toute latitude pour s'imposer à nouveau talon. Une concurrence qui fait le bonheur des Rouge et Noir et du XV de France. Mais qui n'est parfois pas simple à vivre quand
Le genou, l'hésitation, et la vérité
Concernant son genou, "je sais que ce n'est pas complètement naturel." Il ne le strappe pas, mais ne l'oublie pas totalement non plus. Mauvaka est lucide sur son état : dès qu'il est sur le terrain, le genou disparaît de sa tête. Mais il attend de vivre une titularisation complète pour vraiment savoir. Ce dimanche à Chaban, il aura sans doute la réponse.
Un match ne suffira cependant pas à retrouver son plein potentiel. S'il veut redevenir le numéro 1 au poste, Mauvaka va devoir enchaîner les matchs, retrouver toutes ses sensations, que ce soit dans le jeu courant et en mêlée. Mais cette envie et cette volonté ne peuvent être que bénéfique pour son club et la sélection. Car elle va pousser Marchand et les autres talonneurs à élever leur niveau de jeu. De bon augure pour l'avenir.
Un père, un talonneur, un retour
Officiellement, Mauvaka n'a plus été titulaire depuis environ 330 joueurs. Mais lui considère que sa vraie dernière titularisation, c'était contre l'Écosse le 15 mars 2025, lors du Tournoi des 6 Nations. Car les matchs qui ont suivi la naissance de son fils — dont la rencontre face à Castres en avril — avaient été perturbés par les nuits hachées et la fatigue du jeune père. "Ça avait beaucoup changé pour moi avec le sommeil et le reste."
Ce week-end, pour la première fois depuis plus d'un an, Mauvaka va démarrer un match en pleine possession de ses moyens, de son genou et de sa tête. Son fils aura presque un an. Il me tarde, dit-il. Dimanche soir à Bordeaux, Peato Mauvaka ne jouera pas seulement un match de Top 14, il joue son retour pour de vrai. Le début d'un nouveau cycle avec en ligne de mire, la Coupe du monde 2027 en Australie.
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